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Suicide assisté : en 2004, Paulette Guinchard en parlait déjà

Suicide assisté : en 2004, Paulette Guinchard en parlait déjà

Gravement malade, l'ancienne secrétaire d’État aux personnes âgées et députée du Doubs, a choisi le suicide assisté pour mettre fin à sa vie. Un débat dans lequel elle était engagée de longue date.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 11.03.2021 - Mis à jour le 11.03.2021

Suicide assisté : en 2004, Paulette Guinchard en parlait déjà

Gravement malade, l'ancienne secrétaire d’État aux personnes âgées et députée du Doubs, a choisi le suicide assisté pour mettre fin à sa vie. Un débat dans lequel elle était engagée de longue date.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 11.03.2021 - Mis à jour le 11.03.2021
Euthanasie à l'hôpital de Besançon - 2004 - 03:17 - vidéo
 
Euthanasie à l'hôpital de Besançon - 2004 - 03:17 - vidéo

L'ancienne secrétaire d’État aux personnes âgées Paulette Guinchard-Kunstler s'est rendu en Suisse pour pratiquer le suicide assisté, un geste interdit en France. L'ex-députée PS voulait faire de ce geste un acte militant révélé ce 11 mars, alors que le Sénat doit examiner une proposition de loi "pour le droit de mourir dans la dignité". Dans sa circonscription du Doubs, elle avait déjà travaillé sur cette question. En mai 2004, l'hôpital de Besançon était au cœur de l'actualité. Une expertise médicale dévoilait des pratiques relevant de l'euthanasie sur quatorze patients hospitalisés au CHU de Besançon entre 1998 et 2000. Il s'agissait principalement d'accompagnement de fin de vie, mais aussi d'euthanasie active, avec injection de produit létale. Une pratique jugée comme choquante par une partie du personnel de réanimation du centre hospitalier qui avait porté ces faits devant la justice. Seule une famille avait porté plainte.

C'était le problème de l'accompagnement de la fin de vie qui était alors posé. Une question épineuse sur laquelle s'exprimait déjà la députée PS du Doubs. "C'est les conditions de fin de vie, c'est les familles qui sont touchées et je crois que l'on est au cœur même de l'évolution de la prise en charge des fins de vie qui est posée. C'est pour moi un dossier très important". Tous ces patients étaient en fin de vie et leur décès avait été hâtés, soit en leur injectant un produit, soit en les débranchant. Deux pratiques qui tombaient alors sous le coup de la loi. A l'époque le code de déontologie interdisait de "provoquer la mort délibérément".

D'autres vidéos sur Paulette Guinchard-Kunstler :

12-14 Ouest : Paulette Guinchard Kunstler, Secrétaire d'Etat aux personnes âgées met en place l'A.P.A.. Elle présente cette nouvelle allocation destinée à aider les personnes âgées dépendantes. (19 novembre 2001) 

L'hebdo Le forum. Portrait de Paulette Guinchard Kunstler, secrétaire d'Etat aux personnes âgées. Fille de paysan du Doubs, elle devient infirmière psychiatrique et adhère très tôt au PSU de Michel Rocard. En 1983, elle est adjointe à l'environnement à Besançon, elle crée la communauté d'agglomération. En 1997, elle devient Député, c'est une proche de Martine Aubry. En Mars 2001, Lionel Jospin la nomme secrétaire d'état aux personnes âgées. Elle crée l'A.P.A. (Allocation personnalisée à l'autonomie). (27 janvier 2002)

19/20  JT Franche Comté soir : Portrait de Paulette Guinchard Kunstler, présidente d'un jour Assemblée Nationale. A l'occasion du 8 mars, Paulette Guinchard Kunstler est devenue madame la Présidente de l'Assemblée nationale l'espace d'un après-midi. Elle a présidé la séance des questions au gouvernement. "Je n'ai eu... /... Que des modèles d'hommes en politique, et je suis tout à fait consciente que je sers actuellement de modèle de femme. Le fait d'être là fait partie d'un modèle d'évolution, de changement...". Interrogée, dans les couloirs de l'Assemblée, elle a pour sa part estimé que ce geste n'était "pas un gadget, il est symbolique."  "Le changement politique pour les femmes est plus profond mais les symboles comptent. Si cela permet de dire qu'il est temps qu'une femme préside l'Assemblée nationale, c'est important mais je n'oublie pas que le combat de tous les femmes est un combat de tous les jours. Ce n'est pas que le combat d'un jour", a-t-elle jugé.

Lors de la discussion au Sénat d'une proposition de loi socialiste pour le droit à mourir dans la dignité, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé, ce jeudi 11 mars, le lancement d'un nouveau "plan national de développement des soins palliatifs et d'accompagnement de la fin de vie".

Pour aller plus loin :

1994, le tour de France d'Alain Cocq pour sensibiliser au handicap. Alain Cocq, handicapé et victime d’une maladie orpheline a envoyé une lettre à Emmanuel Macron pour demander une "assistance active" afin de mourir. En 1994, alors âgé de 31 ans, il se lançait dans un tour de France en fauteuil roulant pour sensibiliser sur le handicap. (Article)

Proposition de loi relative aux droits des malades et à la fin de vie. Le 30 novembre 2004, l'Assemblée nationale ratifiait, en première lecture et à l'unanimité, un nouveau projet de loi sur la fin de vie présenté par son rapporteur, Jean Leonetti. (Vidéo)

L'affaire Nicolas Bonnemaison. En août 2011, un urgentiste de l'hôpital de Bayonne, Nicolas Bonnemaison est mis en examen pour avoir abrégé la vie de sept de ses patients. Si les défenseurs de l'euthanasie y voient un acte de compassion, pour la justice, l'acte perpétré est passible de réclusion criminelle à perpétuité. (Article)

Florence Dartois


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