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« Homme de trois amours : le barreau, la politique, la culture », qui était Roland Dumas ?

« Homme de trois amours : le barreau, la politique, la culture », qui était Roland Dumas ?

L'ex-avocat Roland Dumas est décédé à l'âge de 101 ans. Ce proche de François Mitterrand, dont il fut le ministre à trois reprises, aura marqué la politique française du siècle passé. Portrait en archives. 

Par Romane Laignel Sauvage - Publié le 03.07.2024
Portrait de Roland Dumas - 1984 - 01:48 - vidéo
 

L'ACTU.

Avocat, ministre à plusieurs reprises sous François Mitterrand et président de Conseil constitutionnel, Roland Dumas est mort à l'âge de 101 ans.

LES ARCHIVES.

« Roland Dumas, c'est l'ami, le confident, le compagnon, l'ombre de François Mitterrand. » Né en août 1922, Roland Dumas était le fils d'un résistant, Georges Dumas, arrêté par la Gestapo puis fusillé en 1944. Lui-même engagé dans les Mouvements unis de la Résistance (MUR), il étudia après la guerre le droit et les sciences politiques, puis fit ses premiers pas dans le monde professionnel comme journaliste. En 1950, il s'inscrivait finalement au barreau et obtenait de premières grandes victoires en tant qu'avocat.

C'est à cette époque qu'il rencontrait François Mitterrand, comme l'expliquait le portrait en tête d'article. En 1959, Roland Dumas défendait le futur président socialiste dans l'affaire de l'attentat de l'Observatoire. Député par trois fois, il fut nommé ministre des Affaires européennes en 1983. Ce proche de Mitterrand était, disait-on en 1984, « l'homme de trois amours : le barreau, la politique, la culture ».

Ministre des Affaires étrangères

L'année suivante, date de l'archive, il accédait au poste de ministre des Relations extérieures. Il était notamment choisi pour sa proximité avec le président. « La transparence du nouveau ministre par rapport à François Mitterrand évitera, dit-on certaines fausses notes reprochées à Claude Cheysson [son prédécesseur, ndlr]. Roland Dumas fera la politique voulue, décidée par l'Élysée », précisait le commentaire.

À ce poste, dévoilait l'archive ci-dessous, il profitait « de ses nombreux contacts en Afrique et dans le monde arabe pour bâtir une certaine diplomatie française » et affrontait « les deux bouleversements » des années 1990, le chute de l'URSS et la Première guerre du Golfe. Il eut un rôle important dans le maintien du couple franco-allemand et de l'Europe communautaire.

En 1995, Robert Badinter quittait son poste de président du Conseil constitutionnel. « Cet avocat, ancien ministre et très proche de François Mitterrand » était alors remplacé par Roland Dumas, annonçait Bruno Masure dans l'archive ci-dessous, « un autre avocat, ancien ministre et très proche de François Mitterrand ». À quelques semaines de la fin de son second mandat, ce choix du président socialiste n'était pas anodin. Le Conseil constitutionnel, disait le commentaire, était un « véritable contre-pouvoir aux cœurs des institutions ».

L'affaire qui brisa sa carrière

Rattrapé par l'affaire Elf, Roland Dumas démissionnait de son poste en février 2000. Parmi le personnel politique, on accueillait avec soulagement cette nouvelle. L'ancien ministre fut relaxé en appel en janvier 2003. Cet épisode marqua profondément Roland Dumas comme il l'évoquait ci-dessous, en 2011.

La chute de Roland Dumas
2011 - 00:00 - vidéo

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