Aller au contenu principal
IVG : des difficultés d'accès depuis 1975

IVG : des difficultés d'accès depuis 1975

Réunis lundi 4 mars à Versailles, sénateurs et députés doivent se prononcer sur la constitutionnalisation de l'avortement. Pour que le texte soit adopté, 3/5e des parlementaires doivent voter pour. Si c’est le cas, la France sera le premier pays au monde à inscrire dans sa Constitution la liberté d’avoir recours à l’IVG. Une action historique dans un pays où l’accès à l’avortement peut encore être difficile. C’est le cas depuis la loi Veil en 1975.

Par Ludivine Lopez - Publié le 04.03.2024
IVG, des difficultés d'accès depuis 1975 - 2024 - 00:00 - vidéo
 

En mars 1975, trois mois après l’adoption de la loi Veil qui légalisait l’avortement, des femmes racontaient déjà leur difficulté d’accès à l’IVG à la télévision. Un droit que certains médecins leur refusaient. Comme le docteur Lelièvre, cheffe du service de gynécologie du centre hospitalier de Melun : « Des femmes isolées étaient venues sur rendez-vous se faire examiner et demander un avortement. (...) Non, je ne les aurais pas avortés, car il est écrit dans la loi de Dieu, "Tu ne tueras point". »

Ces jugements religieux et moraux sur l’avortement vont perdurer en France. Conséquence : pendant longtemps l’accès à l’avortement va être restreint dans certains hôpitaux et les centres d’IVG vont aussi mettre du temps à se développer. Dans les années 1990, en plus du manque de structures, des femmes devaient aussi faire face à des commandos anti-IVG.

Délit d’entrave à l’avortement et clause de conscience

Face à la multiplication de ces actions, une loi instaurait le délit d’entrave à l’avortement en 1993. Mais dans les années 2000, les difficultés d’accès à l’IVG persistaient et certaines femmes étaient toujours culpabilisées. « J’ai un autre médecin qui est entré dans la salle, il m’a dit deux solutions, soit vous le gardez, vous prenez sur vous, soit vous le mettez à l’adoption à la naissance. »

Depuis, les structures manquent toujours, comme le racontait le docteur Marie-Laure Brival, cheffe de service du centre d’orthogénie aux Lilas, en 2008 : « Beaucoup de structures privées ont fermé par insuffisance d’activité ou manque de rentabilité. Et d’autres tout en continuant à fonctionner ont arrêté l’activité IVG parce que cette activité n’est pas du tout rentable. »

Des médecins refusent toujours de pratiquer des avortements au nom de la clause de conscience. D’après le planning familial 130 centres d’IVG ont fermé leurs portes ces 15 dernières années.

S'orienter dans la galaxie INA

Vous êtes particulier, professionnel des médias, enseignant, journaliste... ? Découvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les réseaux sociaux, inscrivez-vous à nos newsletters.

Suivre l'INA éclaire actu

Chaque jour, la rédaction vous propose une sélection de vidéos et des articles éditorialisés en résonance avec l'actualité sous toutes ses formes.