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La jeunesse désabusée des Olympiades, dans le 13e arrondissement de Paris, en 1978

La jeunesse désabusée des Olympiades, dans le 13e arrondissement de Paris, en 1978

Le dernier film du réalisateur Jacques Audiard qui sort ce mercredu 3 novembre en salle, se déroule aux Olympiades, un quartier vertical du 13e arrondissement de Paris. Comment y vivaient les jeunes à la fin des années 1970 ? Réponse en images.

Par Florence Dartois - Publié le 03.11.2021
Les jeunes révoltés des Olympiades - 1978 - 01:18 - vidéo
 

Le cinéaste français Jacques Audiard fait son retour sur grand écran avec "Les Olympiades". L'action de son film, en salle ce mercredi 3 novembre, se déroule dans les tours des Olympiades, construites par l'architecte Michel Holley entre 1969-1977. Une succession de tours sur une dalle de béton. Le cinéaste y a posé ses caméras fin 2020 pour y raconter un drame librement inspiré des romans graphiques de l’auteur américain Adrian Tomine, disciple de Daniel Clowes, également connu pour ses illustrations à la fois drôles et mélancoliques pour le New Yorker. 

Le film relate les amours multiples de quatre personnages, trois filles et un garçon, interprétés par Lucie Zhang, Makita Samba, Jenhny Beth, alias Camille Berthomier, la chanteuse du groupe franco-anglais Savages, et Noémie Merlant (la star de Portrait de la jeune fille en feu de la réalisatrice Céline Sciamma).

L'archive en tête d'article nous dresse le portrait de quelques jeunes qui vivaient dans ce 13e arrondissement urbanisé de la capitale à la fin des années 1970. Des jeunes désabusés et sans espoir, englués dans  leur environnement gris et froid. "On a l'impression de vivre dans le béton, c'est pourri !". "Moi je vis ici parce qu'il y a mes copains, il n'y aurait pas mes copains, c'est mort…". Un sentiment d'enfermement, accru par la surveillance constante dont ils faisaient l'objet depuis le PC de police incorporé à la cité : "Ici, aussitôt qu'on fait une connerie, on se fait attraper…", déplorait d'ailleurs l'un d'eux.

S'amuser au Stadium

Le seul endroit où les jeunes semblaient s'amuser c'était le Stadium.

Le lieu de ralliement de la jeunesse désœuvrée. Là, ils pouvaient pratiquer du sport. Lycéens, jeunes actifs, c'était l'endroit de toutes leurs rencontres : "Je passe ma vie au stadium car c'est le rendez-vous des camarades". Sur place, ils écoutaient beaucoup de rock, celui des débuts. Zouzou, la jeune comptable évoquait la nostalgie de cette époque qu'elle n'avait pas connue et qu'elle idéalisait comme tous ses copains arborant de magnifiques bananes gominées.

Les jeunes révoltés des Olympiades
1978 - 01:42 - vidéo

Leurs idoles :  Gene Vincent, Eddy Cochran, James Dean, ou Johnny Hallyday côté français. Leur génération, ils ne l'aimaient pas, c'est ce que proclamait Zouzou :  "On préfère celle d'avant, elle est pourrie celle de maintenant. C'est pourri : la drogue, les flics, à quoi ça sert ?"

Dans cet univers minéral, Zouzou poursuivait : "La société, elle est pourrie maintenant. On essaye de rêver. On rêve. On essaye de la revivre avec les disques, les films." Devant un poster de Johnny, les bras en croix, ils se lamentaient unanimement de leur sort, de leur mal être, de leur métier alimentaire…

Un ensemble conceptuel

Conçu par l'architecte en chef Michel Holley, assisté par André Martinat, cette "ville dans la ville" s'organisait en six tours de logement privé aux noms évocateurs d'ailleurs (Sapporo, Mexico, Athènes, Helsinki, Cortina et Tokyo), deux tours de logement ILN (Londres et Anvers), trois immeubles HLM en forme de barres (Rome, Grenoble et Squaw Valley), ainsi que des commerces (galerie Mercure et centre commercial Oslo) et des bureaux (Olympie, Oslo). On pouvait aussi trouver des équipements publics, à savoir le Stadium évoqué plus haut, une école maternelle et une crèche collective municipale.

Dans cette interview, l'architecte commente en off des images de cet ensemble qu'il a voulu volontairement entièrement bétonné. Un postulat critiqué mais que Michel Holley assumait : "Les surfaces d'espace vert, il n'y en a pas. Ce n'est pas urbain. La ville n'est pas destinée à être un espace vert". Une vision de l'urbanisme désormais dépassée, à l'heure où les immeubles se végétalisent.

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