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Bernard le Doze, à l’origine du Goncourt des lycéens : «On a copié le Goncourt officiel»

Bernard le Doze, à l’origine du Goncourt des lycéens : «On a copié le Goncourt officiel»

Qui succédera à Clara Dupont-Monod ? Le 24 novembre, le lauréat du Goncourt des lycéens est proclamé à Rennes. Près de 2000 élèves de 55 lycées se sont concertés. Un prix créé en 1988 par Bernard le Doze, un professeur de lettres. Il raconte cette épopée.

 

Par la rédaction de l'INA - Publié le 23.11.2022
 

« Un jury composé de 10 lycéens vient de se réunir à l'instant même pour remettre son prix Goncourt. » En 1988, France 3 Rennes annonçait la première édition du Goncourt des Lycéens à Rennes. « Je ne pensais pas du tout qu’il y aurait un devenir. C’était un coup. C’était un coup véritablement ! », commente pour l'Ina, son fondateur, Bernard le Doze, un ancien professeur de lettres. Son idée ? Faire lire davantage les élèves.

À l’origine, Bernard le Doze, mais il n'était pas seul : « J'ai été contacté par la chargée de communication de la Fnac de Rennes, qui m'a dit "Moi, je peux donner des livres". À quoi j'ai répondu : "Moi, je peux donner des élèves". » Il n'avait eu l'accord ni de l'Académie Goncourt ni de l'Éducation nationale. « Le ministère de l'Éducation nationale n’a rien à voir. C’était une initiative personnelle et j’étais couvert par le directeur du Centre pédagogique régional qui m’avait dit : “Écoutez, vous n’avez pas de réponse, allez-y. Je vous couvre !” »

Faire comme les grands

Pour cette première édition, les jeunes faisaient comme les grands, comme le racontait une archive du montage ci-dessus : « Ils sont 10 comme le jury Goncourt. Ils vont déjeuner ensemble comme le Goncourt. Ils vont décerner leur prix comme leurs aînés. » Un choix délibéré du co-fondateur :  « On tenait absolument à ce qu'il y ait cet aiguillon pour les élèves, c'est-à-dire faire comme les grands. On a copié complètement le protocole Goncourt officiel. On voulait absolument le restaurant. C’est la Fnac qui payait. L’Éducation nationale, ça n’aurait pas été possible et de toute façon, c’était pratiquement clandestin à leur regard. Les délibérations, la proclamation devant des médias dont France 3 en direct. En direct ! Ce n'est pas rien ! Donc oui, on a vraiment eu envie de copier complètement le décorum et le protocole Goncourt pour que ce soit un aiguillon pour les élèves. »

Premier prix pour Érik Orsenna

Et les élèves choisissent le même lauréat. L’annonce est faite 30 minutes avant. Et en 1988, « le prix Goncourt des jeunes Rennais a été attribué à Érik Orsenna pour son livre L’exposition coloniale. » Un premier prix décerné sans retour de l'Académie Goncourt : « Alors François Nourissier, qui était à l’époque le président de l’Académie Goncourt, ignorait complètement que des élèves avaient attribué un Goncourt des lycéens à Érik Orsenna. Il ignorait complètement. Ce n’est que progressivement que les choses se sont faites. »

L'accord fut donné pour l'année suivante : « On avait écrit à l’Académie Goncourt pour leur demander l’autorisation. On voulait faire ça quand même dans les règles ! »

Pour la première édition, 10 classes de 5 lycées rennais avaient participé au Goncourt des Lycéens. En 2022, ce sont près de 2000 élèves de 55 lycées. Conclusion de son co-fondateur : « Le Goncourt des lycéens a acquis une notoriété. Et c’est une opération qui a un poids, un poids économique ! Le Goncourt des Lycéens, ça fait vendre minimum 200 000 exemplaires. Tous les éditeurs ont envie de l’avoir. Je pense que maintenant, ce n’est pas un petit prix. C’est un prix qui fait partie du paysage des prix littéraires. »

Le Goncourt des lycéens rennais
1988 - 02:39 - vidéo

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