Aller au contenu principal
Sœur André : «Le bon Dieu ne me veut pas»

Sœur André : «Le bon Dieu ne me veut pas»

Après Jeanne Calment, la religieuse française Sœur André est devenue doyenne de l'humanité. Vivant dans un Ephad toulonnais, elle coule des jours paisibles rythmés par les messes et ses anniversaires fêtés en grande pompe et devant les caméras de télévision. Une notoriété qui ne semblait pas perturber la religieuse ces dernières années.

Par Florence Dartois - Publié le 26.04.2022
Soeur André fête ses 112 ans - 2016 - 02:15 - vidéo
 

Lucile Randon, alias Sœur André, Alèsienne de naissance, est née le 11 février 1904. La doyenne des Français et des Européens, qui a fêté son 118e anniversaire à Toulon cette année, est également devenue depuis le 25 avril la nouvelle doyenne de l'humanité après la mort de la Japonaise Kane Tanaka qui avait 119 ans.

L’archive en tête d’article est un portrait de cette religieuse filmée en février 2016. A l’époque, elle soufflait ses 112 bougies. Le sujet du JT régional revenait sur son parcours. Avant d'entrer dans les ordres à 27 ans, en 1944, elle avait été gouvernante et institutrice. Depuis 2009, elle habite Toulon, à l'Ehpad Sainte-Catherine Labouré. Très entourée, la centenaire, toujours d'une grande agilité d'esprit, était dotée de beaucoup d’humour, notamment lorsqu'elle racontait la concurrence qui l'opposait à l'autre centenaire du département du Var, plus âgée de trois mois. Vexée par la médiatisation de Sœur André, cette concurrente avait « rouspété en disant qu’elle ne voyait pas pourquoi on fêtait une religieuse et pas elle ».

Face caméra, Sœur André évoquait aussi sa vie plus que séculaire débutée au début du siècle, une longue vie dans laquelle elle avait « vu beaucoup de misère ». Elle revenait aussi sur son enfance marquée par la guerre de 1914-18. Une mémoire exceptionnelle qui faisait dire à son petit neveu présent à la fête que c'est elle, « le livre de la famille. »

Quant à sa longévité extraordinaire, Sœur André l’attribuait surtout à la bonne volonté de Dieu, « il use et abuse de moi parce qu’il me fait trop vieille ». Cette femme qui avait tant vécue ne restait pas insensible à la misère du monde. Elle regrettait ne voir que de la tristesse dans ce monde et avouait être touchée par la détresse des orphelins de guerre. Elle confiait également être bouleversée par ces familles de migrants regroupées dans des camps.

La doyenne des Français

C'est en 2018 que Sœur André est devenue à 114 ans la doyenne des français. Dans la vidéo ci-dessous, filmée à l'occasion de ce nouvel anniversaire, toujours très lucide, elle égrenait cette année-là quelques souvenirs de sa longue vie. En particulier ceux de la Première Guerre mondiale marquée par le départ de ses frères pour le front et la tristesse de sa mère : « Ils sont revenus tous les deux, on a eu de la chance », précisait-elle.

Le bonheur, elle l'avait atteint en entrant dans les ordres à 27 ans : « J’ai trouvé ce que je voulais. Je me suis confiée au Bon Dieu et il a bien répondu à mes désirs ». S’interrogeant comme tout le monde sur son impressionnante longévité, elle blaguait : « Le Bon Dieu ne me veut pas. Il veut toujours que je me perfectionne et je crois que je fais des perfections à contresens. Alors il me refuse. Il me dit "attends encore un peu" ».

Soeur André, doyenne des français
2018 - 02:10 - vidéo

En 2019, pour ses 115 ans, la religieuse était devenue « vice doyenne du monde ». Sa force de caractère impressionnait. A nouveau interrogée sur son âge prodigieux, elle dévoilait un premier secret sur sa forme : « J’ai travaillé 70 ans ».

Aveugle et ne se déplaçant qu’en fauteuil roulant, Soeur André accueillait ce jour-là un groupe d’enfants venus chanter pour son anniversaire. La souffrance des enfants, et celle des migrants contraints de tout abandonner, était toujours au cœur de ses préoccupations et de ses prières quotidiennes.

Lorsqu’on lui demandait si elle comptait battre le record de Jeanne Calment, 122 ans, elle ironisait : « Faut que je travaille encore un peu… mais plus tellement maintenant ».

En février 2020, Sœur André arrosait ses 116 ans d’un verre de vin. Elle s'avouait étonnée d'être toujours sur terre malgré « les nombreux malheurs » rencontrés dans sa vie. Dans son établissement, on vantait encore et toujours son appétit de vivre, sa répartie et son humour. 

Une pandémie et un secret

En février 2021, après avoir vaincu le Covid-19, la doyenne française et européenne était au centre de toutes les attentions, mais pandémie oblige, cette année-là sa famille lui avait souhaité son anniversaire en visioconférence. Malgré sa fatigue, la religieuse assistait toujours à la messe, deux fois par jour, sans rechigner. Et quand on l'interrogeait sur ce que cela fait de vivre aussi vieux, elle s’exclamait : « Ça fait long, long, très long mais c'est agréable ». En fin de reportage, elle en dira davantage sur son secret de longévité… 

S'orienter dans la galaxie INA

Vous êtes particulier, professionnel des médias, enseignant, journaliste... ? Découvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les réseaux sociaux, inscrivez-vous à nos newsletters.

Suivre l'INA éclaire actu

Chaque jour, la rédaction vous propose une sélection de vidéos et des articles éditorialisés en résonance avec l'actualité sous toutes ses formes.