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Thomas Sankara, chef d'état « pas tout à fait comme les autres »

Thomas Sankara, chef d'état « pas tout à fait comme les autres »

Lundi 11 octobre s’est ouvert à Ouagadougou le procès de quatorze personnes accusées d’avoir contribué à l’assassinat du président du Burkina Faso, Thomas Sankara, le 15 octobre 1987. Le lendemain de sa mort, Antenne 2 dressait le portrait d'un révolutionnaire.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 11.10.2021
Burkina Faso : portrait de Thomas Sankara - 1987 - 02:42 - vidéo
 

Lundi 11 octobre s’est ouvert à Ouagadougou le procès de quatorze personnes accusées d’avoir contribué à l’assassinat du président du Burkina Faso, Thomas Sankara, et de membres de son entourage, le 15 octobre 1987.

Le 16 octobre 1987, le journal de 20h d’Antenne 2 dressait le portrait de ce chef d’état africain « pas tout à fait comme les autres », selon les mots du journaliste Henri Sannier. « Personnage original et charismatique, dans un continent souvent affligé par la corruption, il avait su s’imposer en parlant d’intégrité, d’où sa grande popularité au sein de la jeunesse africaine ».

Thomas Sankara prenait le pouvoir à l’issue d’un coup d’état, en août 1983, et menait tambour battant, durant ses quatre années au pouvoir, une véritable révolution de mœurs dans cette ancienne colonie française de la Haute-Volta. Rebaptisant le pays Burkina Faso en 1984, littéralement « le pays des hommes intègres », il menait « une politique active de réduction des salaires, de lutte pour  l’autosuffisance alimentaire » dans un pays qui comptait « 95 % d’agriculteurs ». Prenant conscience des ravages de la désertification, il imposait « à chaque homme qui se mariait de planter un arbre, pour reconquérir le désert », et souhaitait « pour chaque famille qu’on attribue un jardin ».

Symbole de sa politique intransigeante à lutter contre la « bourgeoisie établie » du pays, il décidait la vente des Mercedes officielles des ministères pour les remplacer par de simples Renault 5. Autre mesure forte, son combat pour l’émancipation des femmes burkinabè avait renforcé son image progressiste et moderne, dans son pays comme au-delà dans tout le continent africain. Des changements radicaux qui allaient finir par lui être fatals.

Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara mourait sous les balles des hommes de son meilleur ami, Blaise Compaoré, qui allait tenir d’une main de fer le pays jusqu’à son renvoi par le peuple, en 2014. Depuis en exil en Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré sera l’absent de marque de ce procès dont il en fait le principal accusé.

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