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Jurassic Park, science ou science-fiction ?

Jurassic Park, science ou science-fiction ?

TMC consacre ce lundi 26 avril une soirée spéciale à "Jurassic world" avec la diffusion de deux premiers opus de la franchise. Au programme : des dinosaures évidemment ! Et si la science pouvait recréer ces créatures ? Est-ce possible ? Des chercheurs nous en disent plus.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 24.04.2013 - Mis à jour le 26.04.2021

Jurassic Park, science ou science-fiction ?

TMC consacre ce lundi 26 avril une soirée spéciale à "Jurassic world" avec la diffusion de deux premiers opus de la franchise. Au programme : des dinosaures évidemment ! Et si la science pouvait recréer ces créatures ? Est-ce possible ? Des chercheurs nous en disent plus.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 24.04.2013 - Mis à jour le 26.04.2021
Michael Crichton - 1993 - 01:40 - vidéo
 
Michael Crichton - 1993 - 01:40 - vidéo
TMC consacre ce lundi 26 avril une soirée spéciale à "Jurassic world" avec la diffusion deux premiers opus de la franchise. Au programme : des dinosaures évidemment ! Et si la science pouvait recréer ces créatures ? Est-ce possible ? Des chercheurs nous en disent plus.

"Jurassic Park" est un film de science-fiction réalisé par Steven Spielberg, sorti en 1993. Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de l’écrivain Michael Crichton paru en 1990. Dans son livre, cet auteur, anthropologue, médecin, et metteur en scène nous livre sa vieille obsession : la terreur face aux progrès incontrôlés de la science et illustre le vieil adage de Rabelais "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". L’idée de départ est simple : dans un morceau d’ambre fossilisée, un chercheur découvre un moustique parfaitement conservé. A l’intérieur de ce moustique, le sang d’un dinosaure. A partir de ce sang, les chercheurs reconstituent son ADN et le réplique, jusqu’à recréer l’animal disparu il y a 65 millions d’années ! En 1993, à l’occasion de la sortie du film, l'auteur revenait d'ailleurs sur ses inquiétudes face aux progrès trop rapides des biotechnologies, "alors je crois qu'il est vraiment nécessaire que les savants eux-mêmes prennent un maximum de précautions..."

Un scénario scientifique possible plausible ?

Mais cette manipulation génétique imaginée par Michael Crichton est-elle possible dans la réalité ? Au moment de la sortie, André Brack, chercheur au centre de biologie moléculaire du CNRS revenait sur les aspects plausibles de cette hypothèse et les connaissances de la science à l'époque, confirmant "oui, c'est envisageable aujourd'hui. c'est envisageable d'en faire des copies... quasiment à l'infini...". mais, il relativisait ses propos en démontrant les incohérences du scénario.

Les dinosaures vivaient il y a 250 millions d’années, avant de disparaître, il y a 65 millions d’années à la suite de la chute d’un astéroïde. Reconstituer un ADN aussi ancien paraissait donc encore du domaine de la science-fiction. Cependant, les scientifiques étaient impressionnés par la qualité de la reconstitution de ces monstres du passé. Steven Spielberg avait choisi pour le premier film les studios de Stan Winston pour la confection des dinosaures et avait travaillé avec Industrial Light & Magic pour développer les images de synthèse. Une prouesse technique à l’époque. Philippe Taquet, paléontologue au Muséum d’histoire naturelle de Paris et "traqueur de dinosaures" confirme ici la qualité du travail réalisé.

La science va-t-elle rattraper la fiction ?

A la sortie du film, les scientifiques étaient donc unanimes : cloner un ADN de plusieurs millions d’années était impossible. Depuis 1993, la réalité semble bien rattraper la fiction. Dès 1995, des biologistes de l'Université Polytechnique de Californie parviennent à rendre vie à une bactérie conservée à l'intérieur d'une abeille morte depuis 25 à 40 millions d'années et préservée depuis dans un fragment d'ambre préhistorique.

Le clonage des dinosaures n’est pas pour tout de suite mais celui du mammouth, l’ancêtre de l’éléphant, qui a vécu il y a environ 40 000 ans semble proche. En 2011, des chercheurs ont récupéré de la moelle sur le corps d’un bébé mammouth retrouvé intact dans le permafrost de Sibérie. Une équipe japonaise travaille sur le projet. En parallèle, les Américains envisagent le clonage d’un homme de Neandertal... Jurassic Park ne semble plus inaccessible. De la science-fiction à la science, la frontière est mince et Jurassic Park a relancé le débat. Cette course à la manipulation génétique pourrait rapidement déboucher sur un débat éthique. En attendant, les dinosaures n’ont pas fini de faire rêver les petits et les grands, jusqu'aux esprits les plus en vue de la planète. Début avril 2021, Elon Musk, par la voix de Max Hodak, son bras droit et cofondateur de la société Neuralink, a déclaré pouvoir reproduire un parc à dinosaures génétiquement modifiés, dignes du film "Jurassic Park", et ce, d'ici une quinzaine d'années.

Mais les businessmen ne pensent pas recourir pour cela à de l'ADN, ils envisagent plutôt de reconstruire le génome complet du dinosaure et de créer, pour de vrai cette fois… le Monde perdu imaginé par Michael Crichton et filmé par Steven Spielgerg...

Pour aller plus loin : 

Une "dinomania" orchestrée

La sortie du premier film est précédée d’une campagne marketing exceptionnelle. Il fallait remettre les dinosaures au goût du jour, les dépoussiérer. Steven Spielberg produit un dessin animé long métrage en 1988, "Le Petit Dinosaure et la Vallée des merveilles" ainsi que plusieurs documentaires pour la télévision. Les enfants adhèrent immédiatement, comme le montre ce reportage au parc de Saint Vrain sur l’engouement des petits pour ces grosses bêtes effrayantes. Cette démarche commerciale originale s’accompagne du merchandising de nombreux produits dérivés. La "dinomania" touche le monde entier et provoque même la polémique inattendue en Israël. Le marketing fonctionne à merveille. A peine trois jours après sa sortie, le film bat tous les records au box-office et engrange 50 millions de dollars. Au final, il en aura rapporté 5 milliards et permit à Steven Spielberg de monter sa propre boite de production et la société d’effets spéciaux Dreamworks.

Une juteuse saga

Le premier film a fait plus de 5 milliards de dollars de recette.  Fort de ce succès, Steven Spielberg enchaîne la suite de la saga. Quatre ans plus tard, en 1997, sort le deuxième volet de la série. Même alliance entre marketing et 7ème art : partenariat avec de grandes marques comme Mercedes, produits dérivés. Même équipe qui gagne : casting et team technique. Une nouveauté : l’infographie. Le leitmotiv demeure inchangé : toujours plus d’action, de suspens et d’effets spéciaux. Le nouvel opus s’intitule "Le monde perdu". Un troisième film sort en 2001. La débauche d’effets spéciaux est spectaculaire. Cette fois, il est réalisé par Joe Johnston, Spielberg le produit. C’est le seul des trois films qui ne soit pas adapté d’un roman de Michael Crichton. Suivront "Jurassic Park 3" de Joe Johnston (2001), "Jurassic World" de Colin Trevorrow (2015), "Jurassic World: Fallen Kingdom" de Juan Antonio Bayona (2018) et Jurassic World : Le Monde d'après de Colin Trevorrow, dont la sortie est prévue pour 2022.

Florence Dartois


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