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Le nom de la Rose : Sherlock Holmes au Moyen Age

Le nom de la Rose : Sherlock Holmes au Moyen Age

Le 17 décembre 1987 sortait en salles « Le nom de la Rose », de Jean-Jacques Annaud, un film inspiré du roman éponyme d’Umberto Eco. Retour sur un grand succès.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 15.12.2016 - Mis à jour le 17.12.2019

Le nom de la Rose : Sherlock Holmes au Moyen Age

Le 17 décembre 1987 sortait en salles « Le nom de la Rose », de Jean-Jacques Annaud, un film inspiré du roman éponyme d’Umberto Eco. Retour sur un grand succès.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 15.12.2016 - Mis à jour le 17.12.2019
 
Le 17 décembre 1987 sortait en salles « Le nom de la Rose », un film inspiré du roman éponyme d’Umberto Eco. Jean-Jacques Annaud y dépeignait admirablement ce « polar gothique » où un moine franciscain, interprété par Sean Connery, était confronté à de mystérieuses énigmes.

En l’an de Grâce 1327, dans une abbaye bénédictine du nord de l’Italie sise au sommet d’une plaine morne et humide, des moines sont retrouvés assassinés. L’un après l’autre, ils disparaissent dans des circonstances suspectes et sont retrouvés dans des mises en scènes macabres évoquant les récits de l’Apocalypse. Le héros, Guillaume de Baskerville, un moine franciscain, et son novice, Adso de Melk, mènent l’enquête…

« Le nom de la Rose », chef-d’œuvre d’Umberto Eco

Lorsque Umberto Eco, célèbre linguiste, sémiologue et médiéviste italien décide d’écrire son premier roman, « Le nom de la Rose », en 1980, il mélange ses passions pour le Moyen Age, la littérature, la symbolique en un polar fascinant et plein d’érudition. Le succès est immédiat, tant le lecteur est captivé par cet univers proche et lointain à la fois, par cette enquête fascinante dont les ressorts paraissent échapper aux règles traditionnelles du roman policier.

En 1982, « Maître » Eco était l’invité de Bernard Pivot. L’occasion d’une discussion passionnante autour de ce roman que semblent apprécier les autres invités du plateau, notamment Hector Bianciotti.

En 1982, Umberto Eco présente « Le nom de la Rose » sur le plateau d’Apostrophes

La même année, l’intellectuel italien reçoit le prix Médicis étranger pour son roman. Interviewé par Antenne 2, il évoque l’importance fondamentale de la symbolique pour la société médiévale, obsédée par tout signe dans la nature et les choses. Progressivement, certains hommes du Moyen Age acquièrent une pensée plus rationnelle, plus « moderne », et contestent la signification religieuse et symbolique du monde réel.  « Le nom de la Rose » se situe au carrefour de ces deux univers.

Umberto Eco reçoit le prix Médicis du meilleur roman étranger, en 1982

De la littérature au cinéma

Passionné par cette histoire, Jean-Jacques Annaud transpose « Le nom de la Rose » au cinéma, en 1986. Le réalisateur de « La guerre du feu » se demande d’abord comment recréer cet univers si particulier, et décide de se lancer dans l’aventure.

Le choix de Sean Connery

Pour le choix du personnage principal, le moine et ancien inquisiteur Guillaume de Baskerville – une référence à Sherlock Holmes –, qui va mener avec intelligence l’enquête, Jean-Jacques Annaud fait auditionner de nombreux acteurs. S’il pense à Sean Connery, il craint qu’il ne fasse trop penser à James Bond. La rencontre avec l’acteur écossais le séduit, et le tournage se passe admirablement bien.

Invité de Christophe de Chavannes, Jean-Jacques Annaud évoque son admiration pour Sean Connery

En direct de Montpellier à une première du film, Jean Jacques Annaud évoque le film et le choix de l’acteur de James Bond

« Un polar mystique »

La sortie du film coïncide avec une époque où de nombreux sujets religieux et mystiques sont portés à l’écran. La référence à l’Histoire a en effet intéressé le réalisateur, mais c’est bien le mélange des genres qui a poussé Jean-Jacques Annaud à faire le film. Anecdote amusante, le cinéaste comique américain Mel Brooks, ami de Jean-Jacques Annaud, s’est intéressé à des sujets semblables. Ils se sont mutuellement « autorisés » à traiter dans leurs films de la guerre du feu et de l’Inquisition.

Dans Clap 3, Jean-Jacques Annaud évoque son film comme un « polar mystique » et raconte une anecdote sur Mel Brooks

Des décors titanesques

L’équipe du film sillonne l’Europe à la recherche de l’endroit parfait qui donnerait ce cachet mystérieux et inquiétant à l’abbaye bénédictine décrite dans le roman. C’est finalement le choix du décor construit spécialement pour le film qui sera retenu. Cet ambitieux projet est confié à l’Italien Dante Ferretti, scénographe, collaborateur des plus grands réalisateurs italiens ou américains. Le résultat est à la hauteur des attentes, avec le plus grand décor d’Europe construit depuis « Cléopâtre ».

Dans Clap 3, Jean-Jacques Annaud raconte la construction des décors par Dante Ferretti

« James Horner, un jeune inconnu plein de talent »

La musique du film, autre réussite artistique, est confiée au jeune compositeur américain James Horner. A l’époque, il est encore peu connu du grand public. Jean-Jacques Annaud le décrit avec enthousiasme comme un futur grand musicien. En effet, une dizaine d’années après, il deviendra avec notamment « Braveheart », « Titanic » ou « Avatar » l’un des compositeurs incontournables d’Hollywood.

Jean Jacques Annaud évoque le compositeur de la musique, James Horner

Tourner dans le froid et l’humidité

L’une des impressions les plus marquantes à la vision du film est cette sensation de froid humide pénétrant, ce brouillard mystérieux qui semble vouloir cacher les mystères inavouables de l’abbaye. Le réalisateur évoque avec humour les péripéties du tournage, notamment lorsque Sean Connery, assez peu enclin à tourner en sandales de moine, tombe malade. Mais malgré tout, l’entente entre les différentes nationalités engagées dans le tournage du film s’est révélée excellente, comme si les différents protagonistes avaient conscience de participer à un grand moment de cinéma….

Quand Sean Connery prenait froid sur le tournage


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