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Tri sélectif, la France toujours à la traîne

Tri sélectif, la France toujours à la traîne

A l'occasion de la Journée mondiale du recyclage, retour sur la pratique du tri en France. Alors que les déchets deviennent un problème écologique mais aussi économique, où en est notre pays dans la gestion du recyclage ?


Par la rédaction de l'INA - Publié le 16.03.2021 - Mis à jour le 16.03.2021

Tri sélectif, la France toujours à la traîne

A l'occasion de la Journée mondiale du recyclage, retour sur la pratique du tri en France. Alors que les déchets deviennent un problème écologique mais aussi économique, où en est notre pays dans la gestion du recyclage ?


Par la rédaction de l'INA - Publié le 16.03.2021 - Mis à jour le 16.03.2021
Tri sélectif, la France à la traîne - 2017 - 02:58 - vidéo
 
Tri sélectif, la France à la traîne - 2017 - 02:58 - vidéo

Selon la troisième édition de l'enquête de l’Observatoire du geste du tri réalisée par l'Ipsos, 51% des Français trient désormais systématiquement leurs emballages. Un progrès puisqu'ils n'étaient que 43 % à le faire en 2013 et 48% en 2017. Mais le constat reste décevant.

En France, après le choc pétrolier de 1973, le tri sélectif est vu comme une aubaine économique… Il faudra attendre les années 90 pour une prise de conscience écologique. Mais surtout sur la bonne volonté des communes. Comme par exemple Dunkerque, ville pionnière en la matière. La prise de conscience est lente, les communes peinent à passer au tri sélectif alors qu’au même moment, le tonnage de déchets par habitant ne cesse d’augmenter. Si un Français jetait 475 kilos de déchets par an en 1995, c’était 543 kg en 2007 !

Pourtant dès 1998, Dominique Voynet, ministre de l’Environnement de l’époque tirait la sonnette d’alarme, elle préconisait alors "une première démarche de réduction du volume des déchets à la source, ce qui suppose une modification des comportements individuels et le tri sélectif des ordures ménagères et la valorisation de tout ce qui peut l'être."

Pour faire baisser ces tonnages et inciter les Français à mieux trier, certaines villes mettent alors en place une tarification incitative. Dès 2007, c’était le cas de la ville d’Aubure en Alsace : "Avant d’être ramassées, les poubelles sont pesées sur le camion. Chaque poubelle est équipée d’un puce qui permet de mesurer le poids des déchets. On prend plus facilement l'habitude de trier sa poubelle de verres. Il y a une part fixe et 24 centimes au kilo supplémentaire… En 5 ans, le tonnage a baissé de 50%."

Si 600 000 Français avaient ce système en 2008, c'était 12 millions en 2015. Des poubelles facturées au poids et le développement du tri ont fait baisser le tonnage des déchets par français : 543 kg par habitant en 2007, c’est 501 en 2016 et 514 en 2019 selon Eurostat.

Mieux encore, la part des déchets recyclés augmente passant de 17.9% en 1995 pour atteindre 39.7% en 2015 et 43% en 2019 toujours selon les chiffres produits par Eurostat. De belles avancées, mais comparé aux voisins Européens, la France est bien à la traîne. En Allemagne par exemple, selon la même étude statistique, la part des déchets recyclés s’élève à 68 % !

Pour aller plus loin :

En 1973, (bien trop) optimistes sur le recyclage du plastique ? (Article)

Vivre sans déchets, c'est possible ? (Article)

1973, Alain Touraine : gaspillage, détritus et domination sociale. (Article)

1970, lorsque Cousteau dénonçait la pollution critique des océans. (Article)

Géraldine Cornet-Lavau & Florence Dartois


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