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Le combat de Gisèle Halimi pour le droit à l’avortement

Le combat de Gisèle Halimi pour le droit à l’avortement

Emmanuel Macron a présidé le 8 mars un hommage national à Gisèle Halimi, avocate et militante féministe. Dans les années 1970, elle a été l’un des visages du féminisme en France.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 07.03.2022 - Mis à jour le 09.03.2023
Gisèle Halimi, figure féministe - 2022 - 02:52 - vidéo
 

L'ACTU.

Emmanuel Macron a choisi le 8 mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes, pour rendre un hommage national à l'avocate Gisèle Halimi, féministe et combattante acharnée du droit des femmes à avorter librement. Depuis sa disparition en 2020, plusieurs personnalités militent pour son entrée au Panthéon, le chef de l’État a préféré une cérémonie au palais de Justice de Paris, un lieu symbolique où l’ancienne avocate n’avait cessé de se battre pour les droits des femmes. Le montage à découvrir en tête d'article revient sur les actions marquantes de son parcours féministe, notamment sur la question de l'IVG.

LE MONTAGE.

Défendre les droits des femmes, c’était le combat de sa vie. Gisèle Halimi est morte le 28 juillet 2020, à l’âge de 93 ans. L'avocate Gisèle Halimi a été une combattante acharnée du droit à l’IVG. En 1979, elle déclarait : « Nous ne sommes pas qu’un corps. Nous sommes une sensibilité, une intelligence, un cœur, une histoire. » Ses prises de positions étaient courageuses à une époque où l'avortement était illégal en France. En 1971, elle fut l'une des seules avocates signataires du « Manifeste des 343 ». Une lettre ouverte dans laquelle 343 femmes avouaient publiquement avoir avortées et réclamant sa légalisation. En 1973, elle déclarait vouloir en finir avec hypocrisie concernant ce manifeste : « La vérité, c'est que toutes les femmes avortent, y compris les maîtresses des députés. Seulement, elles ne le disent pas. Et moi j’ai été l’une des premières à le dire dans le manifeste des 343. »

L'avortement : le combat de sa vie

Mais son grand fait d'armes, celui qui bouleversa la vision de l'avortement dans l'opinion publique, c'est la défense de la jeune Marie-Claire, une adolescente jugée pour avoir avortée, aidée de sa mère et d'un autre femme. C'est le retentissant procès de Bobigny de 1972. Pour avoir avorté, Marie-Claire risquait jusqu’à 2 ans de prison et 20 000 francs d’amende. Gisèle Halimi défendit la jeune femme, obtint sa relaxe et médiatisa le procès pour changer la loi. À l'issue du procès, elle déclarait : « Je crois que les juges ont été troublés par ce débat. Je les ai engagés à faire le pas, à prendre leur responsabilité. Et c’est aux juges de changer la loi et d’indiquer qu’elle ne peut plus être appliquée. »

1975, l’appel allait être entendu. La loi Veil serait votée, l’IVG dépénalisée. Une victoire pour Gisèle Halimi, ce qui ne l’empêcha pas de continuer son combat, sans relâche. En octobre 1982, celle qui était devenue députée manifestait encore pour le remboursement de l’IVG et interpelait ses opposants : « Ils font leur bataille d’arrière-garde, deux fois d’arrière-garde même. Ils voulaient empêcher les femmes de choisir le moment de leur maternité. Et maintenant, ils veulent les empêcher d’obtenir le droit au remboursement. »

Deux mois plus tard, nouvelle avancée. L’IVG était remboursée grâce à la loi Roudy. Tout au long de sa vie, Gisèle Halimi continuera de défendre les droits des femmes. Elle est morte le 28 juillet 2020, à l’âge de 93 ans.

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