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Olof Palme : la Suède un succès qui dérange

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Olof Palme : la Suède un succès qui dérange

Questionnaire

video 09 mai 1976 1960 vues 53min 30s

SUEDE : Olof PALME, premier ministre suédois de 1946 à 1969, invité de l'émission de Jean Louis SERVAN SCHEIBER, est à la tête du parti social-démocrate et du gouvernement depuis plus de six ans. A Stockholm, il répond aux questions de Jean-Louis SERVAN SCHREIBER afin de préciser au public français, le fonctionnement de la démocratie suédoise et l'originalité du socialisme pratiqué dans son pays. Souvent présenté ici comme modèle par des tendances politiques diverses, le sytème suédois n'est sans doute pas exportable.Le parti social-démocrate a le pouvoir depuis quarante ans.Le taux de croissance de la Suède est en effet le plus fort d'Europe, et celui du chômage le plus bas. La Suède bat aussi les records dans le domaine de la fiscalité. C'est qu'un maître-mot dicte toute la politique du pays : EGALITE. La richesse doit être partagée, redistribuée entre tous, le plus équitableement possible d'où une imposition directe trés forte, et une mobilisation tatillonne et sévère de l'administration pour mettre en oeuvre et faire appliquer cette politique.Jean-Louis SERVAN SCHREIBER demande la définition du socialisme démocratique à Olof PALME, qui répond que " c'est l'égalité de chances pour tous, l'égalité sociale, c'est une solidarité et un humanisme. C'est aussi une émotion, une réaction contre les injustices, les inégalités, contre un sytème de classe".Jean-Louis SERVAN SCHREIBER demande si cette définition ne ressemble pas plus à une inspiration protestante qu'à une inspiration marxiste.Olof PALME confirme qu'il n'y a pas de changement de la notion fondamentale du socialisme : " Nous ne sommes pas sur une interprétation strictement marxiste, c'est une question de valeurs.Jean-Louis SERVAN SCHREIBER lui demande si, après sa longue carrière d'homme politique et de militant, son idée sur le socialisme n'a pas changé ou évolué ?. Olof PALME,répond en homme de conviction, que la notion fondamentale ne change pas. " C'est plus efficace de donner des chances à tout le monde, à toutes les classes sociales...La gauche a besoin des utopies, sinon la vie serait dure."Jean-Louis SERVAN SCHREIBER demande en quoi la Suède est-elle plus socialiste que les pays du bloc socialiste et demande si l'élite en Suède vit plus comme la majorité de la population que celle dans les pays communistes ?. Olof PALME analyse en quoi le socialisme suédois se différencie, nottamment par la notion d'élite qui n'existe pas chez eux : " La notion d' élitisme issue du léninisme, qui parle toujours de l'avant garde du prolétariat, et en disant cela on donne des privilèges à l'avant garde, à " l'élite ", mais nous ne reconnaissons pas la ntion d'élite. Nous sommes un mouvement populaire de masse et là l'égalité est nécessaire, c'est clair. Il faut vivre parmi les gens...".Jean-Louis SERVAN SCHREIBER questionne si un des problèmes sur le socialisme qui réussit, qui continue de se construire comme en Suède, ne serait pas l'équilibre entre la solidarité et l'individualité, l'impression d'aller vers une société assez uniforme.? . Est-ce qu'il ne pense pas que les individus risquent de ne pas se trouver à l'aise et qu'ils ne vont pas avoir leurs chances d'originalité et de différence. ?.Olof PALME répond que leur politique sociale est adaptée aux plus faibles. Pour lui " c'est le contraire parcequ'une société de classes c'est une société uniforme, avec l' élite et la classe inférieure. Au contraire cette société sociale démocrate, leur donne la chance de se développer librement, c'est un équilibre. La liberté pour qui ?. Si l'argent est utilisée pour aider une personne handicapée ou aider quelqu'un à rentrer sur le marché du travail, c'est une croissance énorme. Ou d'aider une vieille femme ou un vieil homme, à avoir une vie plus digne ou un enfant à avoir une place dans une créche...Aider ceux qui sont touchés durement par la vie, c'est donc une croissance trés grande pour l'individu."Jean-Louis SERVAN SCHREIBER demande si la bureaucratie n'est pas gênante pour le citoyen ?. Olof PALME analyse que c'est gênant dans la société moderne et dans les sociétés les plus bourgeosies : " La bureaucratie est utilisée pour protéger les privilèges des riches. Historiquement c'est toujours comme ça. Mais le problème n'existe pas, ni dans notre programme, ni dans notre parti. Il faut créer une société plus douce que la société moderne trés dure, trés efficace. Comment a lieu la rencontre entre l'état, la bureaucratie et l'individu. ?. Est-ce qu'il est bien traité, est ce qu'on lui donne un peu chaleur ?. On devient bureaucrate si on est pressé, et on est moins bureaucrate si on a le temps de prendre soin de l'individu.".Jean-Louis SERVAN SCHREIBER complète l'entretien sur l' économie de la Suède : vous avez pris le parti de ne pas faire de la nationalisation un moyen direct. Il y a un petit secteur public en Suède. Olof PALME répond qu'ils ne sont pas contre les nationalisations, qu'ils travaillent pluseiurs branches de l'industrie, pour l'énergie, le plein emploi, le développement technique " c'est une ligne que nous suivons et l'autre ligne est l'autogestion. C'est la grande démocratisation et décentralisation, dans ce pays, c'est de donner le pouvoir réel à ceux qui travaillent."Jean-Louis SERVAN SCHREIBER demande qu' Olof PALME donne sa définition de l'autogestion. Ce dernier explique : " La définition est que le travailleur à force de travail, à force de production, a le droit d'influence, du pouvoir à l'usine. Il n' a pas de capitaux mais il travaille...C'est aussi de pouvoir arrêter le travail si c'est dangereux pour la santé du travailleur. Il faut défendre les droits des travailleurs, c'est important qu'il y ait des syndicats pour les co-décisions dans les usines." Olof PALME précise que la politique avec le personnel de l'usine, le choix des chefs, va évoluer. Il faut prendre soin des grandes forces productives et intellectuelles qu'ont les travailleurs.Jean Louis SERVAN SCHREIBER questionne sur le pouvoir des travailleurs " qui sont amenés à prendre de plus en plus de décisions dans le fonctionnement et que cela vide quasiment le contenu de pouvoir de propriété sans avoir besoin de changer la propriété elle-même."Olof PALME confirme que la propriété a encore beaucoup de pouvoir et le pouvoir de la propriété va être réduit et le pouvoir des travailleurs va être augmenté." Avant c'était le capitalisme qui avait tous les pouvoirs, en vérité on a maintenant trois forces : la société = l'état et les propriétaires, le capitalisme et les travailleurs ". Au sujet de l'interventionnisme de l'état en Suède, ce n'est pas dans le détail, c'est une politique à long terme, dans une société décentralisée, on peut laisser les décisions aux usines.Jean-Louis SERVAN SCHREIBER : Le problème principal en Europe du sud, dont la France fait partie, ce sont les relations entre les communistes et les socialistes, estime-t-il que les communistes d'Europe de l'ouest se rapprochent des socialistes ?.Olof PALME rappelle la différence entre ces deux tendances, basée sur trois notions : " la notion de prolétariat, la notion de l'internationalisme prolétarien et la notion de centralisme démocratique. Si les communistes quittent ces notions, c'est une crise idéologique pour le communisme. Mais je ne sais pas..." Rappel historique sur le rôle de la classe ouvrière et l'importance d'intégrer la classe ouvrière dans le processus démocratique pour changer la société." Les communistes n'ont rien achevé, si ce n'est d'être une garantie pour des gouvernements conservateurs.... Ils doivent participer au processus démocratique."La conclusion de cette émission constate qu' Olaf PALME fait progresser la Suède vers le socialisme et que les conditions sont des richesses. jean louis SERVAN SCHREIBER : " Est-ce que ce socialisme sans violence dans le monde d'aujourd'hui,n'est pas un produit de luxe ? "Olof PALME rappelle qu'il ne faut pas oublier que : " ce socialisme a émergé dans un des pays les plus pauvres d'Europe, il y avait terriblement de pauvreté, de chômage, avec une structure de classes assez abominable... C'est possible de changer une société par la méthode démocratique, le progrés social est possible... Ce que nous faisons est dans un sens une question de luxe, mais quand la révolution est faite, il faut construire la société et construire le réformisme.Il faut engager le peuple, ce n'est pas l'élite qui construit la société. Seul l'individu de ce peuple peut soutenir le changement social ".

Émission

Questionnaire

Production

producteur ou co-producteur

Télévision Française 1

Générique

réalisateur

Arlette François

journaliste

Jean Louis Servan Schreiber

participant

Olof Palme

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