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«Lindberg», le succès qui fit connaître Robert Charlebois en France

«Lindberg», le succès qui fit connaître Robert Charlebois en France

Robert Charlebois a quitté son Québec natal pour se poser en France et rejoindre la scène de Bobino, où il se produit du 29 mai au 9 juin 2024. Dans ce spectacle intimiste, l'artiste raconte en chansons ses racines musicales. L'occasion de réentendre celle par laquelle les Français le découvrirent à la fin des années 1960. Un titre pas si psychédélique que ça.

Par Florence Dartois - Publié le 29.05.2024
Robert Charlebois "Lindberg" - 2016 - 02:33 - vidéo
 

L'ACTU.

Du 29 mai au 9 juin 2024, Robert Charlebois pose ses valises sur la scène de Bobino, à Paris. Dans ce spectacle intimiste intitulé « Charlebois, Ducharme et les autres... », l'artiste québecois se raconte en chansons et revient en musique sur ses racines. Il est accompagné de cinq musiciens sur scène, Daniel Lacoste (direction musicale et multi-instrumentiste), Dominique Lanoie (multi-instrumentiste), Mark Hébert (bassiste), Vincent Réhel (claviériste) et Steve Gagné (batteur). L'occasion de revenir sur le titre qui l'a fait connaître dans l'Hexagone, Lindberg, extrait de son quatrième album intitulé, Robert Charlebois avec Louise Forestier, sorti en 1968.

LA CHANSON.

Robert Charlebois est né à Montréal le 25 juin 1944. Il a découvert le piano à neuf ans, alors que ses parents l'avaient envoyé dans un pensionnat religieux tenu par les sœurs. À l'adolescence, il se passionna pour le rock and roll américain et découvrit en parallèle la chanson française. Ce chanteur-phare des années 60-80 « a apporté le Québec à la chanson française », a déclaré Patrick Bruel. Pour l'auteure Denise Bombardier, il est « le porte-étendard de la génération de la Révolution tranquille ».

Robert Charlebois a composé Lindgerg de retour à Montréal, après un voyage initiatique aux Antilles et en Californie, à l'époque où les hippies rêvaient de changer la société. Au cours de ce voyage, il avait découvert le psychédélisme, un concept inventé en 1956 par le psychiatre H. Osmond pour décrire les effets provoqués par les psychotropes (le LSD, notamment) sur le psychisme, invitant à la sublimation de la réalité.

Lindberg est né dans ce contexte expérimental. Robert Charlebois créa le titre en une nuit (bien arrosée, racontera-t-il plus tard) avec le poète Claude Péloquin. Sophie Clément, la muse du poète, était également présente et devint la « Sophie » évoquée dans la chanson. À sa sortie, Robert Charlebois l'interpréta, en duo, avec Louise Forestier, rencontrée dans un cours de théâtre. Louise Forestier racontera, à propos de la chanson : « Lindberg, ce fut vraiment une improvisation. Avec "un gang" autour du piano à trois heures du matin, où Péloquin avait cent flashs à la minute. Moi, je faisais des voix et du bruit avec ma bouche. »

La chanson Lindberg, née après une nuit d'improvisation, est rapidement devenue un hymne de la jeunesse québécoise, avant de traverser l'Atlantique. Son mélange de sonorités américaines mariées à du québécois populaire (voire vulgaire) a secoué le monde musical et n'a laissé personne indifférent ni au Canada ni en France. Le titre remporta plusieurs prix et permis à Robert Charlebois et sa complice de chanter sur la scène de l'Olympia en février 1972.

Nous ne possédons pas d'interprétation de Lindberg de cette époque. Nous avons retrouvé une seule prestation en 2016, enregistrée en live et au piano, dans l'émission de Catherine Ceylac « Thé ou Café ». C'est cette version que nous vous proposons de découvrir en tête d'article.

Un titre haut perché

« Moi, je crois beaucoup en la poésie. Je crois que c'est une arme aussi forte que la guerre. Et je crois que ça peut sauver le monde... » Dans l'archive ci-dessous, datée d'avril 1970 et extraite du magazine « Variances », le chanteur, encore méconnu en France, évoquait la poésie et sa manière de composer. Il revenait sur l'écriture de la chanson : « Moi, je n'essaye pas de faire de la musique psychédélique dans "Lindberg" ou dans n'importe laquelle de mes chansons. Tout est ciselé, il n'y a pas une note de trop, il n'y a pas des sons de trop. Il y a des mauvais sons. Il n'y a pas un mot qui n'est pas pensé. C'est pas des paroles pour rien dire, ce ne sont pas des chansons comiques que je fais... », expliquait-il, avant de raconter l'origine de la chanson en référence au son des avions « quand il fait -20 degrés sous zéro Fahrenheit ».

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