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Décryptage en archives de la signification du «Kaddish»

Décryptage en archives de la signification du «Kaddish»

Quatre mois après l'attaque du Hamas contre Israël, une cérémonie d'hommage aux victimes françaises a eu lieu mercredi 7 février aux Invalides en présence d'Emmanuel Macron. La cérémonie a débuté avec l'interprétation du «Kaddish» de Maurice Ravel par l'orchestre de la Garde républicaine. Le «Kaddish» est une prière traditionnelle lue lors des funérailles. Quelle est sa signification ? Réponse en archives.

Par Florence Dartois - Publié le 07.02.2024
Le kaddich - 1991 - 00:00 - vidéo
 

L'ACTU.

Quatre mois jour pour jour après l'attaque perpétrée par le Hamas contre Israël, une cérémonie d'hommage aux 42 victimes françaises a eu lieu le 7 février aux Invalides en présence d'Emmanuel Macron. L'hommage rendu par la nation a également concerné les six Français blessés le jour de l'attaque, les quatre otages français libérés et les trois autres concitoyens portés disparus.

La cérémonie a débuté avec l'interprétation du Kaddish (ou Kaddich) de Maurice Ravel, joué par l'orchestre de la Garde républicaine. Composée en 1914 par le musicien français, cette œuvre pour piano et violon s'inspire de la prière aux morts éponyme.

LES ARCHIVES.

Le Kaddish est une prière centrale de la liturgie juive. Elle a pour thème la sanctification et la glorification du non divin. C'est un moment incontournable des enterrements. Ce texte a influencé de nombreuses prières chrétiennes comme le « Notre père » comme l'explique l'archive disponible ci-dessous qui revient sur son histoire et sa tradition. Elle est extraite de l'émission hebdomadaire « Les chemins de la foi » du 19 janvier 2020, intitulée « Le kaddish, la sanctification divine ».

Le kaddish
2020 - 00:00 - vidéo

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le texte n'a été pas rédigé en hébreu mais en grande partie en araméen « par les hommes de la Grande Assemblée au retour de Babylone», comme l'expliquait Yoni Krief, rabbin à Bruxelles, dans la même émission. La langue araméenne était utilisée à l'époque pour les activités commerciales, donc tout le monde la connaissait. La choisir était une manière qu'elle soit entendue par toutes les communautés.

Le Kaddish expliqué par un rabbin
2020 - 00:00 - vidéo

Sa signification dépasse le simple cadre du deuil. Pour entrer plus précisément dans le message du texte, laissons la parole au rabbin Adin Steinsaltz, interrogé en 1991 dans l'émission « La source de vie » par Josy Eisenberg. Il s'agit de l'archive disponible en tête d'article.

Une prière universelle

Dans ce premier extrait, le rabbin explique la signification du Kaddish et les circonstances de sa récitation. Kaddish signifie littéralement « sanctification », elle est récitée au moment de la mise en terre d'un proche ou d'un parent. Il souligne qu'il signifie bien plus d'un simple requiem, car il contient tous les éléments capitaux du judaïsme.

Dans cet échange avec Josy Eisenberg, le rabbin Adin Steinsaltz explique l'origine de ce texte : « Il s'agit d'une glorification de Dieu. C'est une proclamation de foi et non une prière, une sorte d'appel », insiste-t-il en dévoilant que la première partie du texte est une transcription de l'appel de Moïse à la grandeur de Dieu pour le pardon d'Israël. L'intérêt du Kaddish est d'être une prière universelle, « un appel à la révélation qui (le jour venu) permettra la résolution de tous les problèmes ».

« Transcendance » et « Immanence »

Dans l'archive ci-dessous, toujours extraite du même entretien, le rabbin Adin Steinsaltz entre dans le détail du message de cette prière qu'il considère comme une exaltation simultanée de la transcendance de Dieu et de son immanence : L’Éternel (Transcendance) est Dieu (Immanence). Exaltation symbolisée par ses deux premiers mots « Ytgadal » (que devienne Grand) et « Veytkadach » (et que soit sanctifié son Grand Nom). La question centrale de la prière est à son sens : « Comment le Grand Nom pourrait se révéler dans notre monde ? »

Le Kaddich : transcendance de Dieu
1991 - 00:00 - vidéo

La prière des deuils

Le Kaddish est traditionnellement lu lors des deuils et des enterrements, comme le souligne à nouveau, dans l'archive ci-dessous, le rabbin Adin Steinsaltz.

Les circonstances de la lecture du Kaddich
1991 - 00:00 - vidéo

Continuer malgré tout

Le rabbin Adin Steinsaltz rappelle que c'est avant tout une « proclamation de foi » destinée aux (sur)vivants, même (et surtout) dans une période dramatique. Elle signifie, « malgré tout, je continue ». S'il contient l'idée d'élévation de l'âme et de continuité, ailleurs, il s'agit surtout pour les vivants de continuer à perpétrer la tradition sur terre, « nous sommes là et nous continuons » et « il n'est plus là, mais que son nom soit sanctifié ».

Le Kaddich et l'élévation de l'âme
1991 - 00:00 - vidéo

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