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OFF- DOUBLON/En 1994, Benoîte Groult défendait déjà la féminisation des titres et des fonctions

OFF- DOUBLON/En 1994, Benoîte Groult défendait déjà la féminisation des titres et des fonctions

L'Académie française envisage d'accepter la féminisation des titres et fonctions. Une commission devrait prochainement annoncer sa décision. Un vieux combat que Benoîte Groult menait déjà en 1994 lorsqu'elle dénonçait le sexisme de la langue française.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 22.02.2019 - Mis à jour le 18.06.2021

OFF- DOUBLON/En 1994, Benoîte Groult défendait déjà la féminisation des titres et des fonctions

L'Académie française envisage d'accepter la féminisation des titres et fonctions. Une commission devrait prochainement annoncer sa décision. Un vieux combat que Benoîte Groult menait déjà en 1994 lorsqu'elle dénonçait le sexisme de la langue française.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 22.02.2019 - Mis à jour le 18.06.2021
 

L'Académie française envisage d'accepter la féminisation des titres et fonctions. Une commission devrait prochainement annoncer sa décision. Un vieux combat que Benoîte Groult menait déjà en 1994 lorsqu'elle dénonçait le sexisme de la langue française.

En 1994 déjà, dans l'émission Français si vous parliez, animée par André Bercoff, Benoîte Groult, journaliste et aussi auteure très engagée en matière de féminisme, regrettait le sexisme de la langue française et revendiquait la féminisation des titres et fonctions.

"On est la secrétaire d'un patron, mais dans les postes supérieurs, on est madame le Secrétaire d'Etat..."

"Je trouve que le langage est très symbolique. C'est important d'être à l'aise dans les mots et de se désigner par un féminin comme on l'a toujours été. Au Moyen-Age, on était une "venderesse", on était une "tisserande" et tout à coup, aujourd'hui, par une espèce de réflexe frileux - dans les professions de prestige, parce que dans les professions ordinaires ça passe très bien – On est" agricultrice" mais on est "écrivain" ! Dès qu'on monte en grade. C'est lié au prestige. On est "la secrétaire d'un patron" mais dans les postes supérieurs, on est "madame le Secrétaire d'Etat". La "doyenne des Français" mais "madame le doyen à l'université". Donc, ce n'est pas la langue qui refusent, ce sont les têtes. Et on voudrait simplement régulariser. Pas changer de langage. Faire fonctionner le féminin pour les noms de métiers, c'est tout."

A André Bercoff qui lui demande si le Français est sexiste, elle répond par l'affirmative et ajoute que : "le Comité de l'Europe et l'UNESCO viennent tous les deux de prendre des décisions pour féminiser le langage, parce qu'on ne sait plus si on s'adresse à une femme ou à un homme quand on dit : le directeur de tel service, au lieu de dire la directrice. C'est la confusion des genres. Alors ces grandes entreprises ont recommandé à tous les Etats membres de l'Europe de féminiser les noms de métiers et de dire la déléguée, la conseillère fédérale en Suisse etc. Et en France, on est l'avant dernier pays d'Europe pour la représentation des femmes au Parlement. Il y a un domaine, celui de la langue et celui du pouvoir où les hommes s'accrochent à leur place et refusent d'ouvrir la porte aux femmes complètement."

En 2019, 25 ans après cette archive, une commission présidée par Gabriel de Broglie et composée de Danièle Sallenave, Michael Edwards et Dominique Bona doit publier un rapport sur ce sujet. Ce document, favorable à la féminisation des noms de métiers, sera soumis au vote des académiciens fin février ou début mars.


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