Aller au contenu principal
Le danger du soda trop sucré était déjà pointé en 1982

Le danger du soda trop sucré était déjà pointé en 1982

Le joueur de foot Ronaldo a fait chuter les cours de Coca-Cola en déplaçant deux bouteilles du soda hors du champ des caméras lors d'une conférence de presse. Très à cheval sur la diététique, le joueur a voulu signifier son refus de consommer ces boissons sucrées. Dès la fin des années 70, des études alertaient sur les conséquences nocives d’une consommation excessive de sodas.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 11.07.2019 - Mis à jour le 18.06.2021

Le danger du soda trop sucré était déjà pointé en 1982

Le joueur de foot Ronaldo a fait chuter les cours de Coca-Cola en déplaçant deux bouteilles du soda hors du champ des caméras lors d'une conférence de presse. Très à cheval sur la diététique, le joueur a voulu signifier son refus de consommer ces boissons sucrées. Dès la fin des années 70, des études alertaient sur les conséquences nocives d’une consommation excessive de sodas.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 11.07.2019 - Mis à jour le 18.06.2021
Alimentation : le sucre - 1982 - 04:25 - vidéo
 
Alimentation : le sucre - 1982 - 04:25 - vidéo

Le 14 juin, lors d'une conférence de presse, Cristiano Ronaldo a réalisé un geste qui a fait perdre près de 4 milliards de dollars à Coca Cola. Visiblement dérangé de voir des bouteilles du célèbre soda sponsor de l'Euro 2021 placées devant lui, la star portugaise a déplacé les bouteilles de façon à les faire disparaître du champ de la caméra, avant de brandir une bouteille d'eau. Le prix d'une action Coca-Cola est passé de 56,10 dollars à 55,22 dollars juste après la conférence de presse, comme l'a relevé le quotidien espagnol Marca. Un rapport de l’Inserm sorti début juillet 2019, précisait qu'une canette de soda par jour suffisait à nuire à la santé. Mais, ce constat, il était déjà fait dès la fin des années 70, et de nombreuses études alertaient alors sur les conséquences d’une consommation excessive de sodas sucrés. Ces risques pour la santé étaient identifiés dès la fin des années 70 et en particulier dans ce magazine de 1982. Dans le reportage proposé en début d'article et diffusé dans le magazine C'est la vie, consacré à la consommation de sucre des Français, on posait la question des sodas. Dans le reportage d'Elisabeth Eiselé, le docteur Astier-Dumas, conseil juridique en hygiène publique, était formelle : les risques pour la santé de la saccharine présente dans ces boissons étaient connus. "Ces produits [saccharine] ont été taxés d'un pouvoir cancérigène...", disait-elle.

inavideo

Au début du magazine, Jean-Claude Allanic exposait que les Français consommaient trop de sucre, environ 36kg par an et par personne. Un sucre présent principalement dans les boissons et les aliments. En France, à l'époque, les consommateurs n'avaient pas le choix entre sodas avec sucre (vingt morceaux de sucre par boisson) ou sodas avec édulcorants artificiels. La journaliste Elisabeth Eiselé demande pourquoi les édulcorants de synthèse sont interdits dans la fabrication des boissons en France au docteur Astier-Dumas : "Nous pensons que ces produits sont en majorité consommés par les enfants et à partir de ce moment-là, nous préférons qu'ils ne soient pas additionnés à des produits dont la sécurité nous parait, disons, hypothétique, en tout cas non démontrée parfaitement."

"Ces produits ont été taxés d'un pouvoir cancérigène..."

La scientifique cite notamment la saccharine dont les contrôles sont difficiles à faire : "Ces produits ont été taxés d'un pouvoir cancérigène et nous pensons qu'il n'est pas nécessaire d'en donner à des enfants jeunes." Pourtant la saccharine était en vente libre dans les pharmacies, une contradiction qui ne semblait pas choquer la scientifique : "car en pharmacie, il y a des tas de produits qui ont des activités, ou thérapeutiques, ou toxiques et qui sont en vente plus ou moins libre, parce que c'est dans l'essence du médicament de posséder un certain risque toxique."

Du côté des fabricants de sodas, on trépignait d'impatience. Interrogé sur l'interdiction des édulcorants dans l'hexagone, Jacques Crenon, directeur gérant Pepsi Cola France, avait son opinion sur la législation française qui interdisait l'ajout de ces substances aux sodas. Il l'imputait au lobby des betteraves : "il y a peut être le résultat d'une certaine politique économique. Très certainement en France, un pays qui produit le double du sucre dont il a besoin. Il y a très certainement le désir de protéger l'industrie betteravière et l'industrie du sucre."

L'étude parue le 10 juillet 2019 dans The British Medical Journal (BMJ) et réalisée sur 100 000 Français, pointe les sodas mais aussi les jus de fruits consommés chaque jour. Un verre de 10 cl augmenterait de 18 % le risque de cancer, et de 22% celui du sein, selon cette étude.

Florence Dartois

Pour aller plus loin : 

En 1979 déjà, le sucre était critiqué. Ce constat de la présence massive de sucres dans les boissons était analysé toujours dans le magazine C'est la vie, en 1979.

"Selon une étude réalisée par le centre de recherches Foch et par les diététiciennes françaises, près de 80% des enfants interrogés admettent qu'ils boivent beaucoup moins d'un litre d'eau par jour... sil les filles choisissent plus facilement l'eau, ce sont les garçons de 13 à 15 ans qui consomment le plus de boissons sucrées, mais aussi de vin et de bière. Et une fois les habitudes prises, il est difficile d'en changer."

Dans la même émission, deux ans plus tard, en 1981, le médecin-pédiatre Vermeil est catégorique : ces boissons contiennent "de très grandes quantités de sucre de type saccharose, c'est un sucre très rapidement assimilable qui fait un énorme apport d'un seul coup et qui provoque la mise en route de tous les systèmes de régulation et l'obligation de stocker cette quantité de sucre et très souvent la transformer en graisse." Parmi les autres risques pour les enfants, il identifie celui des caries. et conseille aux parents une boisson favorable aux enfants : "l'eau ! Tout court. Du robinet."

Les édulcorants

En France, c’est à la fin des années 80 que les édulcorants sont autorisés à la vente en grande surface, et non plus uniquement dans les pharmacies. Enfin, en 1988, les industriels ont l’autorisation de les utiliser dans leurs produits afin de diminuer les teneurs en sucre sans pour autant impacter le goût sucré.

Les boissons à l'aspartame favorise le diabète des femmes (19 20. Edition nationale, 7 février 2013)

Vaincre la "maladie du soda". On l'appelle la maladie du soda, une atteinte grave du foie (également appelée Nash) qui n'est pas provoquée par la consommation d'alcool mais par celle de boissons sucrées, et une alimentation trop grasse. Seule une hygiène de vie irréprochable permet d'éviter l'opération. Le reportage nous entraîne dans le quotidien de patients du centre hospitalier de Lille, confrontés à cette pathologie. (12/13 Edition Nord-Pas-de-Calais, 2 mai 2017)

La taxe "soda"

Depuis le 1er juillet 2018, une nouvelle "taxe soda" est entrée en vigueur en France. Mise en place en 2012, elle concerne toutes les boissons sans alcool contenant des sucres ajoutés. Si auparavant elle était fixe, elle sera désormais proportionnelle aux quantités de sucre ajouté. En France, depuis 2013, l'ensemble des boissons contenant une quantité - même minime - de sucres ajoutés sont taxées à raison de 7,53 euros par hectolitres.

Taxe sur les sodas et boissons sucrées. En 2006 le gouvernement envisageait déjà de taxer les sodas, les nectars de fruits et les sirops au motif de lutter contre l'obésité et de renflouer les caisses de la Sécurité sociale. Micro-trottoir sur les taxes et interview d'Arnaud Cocaul, nutritionniste, qui pense que cela ne sera pas bénéfique...(JT de 13h00 de F2, 21 juillet 2006)


S'orienter dans la galaxie INA

Vous êtes particulier, professionnel des médias, enseignant, journaliste... ? Découvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les réseaux sociaux, inscrivez-vous à nos newsletters.

Suivre l'INA éclaire actu

Chaque jour, la rédaction vous propose une sélection de vidéos et des articles éditorialisés en résonance avec l'actualité sous toutes ses formes.