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1978 : des jeunes sans emploi formés à être maître-nageur

1978 : des jeunes sans emploi formés à être maître-nageur

Face à la pénurie de maîtres-nageurs, les régions multiplient les stages et formations gratuites. Cette profession essentielle pour la surveillance des bassins et des plages est peu valorisée. Mal payée, en manque de reconnaissance, elle suscite peu de vocations.  Ce désamour alimente les sujets des JT depuis des décennies. Malgré des formations gratuites et des stages diplômants... les nombreuses initiatives ne semblait pas susciter l'enthousiasme.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 23.05.2023 - Mis à jour le 31.05.2023
 

L'ACTU.

Selon la Fédération française de natation, il manquerait 5000 maîtres-nageurs-sauveteurs en France. Une situation alarmante qui oblige certaines villes à fermer les piscines ou à laisser les plages sans surveillance. La profession, mal payée et en manque de reconnaissance, n'attire pas.

Avait-elle plus de succès autrefois ? Pas vraiment, si l'on en juge nos archives. Celui à découvrir dans cet article date d'avril 1978 et le moins que l'on puisse dire, c'est que la motivation des candidats n'était pas au rendez-vous.

L'ARCHIVE.

Ce reportage de FR3 Picardie pourrait ressembler à un sujet diffusé aujourd'hui. Il avait été tourné à la piscine de Crépy-en-Valois où de jeunes gens s'entraînaient pour passer leur examen. Ce qui surprend, c'est le ton de la journaliste qui en dit long sur le manque d'intérêt que lui inspirait la question. Evoquant les aspirants maîtres-nageurs filmés en maillots de bain et visiblement transis de froid au bord du bassin, elle déclarait d'un ton monocorde : « tous ont atterri dans ce stage un peu par hasard ou pour attendre de trouver autre chose, mais pratiquement aucun ne parait désirer, un jour, être maître-nageur ». Elle expliquait que cette solution temporaire était finalement agréable et permettait de patientaer avant de trouver mieux tout en touchant 90% du SMIC.

Le formateur, lui-même, interrogé dans une classe, n'était pas certain de l'intérêt de son enseignement, y voyant avant tout « un moyen de diminuer le nombre des chômeurs sur les statistiques ». À l'époque, comme aujourd'hui, on manquait de candidats, cette formation représentait tout de même une ouverture sur le marché du travail, affirmait-il, pas vraiment convaincu.

La formation se divisait en cours théoriques en classe et pratiques en piscine. En salle de cours, les visages semblaient concentrés, la plupart avaient été en situation d'échec durant leur scolarité et l'enseignant espérait leur apporter quelque chose de positif. Ces stages s’inscrivaient dans le pacte national pour l'emploi lancé par le gouvernement de l'époque.

Des stagiaires peu motivés

Le reportage laissait la parole à trois des stagiaires : une lycéenne indécise, un ancien chauffagiste fuyant les trois-huit et un ancien éducateur, qui rêvait de devenir instituteur. Aucun d'entre eux ne souhaitait devenir maître-nageur.

Témoignages de stagiaires
1978 - 02:09 - vidéo

En immersion dans une formation

Toujours en 1978, la piscine de Royan organisait elle aussi un stage d'une semaine pour 37 stagiaires en vue d'obtenir le brevet de nageur-sauveteur. FR3 suivait quelques étapes de la formation : l'enseignement de la natation aux enfants de la région, les cours de sauvetage et de nage en apnée.

Quand les maîtres-nageurs avaient la côte

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