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Valérie Masson-Delmotte, celle qui prédisait le réchauffement climatique dans des carottes de glace

Valérie Masson-Delmotte, celle qui prédisait le réchauffement climatique dans des carottes de glace

Ce mercredi 31 août, lors du séminaire consacré à l'écologie prévu à l'Elysée, les membres du gouvernement ont reçu une formation d'une experte, la climatologue membre du Giec, Valérie Masson-Delmotte. Dès les années 2000, la chercheuse annonçait le réchauffement climatique en observant la glace du passé.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 31.08.2022
Réchauffement climatique - 2004 - 02:03 - vidéo
 

Ce 31 août, dans le cadre d'un séminaire dispensé au gouvernement sur le thème de l'écologie, les ministres ont pu entendre la glaciologue Valérie Masson-Delmotte qui a abordé les leviers d'actions nécessaires pour limiter les risques liés au climat. La scientifique alerte sur les risques de réchauffement climatique depuis le début des années 2000. L'archive en tête d'article date de 2004, à l'époque, une équipe européenne venait d'établir que la terre avait connu une période de réchauffement similaire à celle actuelle, il y a 420 000 ans. Ils avaient obtenu ces résultats en analysant des bulles d'air enfermées au plus profond des glaces du Pôle Sud. Parmi les membres de l'équipe scientifique se trouvaient Valérie Masson-Delmotte, du Laboratoire des Sciences et de l'environnement (CEA CNRS), et Jean Jouzel, climatologue à l'Institut Pierre Simon Laplace.

Interrogée au cours de la mission puis dans son laboratoire, la paléo-glaciologue expliquait comment on lisait les informations sur les températures passées en Antarctique dans les carottes de glace, et pourquoi on pouvait en tirer des conclusions sur l'évolution de notre climat. Elle constatait notamment que la terre avait connu des cycles réguliers de glaciation et de réchauffement au cours de son histoire. Mais un nouvel élément risquait de compromettre ce bel équilibre, car contrairement au passé, l'effet à long terme des concentrations de gaz à effet de serre, absentes des prélèvements du passé, pouvaient, selon elle, empêcher « la prochaine entrée en glaciation ». Le risque serait de « perturber les grands cycles naturels du climat » et d'augmenter les températures. Jean Jouzel confirmait son diagnostic, ajoutant que l'été 2003 deviendrait « la norme » selon leurs constations.

Une fonte des glaciers inquiétante

En 2006 le réchauffement climatique de la planète s'intensifiait. Cet été-là, les glaciers fondaient à une vitesse jamais enregistrée. Au Pôle nord et au Groënland, la fonte était plus rapide que prévue. Dans l'archive ci-dessous, après la diffusion d'images impressionnantes, interrogée sur ce phénomène, la climatologue au Laboratoire des Sciences du Climat (LSCR LEA CNRS) revenait sur l'accélération du processus de réchauffement climatique. Le rythme de la fonte des glaces indiquait « sur quel rail la fonte des glaces était en train de dériver ». Cette fonte était plus rapide que prévue, ce qui pourrait à l'avenir entraîner un changement climatique « plus brutal que prévu » jusqu'alors.

Amplification du réchauffement

En novembre 2007, le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) avait rendu son rapport à Valence (Espagne). Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon lançait un appel aux pays industrialisés afin qu'ils prennent leurs responsabilités. Ce reportage diffusé dans le 20h00 de F2 décrivait les conséquences déjà visibles du réchauffement climatique : diminution de la banquise, fonte des glaciers entraînant la montée des eaux, tempêtes plus destructrices sur les régions côtières et à long terme des répercussions planétaires et irréversibles. En Arctique les signes de réchauffement se multipliaient avec une banquise réduite à son minimum en été. Pour Valérie Masson-Delmotte ces phénomènes marquaient une « rupture » en termes de vitesse de changement et en termes de quantité de glace disparue. « C’est quelque chose qui est exceptionnel, extraordinaire » précisait-elle médusée, s’interrogeant sur une sous-estimation possible du risque climatique réel. Les scientifiques devaient revoir leurs calculs.

L'urgence d'agir en commun

En 2018, en direct de Nice, Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC et l'une des personnalités scientifiques invitées de ces Assises, revenait sur les conclusions du rapport qui avait fait grand bruit trois semaines plus tôt, avec l'annonce de deux degrés de plus plus d'ici 2030. Après avoir décrit les causes du réchauffement elle précisait qu'il était encore possible « d'infléchir la trajectoire de ce réchauffement » mais à condition d'agir de concert et rapidement sur tous les facteurs qui contribuaient au rejet de gaz à effet de serre.

Elle soulignait aussi les enjeux liés au changement nécessaire de « grands systèmes », énergétique, agricole, industriel ou urbain. La scientifique abordait ensuite les conséquences du réchauffement dans la zone Méditerranéenne avec l'intensification des épisodes cévenols dont elle expliquait l'origine liée au réchauffement de l'eau de la mer Méditerranée. Sur tout le pourtour méditerranéen, on observerait une intensification des pluies torrentielles, des vagues de chaleur et du risque de sécheresse. Elle alertait aussi sur la montée du niveau des mers et sur ses conséquences dans les régions côtières. En fin d'interview, elle décrivait en quoi le travail scientifique pouvait aider à identifier ces risques et à les gérer grâce à des stratégies d'adaptation. Elle prônait une société de résilience.

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