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On a retrouvé Michaël, l'étudiant aux poches vides 

On a retrouvé Michaël, l'étudiant aux poches vides 

QUE SONT-ILS DEVENUS ? La précarité étudiante, ce n’est pas nouveau. En témoigne Michaël Bruel. En 2000, la télé lui consacrait un reportage. Aujourd’hui, il est cadre supérieur et pour l'INA, il revient sur cette période difficile.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 21.12.2022
 

L'ACTU.

Avec l'inflation, le niveau de vie des étudiants et étudiantes se dégrade. 56 % des étudiants français avouent ne pas manger à leur faim. Ces difficultés ne datent pas d'hier. Dans les mois qui précédèrent la crise de la Covid-19, un mouvement social, marqué par l’immolation par le feu d'un étudiant, avait alerté sur le sujet. Et, en 2000 déjà, des étudiants témoignaient de leurs difficultés. Comme Michaël Bruel qui revient aujourd’hui sur son histoire.

LES ARCHIVES COMMENTÉES.

« Ce sont des bouquins qui manquent. C’est des fois pas toujours manger à sa faim. » Février 2000, Michaël Bruel témoignait de sa précarité. France 3 lui consacrait un reportage. « J’étais adhérent du syndicat étudiant UNEF-Idées à l’époque », raconte cet ancien étudiant en sociologie. « Et la présidente de l’UNEF-ID a été contactée pour qu’on la mette en relation avec un étudiant qui pouvait vivre cette situation. Puisque ce n'était pas un phénomène qui était autant observé que ça. »

Pour vivre, Michaël était obligé de travailler à côté de ses études. « Pour cet étudiant en licence, pas le choix. Avec des parents divorcés qui ne peuvent financer ses études, ce travail alimentaire dans un magasin d’électroménager est la seule source de revenus », disait le reportage. Ce que Michaël Bruel détaille : « J’avais un contrat étudiant. De mémoire, je crois que j’étais à 20 heures par semaine. On pouvait faire plus. Ça m'est arrivé de faire 40 heures à l’époque, mais j’avais minimum 20 heures. Ce qui fait déjà une belle semaine. »

Une précarité au détriment des études et de la santé

Mais, son salaire était insuffisant pour subvenir à ses besoins. « Pas toujours manger à sa faim, donc je suis plus fatigué. C’est tout ça quoi. Ce sont des sorties qui ne sont pas faites. (...) Moi, je ne peux pas aller au cinéma. » Aujourd'hui, il confirme, c'était le strict minimum : « C’était les bouquins, ça on n'en achetait pas, on se démerdait, C’était les sorties, ça, c'est sûr. Oui, je n'allais pas boire une bière tous les soirs. La bouffe. Le chauffage qui était géré au cordeau à l’époque. C’était déjà 19 degrés. »

Une précarité au point de l'empêcher de suivre correctement son cursus, comme l'expliquait le reportage : « Ce manque de moyens financiers l’a aussi pénalisé pendant son cursus. Le cercle vicieux de l’échec, car en redoublant, il a aussi perdu le bénéfice des bourses. » Et au détriment de sa santé. « J’ai appris à ne pas dormir. Quand on voit le reportage je suis plutôt blanc que bien bronzé, on sent que je ne suis pas beaucoup exposé. »

Après ses études, Michaël Bruel a enchaîné sur son service militaire. « J’ai eu la chance de pouvoir enquiller au service de presse de Matignon. Et donc du coup, à la sortie, j’ai fait un service militaire high level où pour le coup, j’ai appris énormément de choses ! Et c’est ce qui a conditionné ma vie d’après. »

Aujourd’hui, cette précarité est derrière lui. Michaël Bruel est devenu directeur opérationnel d’un groupe spécialisé dans la transformation de conteneurs maritimes. « Il ne faut rien lâcher…. La vie ne fait pas de cadeaux, elle n’en a jamais fait. L’histoire de l’humanité n’est pas bordée de cadeaux donc vraiment, il ne faut rien lâcher », dit-il.

Portrait étudiant
2000 - 02:00 - vidéo

Voici l'archive intégrale du reportage sur la précarité de Michaël Bruel en 2000.

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