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Le loup en France : entre fascination et répulsion

Le loup en France : entre fascination et répulsion

Ces dernières semaines, les signalements de loups se multiplient en France : parc national des calanques à Marseille, Haute-Vienne, Savoie et même Ile-de-France.  Depuis des siècles, le loup est fantasmé, traqué ou tué. Il est pour beaucoup l’ennemi public numéro 1.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 13.12.2021 - Mis à jour le 13.12.2021

Un couple de loups a été repéré dans le parc national des calanques à Marseille. Le loup est présent dans la région depuis 30 ans.  Dans son dernier bilan national, l'office français de la biodiversité (l'OFB) souligne que « pour la région Provence Alpes Côte d'Azur, on enregistre une hausse très significative du nombre d'indices relevés avec 1 788 indices collectés contre 1 150 pour l'hiver précédent. »

Ces dernières semaines, les signalements de loups se sont multipliés en France : Haute-Vienne, Savoie et même en Ile-de-France.  Depuis des siècles, le loup est fantasmé, traqué et même tué. Il est pour beaucoup l’ennemi public n°1. Mi-novembre, l'OFB avait estimé à 624 le nombre de loups en France.

Le retour du loup

Ce montage en tête d'article revient sur la présence de l'animal en France au fil du temps. Notre incursion en archives débute en 2017, année où le «canis lupus» avait été observé en région parisienne. A l'époque, pour deux associations, cela ne faisait plus aucun doute, le loup était bien de retour en Ile-de-France. Mais ce n'était pas une première. En 1963, les Franciliens suspectaient déjà un retour de la bête dans la région. Objectif au poing, les reporters des Actualités Françaises s'élançaient sur ses traces avec beaucoup de dérision : « Soucieux de vérifier le bien-fondé de certaines affirmations éminemment troublantes, nos reporters à leur tour se sont mis en chasse. Bardés de télé-objectifs, ils se sont lancés sur la trace des animaux fabuleux. L’émotion les guettait au détour d’un sentier. Là, la bête ! »

Pour lutter contre cette image négative gravée dans l'inconscient collectif, en 1962, en Lozère, le journaliste Gérard Ménatory créait le parc à loups du Gévaudan. Une volonté de démystifier l’animal comme il l'expliquait en 1970 : « Depuis le Petit Chaperon rouge, et même avant sûrement, tout a contribué à faire du loup l’image de l’animal terrible, alors qu’en réalité ce sont eux qui ont peur. Ils sont traumatisés par la présence de l’homme qui leur en a fait voir pendant des siècles et des siècles ».

Exterminés dans les années 30, les loups ont entamé un retour naturel en France dès 1992, par le massif du Mercantour, dans les Alpes. Et les Français sont toujours majoritairement favorables à leur présence. En 2017, 72% d’entre eux estimaient que le loup avait sa place dans l’Hexagone.  En revanche, 24% étaient encore un peu réticents.  Car le loup cristallise encore quelques peurs ancestrales.

Des éleveurs exaspérés

Pour nombre d’éleveurs français par exemple, le loup est toujours vu comme l’ennemi public n°1.  Selon eux, les attaques de loups en France seraient en constante augmentation. En 1997, des éleveurs dénonçaient ce phénomène aux côtés de leurs bêtes : « Les éleveurs se plaignent des attaques régulières des loups dans le Mercantour. Aujourd’hui, ils sont une vingtaine dans le parc national. Pour les bergers, la collaboration avec ces bêtes est ingérable, certaines solutions sont radicales. Il faut abattre le loup directement ! »

Depuis cette archive, les conflits entre éleveurs et autorités n'ont pas cessé. En 2020, dans un arrêté de tir de loups signé le 23 octobre, les ministères de l’Environnement et de l’Agriculture ont autorisé l’abattage de 121 loups, soit 21 % de la population de loups estimée. Ce sont finalement 105 loups qui ont été décomptés du plafond dont 97 abattus. En 2021, soit 19 % de la population de loups estimée. La survie du loup dépendra des accords trouvés car malgré ses apparitions dans plusieurs régions françaises, l'animal figure toujours sur la liste rouge des animaux menacés

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