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Aux Pays-Bas en 1966 avec les «durs de l'Europe comme ils se désignent eux-mêmes»

Aux Pays-Bas en 1966 avec les «durs de l'Europe comme ils se désignent eux-mêmes»

Mercredi 22 novembre, le Parti de la liberté de Geert Wilders a remporté les élections législatives aux Pays-Bas. Nationaliste et islamophobe, son programme prévoit un référendum sur la sortie de l'Europe. Un revirement pour ce pays membre fondateur de l'Union européenne. Portrait en 1966 d'un pays « industriellement bien placé dans le marché commun » européen.

Par Romane Laignel Sauvage - Publié le 23.11.2023
Six pays en quête d'Europe : La Hollande - 1966 - 11:57 - vidéo
 

L'ACTU.

Les Pays-Bas viennent de porter en tête des élections législatives le Parti de la liberté, un mouvement nationaliste et islamophobe. Dirigé par Geert Wilders, il propose entre autres un référendum sur la sortie de l'Europe. Un changement de cap pour le pays, membre fondateur de l'Union européenne.

L'ARCHIVE.

« Ils sont plus de 12 millions les durs de l'Europe, serrés dans leur tout petit pays moderne bien huilé, sur un territoire à peu près huit fois plus petit que la France. » En 1951, dans le sillage de la déclaration de Schumann, l’Allemagne de l’Ouest (RFA), l’Italie, la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg créaient la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Les prémices de ce qui sera plus tard l'Union Européenne. Puis, en 1957, le traité de Rome renforçait la coopération des « six » en fondant la Communauté économique européenne (CEE) et Euratom. L'archive en tête d'article, filmée en 1966, racontait le rapport des Pays-Bas et de sa population à l'Europe. Une position atlantiste qui différait alors de celle de la France, dirigée par Charles de Gaulle. Il venait d'annoncer le retrait du pays du commandement intégré de l'OTAN.

Le commentaire du reportage décrivait un « tout petit » pays composé des « durs de l'Europe, comme ils se désignent eux-mêmes ». Un pays « coincé entre l'Allemagne et la mer », entre son plus gros partenaire économique et « cette mer contre laquelle les Hollandais se battent énergiquement pour sauver leur terre plate, mais qui est aussi leur meilleur allié. »

Une position qui expliquait selon le journaliste « leur côté insulaire, très proche des Anglais ». Logique donc, « si la France et les Pays-Bas ont si souvent des vues antagonistes sur la construction de l'Europe et du marché commun. Historiquement les perspectives sont bien différentes. » La France cherchait à retrouver son rôle de grande puissance rayonnante perdu en 1945 alors que « les Hollandais, qui ont toujours farouchement défendu leur indépendance contre les grandes puissances, sont de tradition assez inaccessible à l'idée d'une Europe européenne indépendante des États-Unis ».

« Nous voyons l'Europe comme une chose très désirable »

Has Beyen l'un des fils des fondateurs de l'Europe, Johan Willem Beyen racontait une histoire empreinte d'ouverture, un pays « au carrefour des grandes routes internationales du transport et du commerce et qui a joué à cause de sa situation géographique ce rôle d'intermédiaire entre les pays, entre les produits ». Et de résumer : « Nous avons toujours été un petit pays qui s'est maintenu en vivant sur un équilibre européen, en évitant la domination par une puissance seule. Nous avons trouvé les Anglais à nos côtés, car pour les Anglais aussi l'idée d'avoir une grande puissance militaire à l'autre côté de la mer du Nord est une chose excessivement dangereuse. Nous voyons l'Europe comme une chose très désirable, mais nous ne la concevons que dans le contexte d'une communauté atlantique ».

Les Pays-Bas avaient alors pour eux une industrie florissante et « quelques-unes des plus grosses affaires mondiales » : Shell, Unilever et Phillips. Un État « industriellement bien placé dans le marché commun » en somme.

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