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1988, Arthur Miller : « Marilyn Monroe était condamnée dès sa naissance»

1988, Arthur Miller : « Marilyn Monroe était condamnée dès sa naissance»

Marilyn Monroe mourait il y a tout juste 60 ans, le 4 août 1962, à l'âge de 36 ans. Sex-symbole de l'Amérique des années 1950, actrice vedette d'Hollywood et chanteuse, son nom était connu dans le monde entier. La réalité de sa vie fut en réalité bien sombre, comme l'expliquait le dramaturge Arthur Miller, qui fut son dernier mari, sur le plateau d'«Apostrophes», en 1988.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 03.08.2022 - Mis à jour le 04.08.2022
 

Après un premier mariage à l'âge de 16 ans, et un très bref mariage avec la star du baseball Joe DiMaggio, en 1954, Marilyn Monroe épouse le dramaturge Arthur Miller, de onze ans son aîné, le 29 juin 1956, et en divorce le 24 janvier 1961. De nombreuses années après la mort de l'actrice, Arthur Miller est invité sur le plateau d'«Apostrophes», en 1988, pour évoquer notamment son souvenir, à l'occasion de la publication de son autobiographie, Au fil du temps, publiée en France aux éditions Grasset. Selon l'auteur des Sorcières de Salem et de Mort d'un commis voyageur, Marilyn « était condamnée dès sa naissance», en quelque sorte, à mourir jeune, et de façon tragique.

Sa vie intime, psychologique, portait de façon très forte les stigmates d'une enfance profondément malheureuse et déséquilibrée. « Sa mère était atteinte d’une maladie mentale, de schizophrénie et de paranoïa, raconte l'écrivain. Elle avait été internée à plusieurs reprises pendant l’enfance de Marilyn. Quant à son père, il s’était éclipsé, et donc elle a toujours été élevée par des étrangers. Et en plus ces gens-là étaient des fanatiques religieux. Etant donné qu’elle n’était pas légitime, c’était elle qui portait la responsabilité, qui devait porter le péché, elle se l’attribuait. Jusqu’à ce qu’elle ait atteint l’âge de 8, 9 ans ou même plus tard, c’est quelque chose qu’on lui a martelé dans le cerveau, à savoir qu’elle était le fruit du péché, et donc qu’elle portait un stigmate du fait même de sa naissance. D'ailleurs, un jour sa mère a essayé de la tuer en l’étouffant. »

Marilyn Monroe « pouvait sentir en pénétrant dans une pièce dans laquelle se tenaient 30 à 40 personnes, quel individu était orphelin [comme elle]. » L'art, le jeu d'actrice, était le moyen pour elle de chercher un peu de réconfort, un moyen de gagner un peu de confiance en elle dont elle était si dépourvue : « elle essayait de se rassurer, et d’obtenir auprès de son art une réassurance qu’elle ne pouvait obtenir [par ailleurs]. »

Pour appuyer ces souvenirs de l'écrivain américain, Bernard Pivot demande à l'acteur François Périer, également invité ce jour-là sur le plateau de l'émission, de lire un extrait du livre d'Arthur Miller à propos de Marylin Monroe.

Arthur Miller à propos de Marilyn Monroe
1988 - 02:21 - vidéo

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