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Entretien avec monsieur Pompidou

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Entretien avec monsieur Pompidou

video 27 juil. 1965 1959 vues 24min 52s

Interview du Premier ministre, Georges POMPIDOU, par François de LA GRANGE. Les sujets abordés sont : le bilan de l'action législative du gouvernement au cours de la session parlementaire qui vient de s'achever, les autres réformes entreprises, les mesures prises par le gouvernement pour faire face au ralentissement de l'activité économique; les décisions prises dans le cadre du budget de 1966; le Vème Plan, qui sera adopté demain en Conseil des ministres; et la rupture des négociations européennes à Bruxelles sur le règlement financier de la politique agricole commune (crise de la chaise vide). - Georges POMPIDOU souligne l'importance exceptionnelle de l'oeuvre législative accomplie. Il cite "la loi permettant aux locataires d'HLM d'acquérir la propriété de leur appartement; la loi sur l'épargne logement, pour favoriser l'accession à la propriété; d'autres textes qui permettront aux pouvoirs publics et aux collectivités d'acquérir des terrains à des prix raisonnables pour la construction de logements HLM; la loi d'équipements sportifs et éducatifs; la loi sur les comités d'entreprise; les lois sur l'impôt sur les sociétés et sur la TVA; la loi sur le service national; la réforme des régimes matrimoniaux; la réforme des greffes, la réorganisation du marché de la viande".. Les autres réformes entreprises : majoration du SMIG; augmentation des allocations vieillesse, des prestations familiales, de l'allocation chômage. Il affirme que "la stabilité financière ne nuit pas aux catégories les plus défavorisées.. que le pouvoir d'achat de l'ouvrier a augmenté. Les mesures prises par le gouvernement pour faire face au ralentissement de l'activité économique, "pause dans l'expansion" : libération du crédit pour les entreprises; amélioration des conditions de crédit à la consommation, particulièrement pour les achats d'automobiles; mesures de détente fiscale concernant les fusions et concentrations d'entreprises; la distribution des dividendes; un emprunt a été contracté; des mesures propres à faciliter l'exportation.. A propos du commerce extérieur, "à l'heure actuelle excellent", il évoque les raisons de "la mauvaise humeur actuelle de beaucoup d'industriels et de commerçants".. Les décisions prises dans le cadre du budget de 1966 : "des économies draconiennes" en ce qui concerne le fonctionnement des administrations, "nous avons fait la chasse au gaspillage", et grâce aux économies ainsi réalisées, une croissance importante (10%, des investissements) des équipements : routes, autoroutes, téléphone, recherche scientifique, constructions scolaires, hôpitaux, équipement agricole, logement. - La ligne de force du Vème Plan "c'est la priorité absolue donnée aux investissements productifs, c'est à dire à tout ce qui concerne la modernisation de notre agriculture et de notre industrie. Ce qui entraine par voie de conséquence dans les équipements de base qui sont financés par l'Etat la préférence donnée à ce qui concours directement au développement économique, c'est à dire les voies de communication, les télécommunications, la recherche scientifique. Pour remplir ce programme et réaliser les objectifs du Plan, il faudra demander aux Français un certain sacrifice aux dépens de la consommation et au profit de l'épargne. Nous demandons aux Français de ramener en 1970 la part de la consommation à quelque chose comme 64% du produit national. Ce n'est donc pas un sacrifice bien lourd. S'ils le consentent, les Français gagneront la bataille de la prospérité, de la puissance économique. Si au contraire ils ne le consentent pas, nous serons les grands perdants de la concurrence internationale". - Georges POMPIDOU évoque la création du Marché commun agricole, explique son intérêt ainsi que l'importance du règlement financier pour l'Etat français, puis les raisons de la "crise de la chaise vide" : "le 30 juin dernier, quand il a fallu, à une date qui était fixée depuis trois ans et demi, et qu'on avait constament rappelée, quand il a fallu mettre au point le règlement financier pour ce qu'on appelle la période transitoire, voilà que nos partenaires n'ont pas respecté des engagements qu'ils avaient pris et réaffirmés à plusieurs reprises. Mieux, on a soulevé tout un tas d'affaires nouvelles qui étaient parfaitement inopportunes, les unes économiques, les autres politiques. En réalité on a tout remis en question. Nous ne pouvions que constater l'échec (..) les prochains mois nous dirons dans quelle voie nous devons nous engager, mais, ce qu'il y a de certain, c'est que si l'on veut qu'il y ait un Marché commun, il faudra qu'il y ait Marché commun agricole et règlement financier satisfaisant. Et ce qui est certain au surplus, c'est que nous n'admettrons pas que toute l'économie française soit dirigée du dehors et sans que le gouvernement puisse exercer les responsabilités qu'il assume vis à vis du peuple français. Le bon sens nous avertit, et le bon sens nous prouve que nous ne pouvons pas laisser à une commission sans vocation politique le soin de décider du niveau de vie des Français, du destin de notre industrie et du destin de notre agriculture. Ce n'est pas, croyez-le, que nous voulions empêcher l'Europe de se faire, je crois même que c'est nous qui poussons le plus à sa réalisation. Mais elle ne se fera que par la coopération résolue des pays qui la composent. Voilà notre position et nous nous y tiendrons".Puis il conclut cet entretien en souhaitant à tous les Français de bonnes vacances, et du soleil.

Production

producteur ou co-producteur

Office national de radiodiffusion télévision française

Générique

journaliste

François de La Grange

participant

Georges Pompidou
François de La Grange

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