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La nuit de cauchemar du Nord-Pas-de-Calais balayé par une tornade en 1967

La nuit de cauchemar du Nord-Pas-de-Calais balayé par une tornade en 1967

Dimanche 23 octobre, une tornade a causé de nombreux dégâts dans les départements de l'Eure, de la Somme et du Pas-de-Calais, détruisant le village de Bihucourt à près de 80 %. Ce phénomène rarissime s'était déjà produit dans le Nord en 1967. À l'époque, plusieurs villages avaient été presque rasés de la carte et sept personnes étaient mortes. 

Par Florence Dartois - Publié le 24.10.2022
 

L'ACTU.

Deux tornades se sont formées dans les Hauts-de-France le 23 octobre, une dans la commune de Conty dans le département de la Somme et l’autre dans la commune de Bihucourt, dans l’Arrageois, dans le département du Pas-de-Calais. L’observatoire français des orages, Keraunos, avait prévenu vers 17 heures du risque, mais la violence des vents a surpris la population.

Ces vents tourbillonnants ont causé de nombreux dégâts notamment à Bihucourt où une centaine de maisons sur les cents-cinquante que compte le village a été détruite. Cet épisode n'est pas sans rappeler 1967...

L'ARCHIVE.

L'archive en tête d'article date du 25 juin 1967, au lendemain d'une tornade meurtrière qui avait ravagé plusieurs villages du Nord et du Pas-de-Calais. Dans la nuit du 24 juin, le phénomène météorologique avait emporté des villages du Cambrésis, du Douaisis et de l'Artois, notamment le petit village de Pommereuil, entièrement détruit.

Dans ce reportage diffusé dans le 20 heures de la première chaîne, la catastrophe apparaît dans toute sa violence et son imprévisibilité. Les deux premières minutes de ce reportage présentent les images muettes du désastre. Charpentes arrachées, véhicules emportés, façades éventrées, tout n’est que gravats, ruines, imbroglios de câbles, de fils électriques. Le clocher de l’église est tombé sur une voiture, d'autres automobiles sont retournées au milieu des chaussées. Sur les monticules de débris, dans ce qui était la veille encore leur maison, des femmes et des enfants cherchent quelques affaires. Ici un chien fixe la caméra comme incrédule. Des habitants éberlués errent dans les rues dévastées, tandis que d'autres tentent de réparer et de déblayer.

Des survivants médusés

Puis viennent les témoignages des habitants. Leurs visages hagards, leurs regards perdus et leurs mots peinent à décrire le drame qu'ils viennent de vivre. Comme cette femme qui explique que tout n’a duré que « quelques minutes ». « Tout a volé en éclats, les carreaux, tout, tout. L’espace d’un moment », déclare-t-elle. Sa seule pensée est allée vers « ses gosses ». Elle décrit son incompréhension : « on se demandait ce qui arrivait, il ne pleuvait même pas, ça faisait des lueurs ». Même sidération chez un homme interrogé alors qu’il déblaye sa maison détruite. Il espère « un coup de main de l’État » pour rester dans le village et rebâtir. Lui a eu de la chance, il a pu sauver ses « sept enfants » qui dormaient lors du drame. Plus loin, un ancien de 73 ans se demande où il ira maintenant qu'il n'a plus de toit ou cet autre couple qui s'est réfugié avec un bébé dans l'unique pièce restée intacte.

L'archive présentée ci-dessous a été diffusée dans le même journal de 20 heures, il montre l'intérieur d’une maison ravagée, où une femme a eu le temps de sauver sa petite fille qui dormait à l'étage, juste avant que le plafond ne s'effondre sur le lit.

Tornade dans le Nord
1967 - 02:28 - vidéo

« Ben maintenant, vous voyez, on n’a plus rien. Tout s’est effondré » !

Le martyr de Pommereuil

Deux jours après le passage de la tornade, le 26 juin 1967, la télévision relayait le très lourd bilan : 7 morts (1 à Pommereuil) et une soixantaine de blessés. La tornade de 2 km de large, avec des vents de près de 350 km/h, avait détruit près de 600 maisons dans la région et abattu des milliers d'arbres. Ce dernier reportage montrait le chaos et le dénuement dans lequel se retrouvaient les survivants de Pommereuil, le village le plus détruit. Les habitants s'activaient toujours dans les ruines. Des familles entières commençaient elles à quitter les lieux. Les images montraient leur départ avec le peu de meubles qui leur restaient et quelques vêtements entassés sur des tracteurs ou des charrettes tirées par des chevaux.

La solidarité s’était organisée avec la Croix Rouge française. Les déblaiement se poursuivaient avec des équipes de secours composées de civils, de gendarmes, de pompiers ou de soldats, qui avaient été « aux limites de leurs forces pour aider les sinistrés » précisait le journaliste. Les routes étaient dégagées et l’électricité rétablie. Plusieurs points noirs demeuraient : l’hébergement et le financement de la reconstruction. Le reportage faisait aussi un focus sur les forêts et les cultures qui, elles aussi avaient été ravagées par la tornade. Un ingénieur des forêts décrivait le désastre qu’il avait pu constater dans les forêts domaniales environnantes et expliquait qu’il faudrait « des décades pour reconstituer cette région ». À l'image, des centaines d’arbres tombés au sol.

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