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Conférence de presse de François Mitterrand

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Conférence de presse de François Mitterrand

video 09 janv. 1991 15766 vues 01h 04min 45s

Alors que les discussions se poursuivent à Genève entre Tarek Aziz et James Baker, le Président de la République française, François Mitterrand donne sa 8ème conférence de presse depuis le début du conflit Irak-Koweit. Elle s'inscrit à 6 jours de l'ultimatum fixé par le Conseil de Sécurité de l'ONU. - Arrivée de François Mitterrand à la tribune devant un parterre de journalistes. Il rappelle les circonstance de la conférence ainsi que la position de la France qui considère comme un principe irréductible le fait que le Koweit doive être évacué et que le délai de l'ultimatum, fixé au 15 janvier, ne peut pas être repoussé sous quelque prétexte que ce soit... Le Président pense que le conflit semble certain mais rappelle qu'une évacuation ne pourra se faire que sous l'égide de l'ONU sous la direction de Perez appuyé par des pays arabes...Il indique que les Douze viennent de prendre une initiative avec l'accord de Tarek Aziz pour qu'une rencontre ait lieu à Alger... Mitterrand dit enfin souhaiter que ces quelques jours participent à oeuvrer pour la paix, la France ayant tissé des fils multiples avec l'Algérie, le Maroc, l'Union Soviétique, l'Allemagne, l'Espagne, la Yougoslavie et les pays du Maghreb... Il précise avoir le sentiment qu'une relation directe avec Bagdad est impossible. - Question de Bortoli : quelle initiative française pour prolonger les conversations à Genève ? - François Mitterrand : "Notre choix est celui du droit et le respect du droit dans la paix ou par le conflit si besoin. Si Baker réussit , je n'interviendrai pas...si elle echoue cela signifiera que le partenaire irakien n'est pas prêt à changer...l'imagination n'est pas inépuisable, on contiuera à sauver la paix dans le monde". - Question Harrouard sur la prolongation de la rencontre Baker Aziz. - François Mitterrand : "Je suppose que la patience de James Baker doit s'expliquer par le fait que son partenaire a amené des idées nouvelles sur la table...je pensais que les conversations étaient terminées...c'est positif et ça ne m'empêche pas de faire cette conférence". - A la question d'une journaliste sur l'Irak, le Président répond qu'aucun signe de l'Irak n'est venu qui permette de transformer la situation. - Question Régis Faucon sur les rapports divergents entre les USA et la France par rapport à la situation - François Mitterrand : "La France joue la fermeté et l'ouverture, la fermeté dans l'irréductibilité du délai et l'ouverture jusqu'au 15 janvier envers l'Irak pour adopter une postion permettant d'échapper au conflit...les Etats Unis et la France n'ont pas du tout la même conception au regard d'une éventuelle conférence internationale sur le réglement du conflit israélo-arabe...je comprends aussi que les positions soient diverses parce que les Etats-Unis ont toujours été hostiles à cette perspective, et y consentir aujourd'hui pourrait leur apparaître comme une concession inacceptable à M. Saddam Hussein...je comprends très bien cette position mais elle ne doit pas entraîner une atténuation de la position de la France sur le même point, alors que je réclame cette conférence depuis six à sept ans...vais-je y renoncer au moment où elle serait le plus utile?...les Douze veulent intervenir pour que la conférence ait lieu en 1991 mais cela suppose l'accord d'Israël et des USA". - Question Anita Hausser : Que fera le gouvernement s'il ya échec des negociations ? - François Mitterrand : "A partir du 15 janvier le conflit armé sera légitime. Le pays est déterminé à ce que la Résolution 678 entre en oeuvre...des dispositions militaires seront prises et des dispositions parlementaires précéderont la mise en action...le gouvernement se déclarera prêt à répondre à une invitation des commissions des assemblées...je suis prêt à prendre le décret convoquant le Parlement en session extraordinaire qui devrait avoir lieu le 17 avec une déclaration du président de la République et un vote sur un texte...ainsi le Parlement aura été saisi d'un problème qui touche la nation toute entière et donc qui le concerne". - Question Boussié, A2 : si opération militaire, jusqu'où ira l'engagement de la france ? - François Mitterrand : "La France fera tout pour la paix c'est l'essentiel...elle remplira son devoir et prendra part avec le corps expéditionnaire d'Arabie Séoudite jusqu'au terme de sa mission qui est de remplir le mandat des USA...il ne s'agit pas de faire une guerre de destruction contre l'Irak mais de libérer le Koweit...tout ce qu'il y aura autour sera détruit...j'ai conscience de la gravité de ce que je dis mais l'intérêt de la France et la paix sont en jeu...si l'on se réfugie dans le déshonneur pour avoir la paix, on finit par avoir le deshonneur et la guerre, la guerre serait au bout d'une absence des Nation Unies pour traduire en actes ce qui a été décidé en droit...le choix de la France demeure celui de la paix, il sera joué jusqu'au 16 janvier au matin...même après cette date Paris sera toujours à l'écoute pour saisir toute occasion de mettre une fin rapide à un conflit". - Question Ivan Levaï sur la cohésion gouvernementale - Mitterrand : "Notre démarche telle que nous la concevons n'est pas aliénée au profit des USA...il y a cohésion internationale sur l'objectif mais une divergence peut-être sur les méthodes...quant à la cohésion gouvernementale ils sont tous là...les membres du gouvernement ne le seraient plus s'ils n'acceptaient la discipline que représente un choix politique". - Question de Gallois sur l'AFP concernant le processus de vote des parlementaires . - Question d'un journaliste allemand : devant l'ampleur de la guerre sera-t-il fait appel au contingent et aux réservistes ? - François Mitterrand : "Non il n'y a pas et il n'y aura pas de soldats du contingent, il y a un corps de l'armée et des volontaires seulement...s'il y a des appelés sur nos navires ceux-ci ne sont pas sur la zone en question, les navires qui se trouveraient exposés à cette situation n'auront pas d'appelés membres du contingent...quant à la famille qui s'est plainte de la présence d'un membre du contingent à Djibouti je tiens à dire que leur fils se trouve quand même à quelques milliers de kilomètres et qu'il n'y a pas de fusée qui fasse cette distance".- Question d'une journaliste algérienne sur une initiative franco-algérienne après la visite de Bianco à Alger. - François Mitterrandd : "C'est un partenaire qualifié". - Question " Si saddam vous invite d'ici le 15 que feriez-vous ?" - François Mitterrand : "Il n'y a pas d'interdit simplement, il faudrait que cela puisse servir à quelque chose, les conditions n'en s'ont pas réunies...rien ne permet de penser que cette démarche serait nécessaire...cette hypothèse n'est pas entrée dans mes projets". - Question RFI sur le soutien de l'opinion publique française. - François Mitterrand : "J'espère que les Français auront pleine conscience de l'importance de l'enjeu, la guerre c'est détestable, qui pourrait mieux le savoir que ceux de ma génération, nés pendant une guerre mondiale et combattants de la Seconde Guerre mondiale...la guerre n'est jamais un choix que l'on fait si l'on n'y est pas contraint par une obligation plus haute...la France ne peut pas s'absenter du terrain sur lequel vont se placer les défenseurs du droit international, sans perdre un peu de ce qu'elle a acquis à travers l'Histoire...la France prendra part au conflit armé comme une solution regrettable et redoutable, mais comme aussi l'annonce que la France entend être présente lors du règlement de la situation...sinon en quoi justifierait-elle son rôle depuis 1945 comme l'un des cinq pays membres du Conseil de sécurité". - Question sur le rôle de l'URSS - François Mitterrand : "Nous avons un contact constant". - Question sur les relations entre la france et l'Irak après guerre - François Mitterrand : "S'il n'y a pas de conflit nous garderons des relations démocratiques normales sinon nous garderons des relations mais peut-être pas privilégiées". - Conclusion de François Mitterrand : "Il sera beaucoup demandé au peuple français si par malheur les tentatives ne devaient pas aboutir avant le 16 janvier...il faut que chacun comprenne qu'il existe un devoir de discipline commune dans l'intérêt commun...il faut imposer une loi internationale fondée sur le respect du droit des gens."

Production

producteur ou co-producteur

Antenne 2

Générique

journaliste

Philippe Harrouard

participant

François Mitterrand
Ivan Levai
Philippe Harrouard
Laurent Boussie
Régis Faucon
Anita Hausser

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