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Le FN en 2013 : "des visages ordinaires qui défilent fièrement"

Le FN en 2013 : "des visages ordinaires qui défilent fièrement"

Selon un baromètre publié lundi 10 mai pour franceinfo et "Le Monde", les Français n'auraient plus peur du Rassemblement national de Marine Le Pen. Il semblerait que le processus de "dédiabolisation" entamé en 2013 commence à porter ses fruits.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 10.05.2021 - Mis à jour le 10.05.2021

Le FN en 2013 : "des visages ordinaires qui défilent fièrement"

Selon un baromètre publié lundi 10 mai pour franceinfo et "Le Monde", les Français n'auraient plus peur du Rassemblement national de Marine Le Pen. Il semblerait que le processus de "dédiabolisation" entamé en 2013 commence à porter ses fruits.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 10.05.2021 - Mis à jour le 10.05.2021
Les nouveaux électeurs du Front national - 2013 - 02:37 - vidéo
 
Les nouveaux électeurs du Front national - 2013 - 02:37 - vidéo
Selon un baromètre réalisé par Kantar Public pour franceinfo et "Le Monde", les Français n'auraient plus peur du Rassemblement national de Marine Le Pen. Il semblerait que le processus de "dédiabolisation" entamé en 2013 commence à porter ses fruits.

Selon cette enquête réalisée du 29 avril au 4 mai 2021, sur un échantillon de 1015 personnes, seuls 49% des sondés estiment que le parti d'extrême droite représente un danger pour la démocratie française. Une première depuis 2013 selon ce baromètre. Voici justement l'occasion de retourner en 2013, année où Marine Le Pen, soutenue par Florian Philippot, entamait la transformation de l'image de son parti, fondé par son père Jean-Marie Le Pen. Un père omniprésent et dont les dérapages verbaux réguliers participaient à "diaboliser" le parti.

Nous vous proposons de regarder un extrait du reportage diffusé le 16 mai 2013 dans l'émission de France 2, "Complément d'enquête". Réalisé quelques jours plus tôt dans le cortège du 1er mai, il souligne la mutation en cours et déjà visible dans les rangs des sympathisants. En tête du défilé, Dominique Morel, vice-secrétaire départemental FN du Puy de Dôme, se réjouit et envisage l'avenir avec optimisme : "Tout a changé depuis l'arrivée de Marine, une nouvelle population nous a rejoints, en particulier des femmes, des jeunes, mais en particulier la catégorie des ouvriers, des paysans. Ce qui fait que notre socle s'est élargi et que pour la prise du pouvoir, nous avons besoin en particulier de cette jeunesse, de ce monde ouvrier…" De fait, ce jour-là, le commentaire souligne que les manifestants sont "venus de tous les horizons".

Symbole

Parmi la foule, une ancienne militante socialiste, son plus beau souvenir, un certain 10 mai 1981, l'élection de François Mitterrand, le premier président socialiste, dont elle se souvient avec émotion. Mais, ce 1er mai, sous les bannières bleu, blanc rouge, elle avoue sa déception : "Mais maintenant, j'ai compris. Maintenant, ma place est ici, au Front national. J'ai été déçue, abusée, trahie par ceux auxquels j'avais adhéré pendant longtemps. Et il ne s'est rien passé". Dominique représente alors le symbole du nouveau visage du FN. Terminé les crânes rasés, les bombeurs disparus, remplacés "par des visages ordinaires qui défilent fièrement, certains pour la première fois. On vient de toute la France en famille. L'ambiance est bon enfant". La caméra capte des slogans inattendus, empruntés à la gauche. En ce 1er mai 2013, Marine Le Pen a semble-t'il réussi son pari, rendre le Front national "plus lisse, détendu, qui séduit de plus en plus de Français". Et les militants décomplexés s'avouent prêts désormais à diriger la France.

Ce que dévoile ce nouveau baromètre paru le 10 mai 2021 c'est que les Français semblent de moins en moins nombreux à voir le Rassemblement national comme un danger pour la démocratie. Pour 24% des personnes sondées, Marine Le Pen ferait même une bonne présidente de la République. 

Florence Dartois

A regarder aussi cet autre extrait de "Complément d'enquête" :

Des militants socialistes à propos du vote Front national 

Pour aller plus loin :

A Lormont en 1995, les habitants, dont certains de gauche, avaient voté Front national car ils en avaient ras-le-bol face à des partis "qui vivent dans un autre monde". (24 avril 1995)

En 1984, dans le magazine "Vendredi", un français témoignait de manière anonyme sur son vote au Front national. "Je vote opportuniste : Le Pen. Avant je votais Mitterrand"… (3 février 1984)

Dans la même émission, Une ancienne électrice de gauche votait elle aussi Le Pen mais le regrettait. (3 février 1984)

2002 : le FN au second tour. (Article)

28 avril 2002 : la gauche appelle à faire barrage au FN. (Article)

A voir sur madelen :

Le Diable de la République : 40 ans de Front national.
De sa création par des membres de l’Ordre nouveau en 1972 à l’aube de 2012, retour sur l’histoire du Front National, la figure écrasante du chef et sa fille Marine qui portera pour la cinquième fois la candidature d’un Le Pen comme chef d’État. Archives et entretiens avec des personnalités politiques illustrent ces 40 ans du Front familial. (1H30 — 30-11-2011 — Réal : Jean Charles Deniau/Emmanuel Blanchard)


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