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François Mitterrand

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François Mitterrand

video 10 déc. 1989 14564 vues 01h 39min 54s

Intervention radio-télévisée (Club de la Presse Europe 1-Antenne 2) dimanche 10 décembre du Président de la République, François MITTERRAND . Le chef de l'Etat s'est efforcé de rassurer les Français sur les bouleversements dans les pays de l'est et a évoqué le problème de l'immigration en France. - François MITTERRAND est questionné par Jean-Pierre ELKABBACH, Serge JULY, Christine OCKRENT et Alain DUHAMEL. - La contruction européenne : François MITTERRAND déclare "On a avancé à un moment où on pouvait douter". Il évoque les principales décisions prises la veille au Conseil européen de Strasbourg, à savoir, la date d'une conférence intergouvernementale pour l'union monétaire et économique, la mise en chantier d'une Europe sociale, une aide pour les Pays de l'est et la création d'une banque de développement. Interrogé par Alain DUHAMEL, François MITTERRAND rappelle que l'Europe politique est en vue depuis le sommet europeén de Stuttgart. Abordant le sujet de l'Europe sociale, François MITTERRAND a précisé que la charte sociale ne se limitait pas à de bonnes intentions mais avoue que c'est en deça de ce qu'il aurait désiré même s'il n'y a pas lieu d'être déçu vu l'etat d'esprit de bon nombre de ses partenaires. Enfin, le Chef de l'Etat tente d'expliquer pourquoi le chancelier KOHL aurait préféré retarder la conférence sur la monnaie européenne (en raison de l'etat de l'opinon publique et des milieux d'affaires ainsi que des prochaines élections législatives allemandes). - La réunification allemande : François MITTERRAND déclare : "Le problème de la réunification allemande est posée en permanence. Mais c'est un fait qu'il est maintenant plus aigu que jamais". Il fait ensuite la lecture du texte officiel approuvé par le Conseil de Strasbourg stipulant que le processus de réunification doit se réaliser démocratiquement et dans le respect des accords d'Helsinki. Le Président a toutefois précisé que l'équilibre allemand ne pouvait se faire au détriment de l'équilibre européen et que le respect des frontières était essentiel. Il a ajouté : "Je ne suis pas celui qui détermine les mouvements du monde, je ne suis pas le maître du monde." Alain DUHAMEL pose la question de l'intégration de la RDA dans la CEE et du danger que représenterait une Allemagne réunifiée. François Mitterrand répond que pour l'instant la question de l'intégration de la RDA dans la CEE ne se pose pas et déclare "On n'a pas le droit d'avoir peur d'évènements heureux. La liberté arrive en Europe de l'Est. C'est un évènement heureux. Bien sûr cela bouscule mais je n'en ai pas peur". Il précise enfin qu'à Strasbourg, les douze ont ajouté quelque chose d'indispensable sur le respect des frontières et les accords d'Helsinki. - L'URSS et l'évolution des pays de l'Est : François MITTERRAND évoque les bonnes relations de la France avec l'URSS, Yalta et la division de l'Europe en deux "C'est de cette domination qu'il faut se défaire". Il parle de sa récente rencontre avec GORBATCHEV à Kiev : "M. GORBATCHEV est un homme qui voit loin. Il ne peut pas ne pas avoir pris en compte cette évolution. Mais c'est un grand pays, cela prend du temps ... il faut le soutenir, j'entends bien le soutenir. GORBATCHEV est la pierre de base de la construction actuelle." Il aborde enfin brièvement les problèmes actuels de l'URSS (difficultés economiques, exacerbation des nationalismes, éloignement des pays sateliites). - Le désarmement et la politique de défense nationale de la France : François MITTERRAND avance tout d'abord qu'"il y a un tel arsenal soviétique qu'on a du temps avant que la négociation n'intervienne." et que c'est aux deux grands de commencer à désarmer. Il réaffirme donc qu'il n'est pas question de toucher à l'arsenal militaire de la France et que l'"Allemagne ne doit pas avoir l'arme nucléaire" et évoque le risque de neutralisation contre lequel il faut lutter. - Guerre au Liban : Interrogé sur le problème libanais, François MITTERRAND déclare qu'il ne faut pas accepter la partition du Liban qui se traduirait par un petit Liban chrétien et un Grand Liban musulman dominé par la Syrie et que la diplomatie française s'efforce d'empêcher cette échéance. Il explique les raisons pour lesquelles la France soutient les accords de Taef et regrette la mort du Président MOAWAD. Questionné sur la possibilité d'intervention de la France dans le conflit, le Chef d'Etat répond au journaliste par la question suivante : "Est-ce que vous voulez qu'on envoie l'armée française au Liban?" - L'immigration en France : Evoquant la percée du Front National aux dernières élections, François MITTERRAND tente de minimiser la portée de ces sucès et pense qu'il n'y a pas de xénophobie en France mais qu'il existe des racistes qui sont minoritaires. Il replace le problème de l'immigration dans le contexte européen et rappelle, que "ce n'est pas la première fois qu'il y a un accès de colère anti-musulmans ou anti-immigrés". - Immigration clandestine : Le Président fait la distinction entre plusieurs catégories d'immigrés : les clandestins qui sont hors la loi; les immigrés acceptés; les immigrés naturalisés et les enfants français d'immigrés et sépare nettement les immigrés clandestins en rappellant que l'immigration clandestine ne doit pas être tolérée. "Les clandestins doivent s'attendre à être rapatriés ou dirigés sur un pays deleur choix... mais dans les respect du droit (en lui accordant trois jours de délai de recours) précise-t-il en ajoutant qu'il ne regrette "pas du tout" d'avoir fait abroger la loi PASQUA. Le chef de l'Etat révèle deux chiffres. Le premier émane du Ministère de l'Intérieur et fait état de 4,4 millions d'immigrés, le deuxième du recensement qui compte 3,7 millions d'immigrés. François MITTERRAND affirme qu'il faut lutter contre l'immigration clandestine en sanctionnant tout d'abord les entreprises qui appellent à la main d'oeuvre d'immigrés clandestins et qu'il faut intégrer les autres par l'école et le logement. .

Production

producteur ou co-producteur

Antenne 2, Europe 1

Générique

réalisateur

Jean Luc Leridon

journaliste

Serge July
Jean Pierre Elkabbach
Christine Ockrent
Alain Duhamel

participant

François Mitterrand

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