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Ostreopsis, une micro-algue déjà présente en Méditerranée en 2007

Ostreopsis, une micro-algue déjà présente en Méditerranée en 2007

Ce dimanche le congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille abordera le thème du coût des invasions biologiques. Parmi les invasions étonnantes, celle d'une micro-algue appelée ostreopsis qui a contraint à la fermeture de plages dans le pays basque cet été. Des algues déjà bien connues en Méditerranée et étudiées depuis le milieu des années 2000 par l'Ifremer.

Par Florence Dartois - Publié le 03.09.2021 - Mis à jour le 03.09.2021
 

Une micro-algue tropicale toxique, appelée ostreopsis a fait son apparition sur le littoral basque en août 2021. Une première bien inquiétante car cette algue peut provoquer des troubles respiratoires, oculaires et états grippaux. Cette détection a contraint des villes du littoral comme Biarritz, Bidart ou encore Guétary à fermer leurs plages et à interdire la baignade. Ostreopsis ovata nous vient des Tropiques. On l'a repérée la première fois en 1972 dans la rade de Villefranche mais elle était auparavant implantée en Italie, notamment à Gênes. En petit nombre, l'algue est inoffensive mais elle peut provoquer de graves intoxications, de la fièvre, des nausées, des irritations lorsqu'elle prolifère.

L'archive en tête d'article date du 25 juin 2007, à l'époque ostreopsis était placée sous haute surveillance par les scientifiques car elle était désormais présente en Méditerranée où elle se développait à très faible profondeur, près des rivages.... Et donc des plages. Roger Kantin, ingénieur Ifremer, dressait le portrait de cette indésirable, repérée l'année précédente près de Frioul et qui avait nécessité la fermeture de la plage : "Car elle provoque des irritations". On ne savait pas grand chose alors sur cette algue exotique, si ce n'est qu'elle aimait "la chaleur et la luminosité".

Rodolphe Lemée, maître de conférence à l'observatoire de Villefranche, estimait pour sa part qu'il y avait certainement "d'autres facteurs aux conditions de sa prolifération qu'on ne connait pas encore car si il y avait simplement la température et la lumière, elle pourrait se développer partout".

Une étude menée à partir de 2008

A l'époque, l'Ifremer, l’observatoire de Villefranche et l'observatoire du littoral de Nice attendaient le feu vert - et un budget de 120 000 euros - pour lancer une étude plus approfondie. Un an après, l'étude était prête à démarrer au laboratoire de Villefranche. Des prélèvements avaient été effectués à Gênes en Italie et à Marseille. Il faudrait encore deux années supplémentaires pour en savoir plus sur ces "amas gélatineux, inoffensives [les algues] en petit nombre mais toxiques lorsqu'elles se multiplient". Pour les prélèvements, des étudiantes en écologie avaient été chargées de se mettre à l'eau pour récupérer ces organismes.

D'orès et déjà, sa présence "un peu partout en Méditerranée", inquiétait ces chercheurs. L'Ifremer avait établi des taux au-delà desquels elles deviendraient dangereuses et établissait, en outre, une corrélation entre l'augmentation des températures des eaux de surface en Méditerranée et leur prolifération. Le 25 juillet 2008, à peine quelques jours après le reportage précédent, une plage de Villefranche devait être fermée après l'observation d'un taux élevé d'ostreopsis. Interdiction de la baignade et information des professionnels de santé, la mairie restait optimiste.

En 2015, l'enquête des scientifiques avait bien avancé. Les chercheurs de l'Ifremer se considéraient comme des lanceurs d'alerte, entre surveillance des eaux et identification des causes de développement de ces micro-algues toxiques. Les échantillons d'ostréopsis révélaient le lien entre l'évolution du climat et celui des fonds marins (réchauffement de l'eau, acidification)…

En aout 2021, l'apparition de l'algue ostreopsis au pays basque a étonné, comme le précisait Sarah Halimi de l’ONG Surfrider Foundation dans une interview accordée à France info, le 10 août 2021 : "C'est vraiment un phénomène qu'aujourd'hui, on a du mal à comprendre et du mal à cerner puisque, comme je disais, l'algue étant tropicale, elle aime une eau chaude, des milieux calmes, peu de profondeur, ce qui ne sont pas vraiment les caractéristiques de la côte basque." Les chercheurs vont devoir percer ce nouveau mystère.

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