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Sur la côte ouest pour la «marée du siècle» en mars 1967

Sur la côte ouest pour la «marée du siècle» en mars 1967

Deux fois par an, à l’approche des équinoxes, les marées sont plus fortes : ce sont les grandes marées. Jusqu'au 13 mars, les coefficients vont dépasser les 100 sur les côtes françaises. La mer devrait ainsi monter plus haut puis se retirer plus bas qu'habituellement. Retour en 1967, pour une «marée du siècle».

Par Romane Laignel Sauvage - Publié le 11.03.2024
 

« Au Mont Saint-Michel, comme sur tout le littoral atlantique, on était venu de très loin pour voir ce qui devait être "la marée du siècle" ». Mars 1967 : la grande marée qui signe habituellement l'arrivée du printemps se montrait particulièrement intense. Elle fait partie de ces « marées du siècle », un phénomène rare où les coefficients de marée atteignent leur maximum. En France, cet événement attira les curieux qui découvraient la mer à son plus haut niveau, et les pécheurs occasionnels qui profitaient du retrait de l'océan.

Aux « Actualités françaises », dont un extrait est disponible en tête d'article, on décrivait des ports et des plages bretons qui « avaient pris soudain un aspect inusité ». Avec des coefficients proches de 118, la Seine avait « donné l'impression de remonter à sa source ». Au Mont-Saint-Michel, « la population était subitement passée de 132 à 30 000 habitants. » Ainsi, le commentaire parlait d'une marée du siècle « surtout humaine » : deux millions de personnes avaient « suivi le spectacle ».

L'espoir d'une pêche miraculeuse

Comme ce journaliste du JT de 20h qui, dans l'archive ci-dessous, s'était rendu à Trébeurden, dans le nord de la Bretagne. « Pour la pêche, vous n'aurez guère mieux », lui avait-on dit. À son arrivée, les touristes étaient là, mais « les gens du pays, eux, n'étaient pas du tout rassurants. » Le temps était mauvais. Si à d'autres occasions, on avait pu atteindre certains rochers éloignés à « pied sec », cette fois l'océan ne semblait pas décidé à se retirer. Un Breton expliquait : « La mer n'a pas descendu tellement hier. Et aujourd'hui, avec le vent là où il est placé, vous savez, il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle ne débarre beaucoup plus. Elle va faire quoi, 8 à 10 centimètres de plus ? »

Les touristes de la grande marée
1967 - 00:00 - vidéo

Tous les Bretons n'étaient pas pessimistes. Une commerçante d'outils de pêche se montrait parfaitement ravie. « C'est une grande marée formidable cette année. (...) Nous avons eu un beau soleil, c'était formidable cette année. Nous avons été gâtés vraiment en Bretagne. ». Et de présenter son offre de filets : bichette pour les crevettes, « celui-là » pour les crabes ou les coquillages, celui-ci pour les palourdes, les coques.

Le journaliste se lançait ensuite sur la trace de « tous ceux et toutes celles qui sont venus ici dans l’espoir d'une pêche miraculeuse ». Beaucoup étaient tout droit venus de Paris. D'autres étaient du coin. Un local témoignait : « Hier, j'y suis allé moi-même, je suis un peu honteux de l'avouer, je n'ai même pas trouvé un ormeau, pas un seul. Il y a tellement de monde que le nombre d'ormeaux réparti entre les milliers de personnes qui se trouvent dans la grève. Celui qui en trouve deux ou trois, c'est à peu près le maximum. »

Les « marées du siècle » ont lieu tous les 18 ans. La dernière date de 2015.

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