Aller au contenu principal
Les Rave-parties : rêve ou cauchemar ?

Les Rave-parties : rêve ou cauchemar ?

Jusqu'au 9 août, la Philharmonie de Paris présente l'exposition "Rêve électro", un incursion dans cette musique qui fait danser la planète depuis plus de 30 ans. L'occasion pour ina.fr de revenir sur le phénomène des rave-parties.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 06.04.2018 - Mis à jour le 06.04.2018

Les Rave-parties : rêve ou cauchemar ?

Jusqu'au 9 août, la Philharmonie de Paris présente l'exposition "Rêve électro", un incursion dans cette musique qui fait danser la planète depuis plus de 30 ans. L'occasion pour ina.fr de revenir sur le phénomène des rave-parties.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 06.04.2018 - Mis à jour le 06.04.2018
Rave party - 1996 - 09:32 - vidéo
 
Rave party - 1996 - 09:32 - vidéo

C'est au début des années 90 que les boîtes de nuit underground de Chicago et Detroit développent la musique électro. Si cette musique a fait danser partout dans le monde, elle a aussi donné naissance une vaste culture musicale, elle possède également une dimension politique et contre-culturelle.

"Depuis 2010, la musique électro ne se réduit plus aux seuls festivals, fêtes et rave-parties auxquels elle est naturellement associée : elle s’impose comme une tendance artistique majeure de la culture contemporaine. Accompagnant la révolution numérique et détrônant la culture du rock, la dance music électronique, dont les genres fondateurs sont la house et la techno, est née il y a plus de trente ans, dans les boîtes de nuit underground de Chicago et Detroit. Grâce au talent et à la créativité de musiciens et DJ noirs américains, cette musique a conquis l’Europe par le phénomène clandestin des rave-parties." (Source : Jean-Yves Leloup, commissaire de l'exposition "Rêve électro" à la Philharmonie de Paris du 9 avril au 9 août 2018)

La France aussi...

Les rave-parties déboulent en France au tout début des années 90 dans la mouvance anglo-saxonne dont les fêtards ont désertés les boîtes de nuit pour continuer la fête dans des forêts ou des usines désaffectées.

L'émission Témoin en 1996 décrit ainsi les rave-parties : "Dans ce genre de soirée, rien n'est interdit et les délires les plus fous sont possibles… D'un phénomène de mode, elles sont vites passées à un phénomène de société. 2000, 3000, jusqu'à 8000 jeunes peuvent se rassembler pour communier et pour danser toute la nuit sur de la musique techno, une musique d'ordinateur saccadée et répétitive avec un tempo ultra rapide qui peut atteindre les 240 battements par minute. Une musique et des rassemblements qui font peur à la population et aux autorités. Tolérées hier, interdites aujourd'hui, les raves sont donc devenues clandestines et illégales. Les organisateurs sont poursuivis automatiquement par la justice et les jeunes de 18 à 25 ans qui les fréquentent sont systématiquement contrôlés. Ce qui fait peur, c'est bien-sûr la drogue ou Extasy. La pilule de l'amour circule partout. Pour d'autres, il n'y a pas plus de drogue dans les raves que dans les boîtes de nuit ou les concerts… Difficile de pénétrer dans ses soirées avec une caméra car les organisateurs en ont marre que les medias associent raves et drogue […] Peu à peu les organisateurs de ces rassemblements vont tenter de de transformer l'image de ces fêtes et développer des opérations "Mains propres".

Souvent clandestines, ces soirées investissent des endroits éloignés (hangars, champs...) au grand dam des ruraux qui voient leurs villages tranquilles envahis par d'étranges hordes de "teufers" bien étranges à leurs yeux. En 1996, le village de Sompuis est envahi par un millier de personnes et la gendarmerie est débordée.

En 2009, dans l'Eure, 10 000 "ravers" des villes investissent les champs de Bouafles.

L'incompréhension s'installe entre les ruraux, les "ravers" ivres de musique et de cocktails chimiques… En 2004, on attend entre 30 et 50 000 personnes à Chambley. Pour les habitants d'Hageville, un village tout proche, pas de crainte mais de la circonspection. Les villageois redoutent le bruit et le fait que les animaux puissent être effrayés. Cependant, les organisateurs promettent de dédommager tous désagréments qui pourraient être causés aux habitants des alentours. De leur côté les jeunes viennent pour retrouver un esprit festif entouré de leurs amis… . Ce paysan parle-t-il de ses vaches ou des "teufers" ? "Quand le son est fort ils risquent de sauter au-dessus des clôtures…"

Raves et prévention

Quant à la police, elle tente de faire régner l'ordre et multiplie les contrôles. 

Des drogues dures ou douces, personne n'est dupe sur l'usage des stupéfiants dans ces soirées. Faute de pouvoir l'interdire, les associations contre les drogues sont présentes pour sensibiliser les raveurs aux conduites à risque, comme au Teknival de Prévalaye, près de Rennes en 2004.

2016. Une rave s'organise dans un hangar désaffecté près de Montargis. Environ 3000 teufeurs sont sur place. Encadrée par des gendarmes et des associations de prévention, la fête bat son plein.

Pour aller plus loin

Le happening "Trans Paris rêves" au Quai de la gare à Paris, sous un chapiteau perdu au beau milieu d'un terrain vague en 1991. 

Rave-partie dans un entrepôt de Saint Ouen en 1993.

Reportage en 2000. Dans la Marne, le village de Marigny a vu débarquer près de 15000 personnes pour une rave-party. 


S'orienter dans la galaxie INA

Vous êtes particulier, professionnel des médias, enseignant, journaliste... ? Découvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les réseaux sociaux, inscrivez-vous à nos newsletters.

Suivre l'INA éclaire actu

Chaque jour, la rédaction vous propose une sélection de vidéos et des articles éditorialisés en résonance avec l'actualité sous toutes ses formes.