Chasse à courre : la discorde depuis 40 ans - Vidéo Ina.fr

Chasse à courre : la discorde depuis 40 ans

 

Chasse à courre : la discorde depuis 40 ans

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video 09 déc. 2019 1391 vues 02min 55s

Avec le retour de la chasse à courre resurgissent les querelles entre pro et anti chasse. Faut-il l'abolir ? Un débat ancien. Chaque weekend, les parties de chasse sont perturbées par des militants. Chasse respectueuse ou barbarie animale, deux visions s’opposent depuis les années 1970.

La discorde autour d’une tradition séculaire. La chasse à courre. Ou vénerie.
Les anti-chasse, eux, sont révoltés par la traque des proies. Lors de ces parties, les chiens pistent l’animal, le traquent jusqu’à épuisement, avant de le tuer.
"Pourquoi torturer un animal ? Pourquoi le traquer pendant des heures? Pourquoi une organisation comme ça autour d’un meurtre ?"
"Notre mode de chasse est le plus écologique, le plus nature et celui qui se rapproche le plus de la vérité de la nature."
Argument, contre argument, deux visions ne trouvent pas de point d'entente... et cette situation dure.
En 1976, avant la chasse, le ton monte :
"Vous mangez de la viande ? Vous mangez du lapin ? / Oui mais bien sûr ! / Vous savez comment s’est tué les animaux ? / Bien sûr ! Mais... avec un arc, un lance-pierre, d’accord, mais avec un fusil…"
Mobilisés contre la pratique, les militants écologistes et des locaux jouent les troubles fête. Ils aspergent les chiens de naphtaline pour troubler leur odorat… et dispersent ceux qui sont prêts à partir. (Dispersion de chiens) "Non ! Non ! Qu’est-ce que vous faites ?"
Comme aujourd’hui, tout cela se solde souvent par une intervention des forces de l’ordre.
1983. La bataille se joue devant un lieu emblématique, à Compiègne, devant le domicile de Monique de Rothschild. La baronne, grande figure de la vénerie, doit faire face à des membres de la SPA, et là encore, dialogue de sourds.
Monique de Rothschild Société de vénerie / Liliane Sujanski Présidente de la SPA
"C’est un art, Madame, c’est un art !" -"Oui mais les gladiateurs, c’était un art, et ça n’existe plus. On évolue dans une société."
Manifestation aussi à Paris quelques mois plus tard. En tête de cortège, bien qu’à l’abri dans sa voiture, Brigitte Bardot exprime son dégoût de la chasse à courre.
"Vous pensez que ce n’est pas du sport ? / Demandez à un vrai sportif, vous verrez ce qu’il vous répondra. J’ai un grand respect pour le sport et j’ai un grand mépris pour la chasse à courre."
Chasse, anti-chasse, le refrain n’a pas de fin. Seule nouveauté depuis une dizaine d’années : la guerre se joue sur le terrain de l’image. Les militants filment leurs interventions. Depuis 2017, l’association AVA, Abolition de la vénerie aujourd’hui, diffuses des documents poignants.
La vénerie a mauvaise presse. Alors elle a elle aussi tenté de bâtir une image neuve pour ses 10 000 pratiquants.
Thomas Petit Maître d’équipage du rallye du val d’automne
"A nous d’aller vers les gens et de leur faire découvrir la vénerie."
Leurs éléments de langage : la jeunesse, la mixité sociale, une chasse plus raisonnée et moins cruelle qu’au fusil. Quant aux détracteurs, ils leur opposent toujours la barbarie et la désuétude de la chasse à courre.







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Production

producteur ou co-producteur

Institut national de l'audiovisuel

Générique

rédacteur

Tarik Khaldi
Géraldine Cornet Lavau

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