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"Les passantes" : le vibrant hommage de Georges Brassens à toutes les femmes

"Les passantes" : le vibrant hommage de Georges Brassens à toutes les femmes

Georges Brassens était lui-même poète mais il lui arrivait de mettre des poètes en musique. C'est le cas de cette magnifique ode aux femmes d'Antoine Pol que l'artiste s'était appropriée.

Par Florence Dartois - Publié le 20.10.2021
Georges Brassens "Les Passantes" - 1977 - 04:17 - vidéo
 

Avant d'être une chanson de Georges Brassens, Les Passantes est un poème d'Antoine Pol, que le chanteur a mis en musique en 1972, lui conférant ainsi une autre notoriété. Il l'interprète ici, le 19 novembre 1977, dans l'émission de variétés "Numéro un".

Antoine Pol écrit ce poème en 1911, mais il ne le publiera qu'après la guerre en 1918, dans le recueil Émotions poétiques. Georges Brassens racontait qu'il avait découvert le livre chez un bouquiniste en 1942, alors qu'il cherchait l'inspiration. Subjugué par ce texte qui résonnait sans doute avec sa propre expérience des femmes, il passera plusieurs années à le mettre en musique. Sa mélodie apportera finalement la touche supplémentaire de nostalgie nécessaire au texte romantique. Il obtient l'autorisation du poète lui-même de le chanter en 1970. La chanson sort deux ans plus tard dans l'album Fernande. Il la crée à Bobino en décembre 1972.

Si seulement

Dans Les passantes, le poète décrit une vision idéalisée de la femme. De toutes les femmes, si proches et pourtant si lointaines, objets fantasmés d'un désir inassouvi. Celle qui rendra l'homme, sans même le savoir, à jamais insatisfait et malheureux. Ces passantes, ce sont ces femmes croisées au hasard de la vie, dans un train, derrière une fenêtre ou dans la rue, Des ombres légères, à peine aperçues et déjà disparues. Elles auraient sans doute pu transformer votre destin. Ce poème est une ode nostalgique au temps qui passe, à l'amour que l'on aurait pu connaître si seulement on avait osé l'aborder. Un hommage aux femmes et à leur pouvoir créateur : celui de mettre de la poésie dans la vie.

"Je veux dédier ce poème

À toutes les femmes qu'on aime

Pendant quelques instants secrets

À celles qu'on connaît à peine

Qu'un destin différent entraîne

Et qu'on ne retrouve jamais

 

À celle qu'on voit apparaître

Une seconde à sa fenêtre

Et qui, preste, s'évanouit

Mais dont la svelte silhouette

Est si gracieuse et fluette

Qu'on en demeure épanoui

 

À la compagne de voyage

Dont les yeux, charmant paysage

Font paraître court le chemin

Qu'on est seul, peut-être, à comprendre

Et qu'on laisse pourtant descendre

Sans avoir effleuré la main

 

À celles qui sont déjà prises

Et qui, vivant des heures grises

Près d'un être trop différent

Vous ont, inutile folie

Laissé voir la mélancolie

D'un avenir désespérant

 

Chères images aperçues

Espérances d'un jour déçues

Vous serez dans l'oubli demain

Pour peu que le bonheur survienne

Il est rare qu'on se souvienne

 

Des épisodes du chemin

 

Mais si l'on a manqué sa vie

On songe avec un peu d'envie

À tous ces bonheurs entrevus

Aux baisers qu'on n'osa pas prendre

Aux cœurs qui doivent vous attendre

Aux yeux qu'on n'a jamais revus

 

Alors, aux soirs de lassitude

Tout en peuplant sa solitude

Des fantômes du souvenir

On pleure les lèvres absentes

De toutes ces belles passantes

Que l'on n'a pas su retenir."

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