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Rafle du «Vél' d'Hiv» : Jacques Chirac reconnaît «les fautes du passé»

Rafle du «Vél' d'Hiv» : Jacques Chirac reconnaît «les fautes du passé»

En juillet 1995, le président Jacques Chirac admettait la responsabilité de la France dans la déportation et l'extermination de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Un discours historique pour un geste sans précédent.

 

Par la rédaction de l'INA - Publié le 10.07.2020 - Mis à jour le 15.06.2022
 

Le 16 juillet 1995, à l'occasion des cérémonies commémorant le 53ème anniversaire de la rafle du Vel' d'Hiv, Jacques Chirac, fraîchement élu à la présidence de la République, admettait officiellement la responsabilité de la France dans la déportation, l'extermination et l’anéantissement de près de 76 000 des Juifs qui vivaient dans le pays durant la Seconde Guerre mondiale.

Le montage en tête d'article propose un résumé en images des temps forts de son discours historique. C'était en effet la première fois qu'un président de la République reconnaissait publiquement la responsabilité de l'État français dans la déportation de Juifs sous Vichy : « reconnaître les fautes du passé […] c'est défendre une idée de l'Homme, de sa liberté et de sa dignité », déclarait-il solennellement.

Dans un silence recueilli, le chef de l'état prononçait des mots très forts : « Ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions», avant de reconnaître : « Oui la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, secondée par l'État français. »

Face à l'assistance, Jacques Chirac soulignait gravement la nécessité de « transmettre la mémoire du peuple juif, les souffrances et des camps». Il martelait l'importance de cette reconnaissance des erreurs du passé pour mieux affronter les menaces actuelles : « témoigner encore et encore. Reconnaître les fautes du passé, et les fautes commises par l’Etat. Ne rien occulter des heures sombres de notre Histoire, c’est tout simplement défendre une idée de l’Homme, de sa liberté et de sa dignité. C’est lutter contre les forces obscures, sans cesse à l’œuvre. Cet incessant combat est le mien autant qu’il est le vôtre. »

D'ailleurs, son discours se terminait par un avertissement à l'égard du présent et une mise en garde à peine voilée en direction du parti de Jean-Marie Le Pen : « Quand à nos portes, ici même, certains groupuscules, certaines publications, certains enseignements, certains partis politiques se révèlent porteurs, de manière plus ou moins ouverte, d’une idéologie raciste et antisémite, alors cet esprit de vigilance qui vous anime, qui nous anime, doit se manifester avec plus de force que jamais ».

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