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Zones 30 km/h : la lente progression en ville

Zones 30 km/h : la lente progression en ville

Paris a généralisé le 30 août la limitation de vitesse à 30km/h. C’était déjà dans le programme d’Anne Hidalgo dès 2014. Des zones 30, puis des villes entièrement limitées à 30 km/h, ça divise. Et ça, depuis leur mise en place dans les années 1990.

 

Par Géraldine Cornet Lavau et Florence Dartois - Publié le 30.08.2021 - Mis à jour le 30.08.2021

Zones 30 km/h : la lente progression en ville

Paris a généralisé le 30 août la limitation de vitesse à 30km/h. C’était déjà dans le programme d’Anne Hidalgo dès 2014. Des zones 30, puis des villes entièrement limitées à 30 km/h, ça divise. Et ça, depuis leur mise en place dans les années 1990.

 

Par Géraldine Cornet Lavau et Florence Dartois - Publié le 30.08.2021 - Mis à jour le 30.08.2021
Zones 30 km/h : la lente progression en ville - 2020 - 02:38 - vidéo
 
Zones 30 km/h : la lente progression en ville - 2020 - 02:38 - vidéo

Paris a généralisé le 30 août 2021 la limitation de vitesse à 30km/h. C’était dans le programme d’Anne Hidalgo dès 2014. Depuis cette dernière s'est déclarée candidate à la prochaine présidentielle. La réforme a mis longtemps à aboutir car certains maires d’arrondissement, notamment à l’ouest, étaient réfractaires. C'est désormais chose faite. Des zones 30, puis des villes entièrement limitées à 30 km/h, ça divise. Et ça, depuis leur mise en place dans les années 1990.

1990 :  bouleversement dans les villes françaises. La vitesse maximale passe de 60 à 50 km/h ! Et certaines municipalités, comme Mulhouse, vont encore plus loin avec l’instauration de zones à 30 km/h. Le but : réduire le nombre d’ accidents. Quelques mairies comme Strasbourg, Gif-sur-Yvette en Essonne vont suivre le pas en installant des zones 30 aux abords des écoles… En 1992, Lorient-ville, pionnière, transforme tout son centre ville en zone 30 avec des voies plus étroites et des ralentisseurs. Là aussi dans le but de faire baisser le nombre d’accidents. Une initiative plus ou moins bien perçue : "Il y a moins d’accidents, moins de ceci, moins de cela, mais les chiffres d’affaire des commerçants sont en baisse...".

Bénéfices

Malgré les réticences, les zones 30 se développent car en plus de voir baisser le nombre d’accidents, les mairies mettent en avant, à partir des années 2000, les autres bénéfices d’une diminution de la vitesse : lutte contre la pollution, contre les nuisances sonores, circulation apaisée avec les cyclistes. Bruno Faivre D’Arcier, chercheur au laboratoire d’économie des transports précisait en 2004 dans le JT locale Grand Lyon : "On peut redistribuer l’espace public de façon à ce que, quelque part, tout le monde y trouve son compte et pas simplement l’automobiliste donc c’est un signal fort pour l’automobiliste de lui dire : vous n’êtes plus le maître dans la rue.

Mais dans une ville où la voiture justement a longtemps été la reine, difficile de faire entendre raison aux automobilistes. En 2011 par exemple, les Strasbourgeois étaient invités à voter pour ou contre le passage à 30km/h dans leur ville… Et 70 % avaient voté non. Plus les années passent, plus les associations de cyclistes, de piétons sont nombreuses à réclamer une circulation plus douce. Les zones 30 deviennent ainsi un argument de campagne, dès 2014 à Paris. Et une réalité pour d’autres agglomérations comme celle de Grenoble en 2016. Une nouveauté qui générait des pour : "C"est bien c’est bien, ça évite d’écraser des gens c’est mieux" et des contre : "Ça compliquera encore plus et on mettra une heure et demi pour faire 18 km..."

En 2020, d'après le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement, en France, seulement une quarantaine de communes avait mis en place dans toute sa ville une limitation de vitesse à 30 km/h. Dans son article du 30 août 2021, Le Parisien précisait que "à Grenoble, ville passée aux 30 km/h il y a cinq ans, cette nouvelle limitation de vitesse a eu pour effet une baisse de 9 % du trafic des véhicules légers et de 20 % des poids lourds pendant que la pratique du vélo et l’usage des transports en commun bondissaient d’après une étude du Cerema (Centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement)."

 

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