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Plateau abbé Pierre

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Plateau abbé Pierre

Le Journal de la nuit

video 09 juin 1990 1506 vues 08min 03s

Invité du 23 heures, l'abbé Pierre qui a participé à un colloque sur le droit au logement organise à Taverny dans l'Oise, auparavent il est allé rendre visite aux 34 personnes expulsées de leur logement place Armand CARREL dans le 19ème arrondissement de Paris. - Il répond aux questions de Philippe GASSOT qui d'emblée se dit être mal à l'aise par rapport à l'appel que l'Abbé Pierre a lancé à la presse. - L'abbé Pierre s'explique longuement sur le problème précis des expulsés de la place Armand CARREL : - "Dans ce problème de logements il y a deux plans. Il y a les familles de la place Armand CARREL..Il ne s'agit pas du tout de familles qui auraient squatté un logement habitable inoccupé...pas non plus de familles frappées par une décision d' expulsion parce que mauvais payeurs avec des arriérés de loyers...Bien sûr, la loi qu'Emmaus a fait voter en 1954 interdit les expulsions dans le froid...Mais ne s'agit même pas de ce cas là...Ces 16 familles, 34 personnes avec des tout petits enfants. Tout simple : la ville de Paris a le droit et le devoir de rénover les quartiers qui sont délabrés pour mieux utiliser l'espace. Mais quand la ville de Paris achète , elle achète en principe vide. Dans le cas de ces familles, il s'agit d'un hôtel dans lequel les familles étaient en règle de leur loyer. Mais le propriétaire voyant qu'on réquisitionnait, acceptait un prix. Or la ville acceptant de payer, prend le local occupé mais elle prétend puisqu'il aurait dû être inoccupé, elle peut les ignorer et le démolisseur vient pour tout casser. Ils ont une journée pour déguerpir. J'ai convaincu les mamans et les petits enfants d'accepter provisoirement d'aller dans des foyers et les hommes restent et moi j'irais dormir avec eux. Ils vont rester là devant la mairie jusqu'au moment où ils se verront offrir une possibilié de logement. - "Il faut être très attentif pour la ville chaque fois qu'elle achète des locaux et qu'elle doit les démolir. Le propriétaire, le vendeur n'a pas à reloger les gens, il ne le peut jamais, c'est à la ville de le faire." - Pour le problème dans son ensemble : "il y a 70000 familles dans la région parisienne qui sont non logées, soit sans logis ou en surpeuplement ou dans un seul local. Devant ce problème qui est tragique car la France, Dieu merci n'est pas un pays à majorité de miséreux et la majorité qui n'est pas miséreuse ne considère pas comme prioritaire le secours à la misère des autres. Si demain c'était la guerre, la vilaine guerre où le sang coule, on trouverait dans la journée les finances pour faire face à toutes les dépenses extraordinaires que cela entrainerait...Car les fils de riches sont mobilisés. Mais quand c'est la guerre contre la misère, les fils des gens à l'aise...cette majorité de centristes un peu rouge un peu blanc... - "Laissez courir le problème, ça finira par les extrêmes. Ou l'extrême gauche, plus trop inquiétante pour le moment, ou l'extrême droite. On m'a dit que qand on se promène dans les quartiers miséreux on rencontre des gens qui sont pour M Le PEN parce qu'ils considèrent que lui avec ses grands coups de gueule donne l'espoir, qu'il aura l'énergie pour apporter des solutions à leur détresse. Qu'ils prennent garde, les modérés, la majorité des Français : c'est par leur négligence devant des problèmes comme ceux là que finalement une nation tout entière pourrit. - Que pensez-vous de M Le PEN ? - "Je ne le connais pas, je ne lui ai jamais parlé. Je ne veux pas rouvrir une blessure en lui. Mais un homme qui veut aspirer aux responsabilités du gouvernement et qui a pu se laisser aller à des plaisanteries comme le "four crématoire", pour moi c'est terminé. Là se révele dans l'involontaire ce qui est dans l'inconscient...Il ne tolérerait pas qu'on rigole de sa mère..." (pas de pardon ?) "Pas question de pardon mais de l'impossibilité de faire confiance à un homme qui rigole sur ce qui a fait mourir des millions de gens ! Ca ne va pas !". - Enfin l'Abbé Pierre, sollicité par la question, associe son combat à celui de SOS racisme qui organise un concert ce soir à Paris.

Émission

Le Journal de la nuit

Production

producteur ou co-producteur

Antenne 2

Générique

journaliste

Philippe Gassot

participant

Abbé Pierre

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