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1996 : la troisième crise du détroit de Taïwan 

1996 : la troisième crise du détroit de Taïwan 

Dans le contexte de la visite du dirigeant taïwanais Lee Teng-hui aux Etats-Unis en 1995, puis de la première élection présidentielle réellement démocratique à Taïwan, en 1996, la Chine populaire montre ses muscles et organise des séries de démonstrations militaires entre mi-1995 et mars 1996 dans le but d'intimider les Taïwanais et rappeler au monde l'importance de la question taïwanaise pour Pékin. Une crise qui n'est pas sans rappeler la situation actuelle, et qu'illustrait ce reportage de Jérôme Bony, en mars 1996.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 03.08.2022 - Mis à jour le 04.08.2022
Taïwan - 1996 - 02:08 - vidéo
 

Après les deux premières crises du détroit de Taïwan entre République populaire de Chine (Pékin) et République de Chine (Taipei) en 1955 et 1958, la perspective de la première élection présidentielle démocratique, à Taïwan, en mars 1996, est l’un des éléments déclencheurs de la troisième crise du détroit de Taïwan, en 1995-1996. Des séries de tirs de missile à blanc et des exercices militaires à tirs réels sont effectués à plusieurs reprises par l’Armée populaire de libération (APL) pour intimider les Taïwanais. En réponse, le président américain Bill Clinton décide de renforcer la VIIe flotte américaine par l’envoi d’un second porte-avions, le Nimitz. Cette crise, qui se termine sans escalade militaire après la réélection du président taïwanais Lee Teng-hui, est illustrée dans les archives de l’INA par ce reportage de Jérôme Bony, au plus fort des tensions, le 12 mars 1996.

En lancement du sujet, sur le plateau du journal télévisé de 13h, le journaliste Benoît Duquesne explique la situation : « La tension monte dans le détroit de Formose entre la Chine et Taïwan, les Chinois ont commencé ce matin leurs manœuvres aéronavales, à tir réel, et les Etats-Unis ont dépêché par précaution un deuxième porte-avions, le Nimitz. Réplique du ministre chinois des Affaires étrangères : "Taïwan, dit-il, fait partie de la Chine et n’est pas un protectorat des Etats-Unis"»

Sur un bateau, depuis le détroit de Formose (Taïwan), Jérôme Bony suit une flottille de 3 bateaux de pêche affrétés par le parti démocrate progressiste (indépendantiste) qui se rend dans la zone maritime soumise à de possibles tirs de missiles de la part des Chinois continentaux, « pour vérifier s’il y a des tirs de missile » explique un pêcheur. Jérôme Bony, à bord d’un chalutier, éclaircit la situation pour la caméra de France 2 : « C’est ce secteur qu’ont choisi les militaires chinois comme l’une des deux cibles pour des tirs de missile à blanc qui ont commencé vendredi dernier. Ils devraient durer jusqu’au 15 mars. Nous sommes à 25 km des côtes de Taïwan, juste en bordure des eaux territoriales. Et aujourd’hui ont commencé, à 200 km d’ici, de grandes manœuvres aéronavales, qui elles, se font avec des munitions réelles. »

Les Taïwanais du parti démocrate progressiste sont remontés contre Pékin. Sur leur bateau de pêche, ils brûlent un drapeau de la Chine populaire. Le président du parti, M Shih, juge néanmoins la situation géopolitique sous contrôle, et n’estime pas qu’elle dégénérera : « Dans l’état actuel des choses, nous pensons que ces manœuvres resteront de simples menaces envers la population de Taïwan. »

Un an plus tard, en 1997, Newt Gingrich devient le premier président de la Chambre des représentants des États-Unis à se rendre à Taïwan.

Le parti démocrate progressiste accède pour la première fois au pouvoir en 2000, pour deux mandats de Chen Shui-bian, jusqu’en 2008. C’est alors la première alternance vis-à-vis du traditionnel parti taïwanais, le Kuomintang, le plus vieux parti politique de Chine, fondé en 1912 dans la province chinoise côtière de Guangdong. En 2016, à la faveur de la victoire à l’élection présidentielle de Tsai Ing-wen, le parti démocrate progressiste revient au pouvoir sur l’île, une situation confirmée par la réélection de Tsai Ing-wen en 2020.

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