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Henri Verneuil, le petit Arménien devenu un grand cinéaste français

Henri Verneuil, le petit Arménien devenu un grand cinéaste français

On lui doit « Le clan des Siciliens », « Mélodie en sous-sol »… Figure emblématique du cinéma populaire, Henri Verneuil est mort le 11 janvier 2002. Il a réalisé une quarantaine de films en près d’un demi-siècle, tournant avec les plus grands acteurs français. Portrait.

 

Par la rédaction de l'INA - Publié le 10.01.2012 - Mis à jour le 10.01.2022
Henri Verneuil à Marseille - 1985 - 02:52 - vidéo
 

Il y a 20 ans disparaissait le cinéaste Henri Verneuil. « Le clan des Siciliens », « Mélodie en sous-sol ».., il était l'un des réalisateurs les plus populaires de son époque. Quand le petit Achod Malakian débarqua un matin de décembre 1924 à Marseille, il n’imaginait certainement pas le destin exceptionnel qui s'offrait à lui. Sa famille, rescapée du génocide arménien, ne  parlant pas un mot de français, demandait l’asile à la France. Ce petit garçon de 4 ans deviendra Henri Verneuil, un cinéaste au grand succès populaire qui tournera une quarantaine de films avec les plus grands acteurs de sa génération.

La vidéo en tête d'article est une interview de 1985, à l'occasion de la sortie d'un livre de souvenirs intitulé « Mayrig » dans lequel il évoquait cette enfance de migrant arménien et le parcours d'intégration de sa famille à Marseille. Parlant de lui enfant il décrivait la dichotomie entre l'Arménien et le petit Français en devenir : "C'est la vie d'un enfant qui va s'intégrer (...) et c'est tout le drame de cette intégration, surtout quand on ne veut pas renoncer à sa première culture et que l'on veut se dissoudre dans la deuxième. Et ce problème de cohabitation, en version originale d'abord, parce qu'on est Arménien, dans mon cas, c'est comment se dissoudre, comment on peut cohabiter. » Une expérience qui l'aura mûri avant l'heure pour permettre à sa famille de se fondre à son tour dans la société française.

Nous vous proposons ci-dessous de revenir en vidéos sur la filmographie d'Henri Verneuil

« La vache et le prisonnier »

En 1959, Henri Verneuil tourne son premier grand succès. Il va réaliser le plus grand nombre d’entrées au box-office cette année-là, avec plus de 8 millions d’entrées. Ce film raconte l’histoire d’un prisonnier de guerre français, joué par Fernandel, qui décide de s’échapper de son camp de travail allemand, et tente de rejoindre Paris à pied, aidé de sa vache Marguerite.

« Le Président »

En 1961, Henri Verneuil donne à Jean Gabin, qu’il avait déjà fait jouer en 1956 dans « Des gens sans importance », un rôle à sa mesure, mais dans un registre différent du Gabin « populaire » qu'il endosse depuis les années 1930. « Le Président » est une adaptation d’un roman de George Simenon. Il retrace des scènes fictionnelles d’une vie politique fortement inspirée de l’instabilité ministérielle de la IVe République. Jean Gabin y campe un ancien Président du Conseil honnête qui se bat dans sa retraite pour que la France reste dirigée par un homme intègre.

« Un singe en hiver »

Avec « Un singe en hiver », tourné en 1961, Henri Verneuil fait tourner pour la première fois ensemble Jean Gabin et Jean Paul Belmondo. Nombreux sont ceux qui y voient une passation de témoin entre les deux générations. Mais dans cette interview, Jean Paul Belmondo refuse l’étiquette de « Gabin jeune ».

« Mélodie en sous-sol »

Un an après, c’est à Alain Delon que revient le privilège de donner la réplique à Jean Gabin, dans un film policier prenant pour cadre la ville de Cannes.

« Le clan des Siciliens »

Après d’autres succès, comme « Cent mille dollars au soleil » ou « La bataille de San Sebastian », « Le clan des Siciliens » est sans doute son film le plus célèbre. Il réunit là aussi des monstres sacrés du cinéma hexagonal : Jean Gabin, Alain Delon et Lino Ventura, dans le rôle d'un policier aux accents italiens.

« Le serpent »

En 1972, Henri Verneuil se lance dans le film d'espionnage. Il fait tourner un casting international : Yul Brynner et Henry Fonda.

« I comme Icare »

En 1979, il s’intéresse avec « I comme Icare » au docteur Stanley Milgram et à son expérience consistant à démontrer les processus psychologiques qui amènent à la soumission devant l’autorité, à travers des tests ayant suscité la controverse dans le corps médical et scientifique. Cette interrogation sur la nature humaine est mise en perspective dans un thriller politique s’inspirant de l’assassinat de JFK.

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