DOSSIER/BOSNIE LE BOURBIER/INVITES B.H. LEVY/J.P CHEVENEMENT - Vidéo Ina.fr

DOSSIER/BOSNIE LE BOURBIER/INVITES B.H. LEVY/J.P CHEVENEMENT

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DOSSIER/BOSNIE LE BOURBIER/INVITES B.H. LEVY/J.P CHEVENEMENT

Le Soir

video 11 janv. 1993 5945 vues 13min 51s

Invités du journal de Christine Ockrent, Jean Pierre CHEVENEMENT et Bernard Henri LEVY donnent leur point de vue et débattent sur les moyens à mettre en oeuvre pour arrêter la GUERRE en BOSNIE HERZEGOVINE, dans l'ex-YOUGOSLAVIE. - - Jean Pierre CHEVENEMENT prend position en faveur d'une solution négociée : "Il faut tout faire pour aboutir à une solution pacifique. L'engrenage de la guerre peut embraser l'ensemble des Balkans avec des risques d'intervention extérieure (..) C'est depuis une semaine seulement qu'on discute sur un plan de régionalisation de la Bosnie dont je considère que le principe est raisonnable (..) ceux qui aujourd'hui insistent le plus vigoureusement sur le caractère unitaire de la Bosnie sont ceux qui se sont résolus très facilement il y a un an au démembrement de la Yougoslavie (..) même le président Izetbegovic avait demandé qu'on ne reconnaisse pas précipitamment la Croatie et la Slovénie parce qu'il savait que ce serait le signal de la guerre à Sarajevo (..) - Bernard Henri LEVY, à l'initiative du séjour à Paris du président bosniaque Alija Izetbegovic, ne partage pas l'avis de J. P Chevènement : "(..) Moi je suis allé à Sarajevo et moi j'ai vu les gens de Sarajevo bombardés, affamés. Il en ont assez (..) d'aller de conférence en conférence qui n'aboutissent à rien, sinon à relancer la logique de la guerre, car chaque conférence de paix n'a fait en réalité qu'accélérer le processus de la guerre en permettant aux Serbes de feindre de reculer pour mieux avancer. Et le plan qu'on leur propose aujourd'hui, ce fameux plan, imaginons qu'il réussisse, qu'est ce que c'est sinon d'entériner ce qui nous fait horreur à tous, c'est à dire la purification ethnique (..) Il y a eu une explosion des nationalismes dans les Balkans à laquelle on a fait crédit trop vite. En effet, je pense qu'il était probablement possible à l'époque d'enrayer la mécanique folle, mais aujourd'hui on n'en est plus là (..) Sarajevo est en train de tomber et on nous parle encore de laisser une chance à la paix. Quand on voit cette mascarade de ces deux compères, Milosevic et Karadzic, c'est un couple de gangsters (..) c'est inconvenant, c'est insolent (..) moi aussi je n'aime que la paix, mais je crois qu'hélas aujourd'hui ce temps là est passé, sauf miracle (..) si nous n'arrêtons pas Milosevic aujourd'hui, nous ne l'arrêterons pas au Kosovo, nous n'arrêterons pas l'embrasement dans toute la région (..) Je me fais l'écho de ce que A. Izetbegovic est venu dire aux responsables politiques français, dire à François Mitterrand, à savoir -donnez nous les moyens de nous défendre- - La proposition du ministre des affaires étrangères Roland Dumas de libérer les camps de détention en Bosnie "par la force" si nécessaire : - B. H. LEVY : "Cette initiative de R. Dumas je la trouve sympathique (..) je la trouve comme B. Kouchner et comme S. Veil un peu absurde parce que les camps sont des camps nouvelle manière (..) Je ne renonce pas à l'idée de rétablir la Bosnie Herzégovine dans sa souveraineté, je ne renonce pas à l'idée de faire tomber ou de faire plier Milosevic qui est quand même un des derniers dictateurs de l'Europe centrale et orientale (..) cette proposition c'est un pas en avant (..) mais c'est vrai qu'on est un peu dans l'illogisme. Je pense qu'il faut libérer les Bosniaques pour leur permettre de libérer leurs propres camps (..)" - Jean Pierre CHEVENEMENT : "(..) avec 2000 soldats équipés seulement d'armes légères en Bosnie il n'est pas possible d'aller libérer les camps. Il faut faire les pressions nécessaires, arriver à un accord politique, dissocier les milices serbes de Bosnie où vivent un million et demi de Serbes, il faut quand même le rappeler, et puis le gouvernement de la République de Serbie. Et à partir de ce moment là, on pourra libérer les camps. Donc la logique que je prône est une logique politique. Une intervention n'a de sens que si elle a des buts politiques, et que si elle a les moyens militaires adéquats (..) Vous savez qu'il n'y a pas aujourd'hui en France de forces professionnelles en nombre suffisant, nous n'avons plus de moyens militaires professionnels." - B.H.L :"Je ne suis pas pour envoyer le contingent, je suis pour une solution militaire raisonnable".

Émission

Le Soir

Production

producteur ou co-producteur

France 3

Générique

journaliste

Christine Ockrent

participant

Jean Pierre Chevènement
Bernard Henri Lévy

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