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Retour à l'hiver 1989-1990 où des températures anormales prédisaient des hivers trop doux

Retour à l'hiver 1989-1990 où des températures anormales prédisaient des hivers trop doux

Depuis la fin du mois de décembre, l'Europe connaît une vague de chaleur, phénomène de plus en plus fréquent avec le réchauffement climatique. Météo France indique que de nombreux records de température ont été battu dans toute la France.

Par Romane Sauvage - Publié le 06.01.2023
Le temps fou - 1989 - 01:42 - vidéo
 

L'ACTU.

« La Saint-Sylvestre ponctue l’année record 2022 de façon symbolique, puisqu’il s’agit, à l’échelle de la France, de la journée présentant le plus fort excédent thermique de l'année » a expliqué Météo-France. En effet, selon le service officiel de la météorologie et de la climatologie, « la nuit du 30 au 31 décembre a été la plus douce jamais observée en hiver, depuis le début des archives en 1947. »

LES ARCHIVES.

« On vous le dit et on vous le répète : il n'y a vraiment plus de saison. Car il a fait aujourd'hui presque 20 °C à Clermont-Ferrand, une température plus que douce pour la saison, à une semaine seulement de Noël », indiquait Dominique Planche, présentateur à FR3 Auvergne le 16 décembre 1989. Dans l'archive en tête d'article, il s'interrogeait : « Est-ce que la nature va savoir s'adapter à ce redoux printanier ? »

Selon le commentaire du reportage, ce redoux était dû à un phénomène météorologique particulier : « La folie douce du temps ce 16 décembre est dû au fait qu'avec la profonde dépression qui sévit sur le proche atlantique, un très rapide flux perturbé de Sud-Ouest amène sur notre région cet air chaud. »

À cette époque, l'inquiétude, à court terme, concernait la flore. Jean-François Desbre, horticulteur-pépiniériste, disait : « On a eu 15 jours de froid, la végétation s'est bien arrêtée, il n'y a aucun problème dans l'immédiat. Disons qu'il ne faudrait pas que ça dure encore trois semaines, un mois. »

« Bouc-émissaire, l'effet de serre »

Dans le Sud-Ouest, le constat était similaire : « Alors que la Bretagne et l’Espagne sont dévastées par de violentes tempêtes, l'Aquitaine s'offre des douceurs printanières et se permet même de battre des records de chaleur qui affole les discussions de comptoir. » Cependant, un responsable, bien connu aujourd'hui, était pointé : « Bouc-émissaire, l'effet de serre, ce réchauffement de la planète par le CO2. »

Le journaliste s'inquiétait de ce que des chaleurs anormales à l'hiver 1989 laissait présager et annonçait que « l'atmosphère devrait se réchauffer progressivement de deux à trois degrés, avec des conséquences à long terme. Dans l'immédiat, le CO2 n'inquiète pas les météorologues. » Les spécialistes interrogés se montraient ainsi moins alarmistes.

« Ce brave anticyclone »

« Exit donc le méchant effet de serre, reste ce brave anticyclone », annonçait le journaliste, responsable de « 27 degrés à Saint-Girons [en Ariège]. » Conséquences immédiates : « La conséquence la plus inquiétante est la poursuite depuis 18 mois maintenant de la situation de sécheresse et les prévisions pour la fin de la semaine n'indique aucun retournement de tendance, avec des maxi autour de 20 °C. »

L'hiver 1989-1990 fut ainsi l'un des plus doux jamais enregistrés avec ses 2 °C d'écarts par rapport à la normale, devant 2006-2007 et proche de celui de 2013-2014. Un record qui fait des années 1989 et 1990 des années particulièrement chaudes, premières d'une longue série dont fait désormais partie 2022, comme le montre le graphique de Météo-France ci-dessous.

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