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Vladimir Nabokov, "Lolita n'est pas une jeune fille perverse"

Vladimir Nabokov, "Lolita n'est pas une jeune fille perverse"

En 1975, sur le plateau d’Apostrophes, l’écrivain américano russe tient à rétablir la vérité sur l'héroïne malheureuse de son roman éponyme, publié en 1955 en anglais.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 03.01.2020 - Mis à jour le 03.01.2020

Vladimir Nabokov, "Lolita n'est pas une jeune fille perverse"

En 1975, sur le plateau d’Apostrophes, l’écrivain américano russe tient à rétablir la vérité sur l'héroïne malheureuse de son roman éponyme, publié en 1955 en anglais.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 03.01.2020 - Mis à jour le 03.01.2020
Vladimir Nabokov : Lolita - 1975 - 03:51 - vidéo
 
Vladimir Nabokov : Lolita - 1975 - 03:51 - vidéo
Sur le plateau d’Apostrophes, l’écrivain américano-russe tient à rétablir la vérité sur l’héroïne malheureuse de son roman éponyme. 

Nabokov se fâche. Invité de Bernard Pivot, il revient sur le succès de son livre « Lolita » publié en 1955, et s’énerve de l’image que l’on se fait de son héroïne. Au fil des ans, et surtout après la sortie du film de Stanley Kubrick « Lolita » en 1962, elle est devenue le symbole d’une jeune femme au comportement aguicheur.

Il insiste sur le fait que dans son roman, « Lolita n'est pas une jeune fille perverse, c'est une pauvre enfant que l'on débauche, dont les sens ne s'éveillent jamais sous les caresses de l'immonde monsieur Humbert ». Le roman raconte la passion qu’éprouve un homme d’âge mur, qui a 37 ans au début de l’histoire, pour une jeune fille de 12 ans. Un âge sur lequel insiste Nabokov comme pour marquer l’horreur d’une telle relation : « En réalité je le répète, Lolita est une jeune fille de 12 ans, tandis que monsieur Humbert est un homme mûr, et c’est l’abîme entre son âge et celui de la fillette qui produit [pour monsieur Humbert] le vide, ce vertige, la séduction, l’attrait d’un danger mortel ». Pour Nabokov, une telle relation n’est envisageable que du point de vue  malade de ce monsieur Humbert : « C’est l’imagination du triste satyre qui fait une créature magique de cette petite écolière américaine aussi banale et normale dans son genre que le poète manqué Humbert dans le sien. En dehors du regard maniaque de monsieur Humbert, il n’y a pas de nymphette, Lolita la nymphette n’existe qu’à travers la hantise qui détruit Humbert. Et voici un aspect essentiel d’un livre singulier qui a été faussé par une popularité factice ».


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