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«L'égalité des chances pour les déficients visuels, c'est l'accès aux livres»

«L'égalité des chances pour les déficients visuels, c'est l'accès aux livres»

Mercredi 4 janvier 2023, le Centre de transcription et d'édition en Braille (CTEB) a annoncé que plus de 2000 livres en braille seront désormais accessibles au prix unique librairie. Une avancée pour permettre aux non-voyants d’accéder plus facilement à la culture. Une expérience avait déjà été tentée en ce sens en 1980. Elle concernait un livre scolaire.

Par Florence Dartois - Publié le 06.01.2023
 

L'ACTU.

C’est une bonne nouvelle, depuis le 4 janvier 2023, plus de 2000 livres en braille sont disponibles au prix unique librairie (mis en place par la loi Lang de 1981) qu’un ouvrage classique. Le prix de vente de ces livres proposés jusqu’alors en 60 et 122 euros seront désormais vendus entre 11 et 30 euros. Une initiative dont s’est félicité le CTEB, à la fois imprimerie en braille, librairie et maison d'édition, basée à Toulouse.

C’est une véritable révolution, car la fabrication d’un livre en braille est particulièrement onéreuse (environ 700 euros selon le CTEB). Elle nécessite en effet l’utilisation de machines sophistiquées, de papier plus épais donc plus cher, et surtout, un recours à des spécialistes chargés de la transcription du texte. Un processus de fabrication lourd et coûteux qui représentait jusqu’alors un obstacle à l’édition d’ouvrages à prix modérés. Nous avons pourtant retrouvé dans nos archives un reportage datant de 1981 qui annonçait la réalisation d’un livre scolaire de grammaire à prix réduit.

L’ARCHIVE.

En janvier 1981, une équipe du JT FR3 Nord-Pas-de-Calais s’était rendue à Loos (59), où on fabriquait la nouvelle grammaire de 3ème en braille, abordable bien que très imposante, « 5 volumes, au total, une bonne douzaine de centimètres ». Un livre d'autant plus extraordinaire qu'il avait été imprimé « en thermo-gravure », directement en braille. Pour en arriver là, il avait fallu adapter un thermo-graveur du commerce qui gravait des cartes de vœux. L’usage de cette nouvelle technologie faciliterait l'impression recto verso de livres qui seraient moins épais et donc moins chers. De plus, la thermo-gravure devait permettre, pour la première fois, d’imprimer des dessins pour les aveugles.

L’objectif affiché par le chef de projet était de ramener le livre en braille « au même prix que le livre pour le voyant » Pour y arriver, il avait fait appel à une société lilloise qui remplaçait la saisie manuelle du texte en braille par une « grosse machine » automatique. Le reportage montrait l’utilisation du dernier-né des prototypes construits à Loos, fruit de la collaboration entre l’entreprise nordiste et l’université de Lille : « un interpréteur traducteur en braille ». Cet automate traduisait en temps réel « la frappe au clavier d'un texte par une dactylographe voyante » et traduisait « ce texte en braille abrégé ». Il l'embossait ensuite, « sans l’aide d’un ordinateur central », précisait un ingénieur fier d’exhiber une carte mémoire performante (de 12 kilo-octets).

Égalité d'accès à la connaissance

L’avenir, ce serait, l'espérait-il, un appareil qui transcrirait à terme « automatiquement n’importe quel texte en braille ou en gros caractères », diminuant encore les coûts de fabrication des livres. L’entreprise visait aussi une « miniaturisation pour usage individuel ».

Avec cette technologie, le chef de projet rêvait de mettre un terme à l’inégalité entre voyants et non-voyants : « le problème technique principal des déficients visuels, c'est l'accès à la connaissance (...) il est certain que l'égalité des chances pour les déficients visuels, c'est l'accès aux livres », insistait-il. D’où l’importance de « la fabrication du livre en masse » et la fabrication de texte permettant l’accès à l'information en « braille éphémère », comme la presse.

À Loos, une bibliothèque informatique devait être mise en place pour stocker toutes ces données, avec l'aide financière de l’Éducation nationale. De plus, tous les organismes concernés par ce projet venaient de créer une fondation.

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