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Bernard Lavilliers, la poésie et "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?"

Bernard Lavilliers, la poésie et "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?"

Vendredi 12 novembre, Bernard Lavilliers a sorti son nouvel album intitulé "Sous un soleil énorme". A cette occasion, nous vous proposons de découvrir une facette méconnue de l'artiste, celle de l'amoureux de la poésie.

Par Florence Dartois - Publié le 10.11.2021
 

Le nouvel album de Bernard Lavilliers, "Sous un soleil énorme", a été composé à Buenos Aires en Argentine où le chanteur a vécu en 2019. Du tango à l'inflation gangrenant ce pays, en passant par la corruption politique, l'artiste s'est immergé dans cette société métissée pour concocter ce disque. Il aborde aussi la question plus intime de la mort qu'il a frôlée lors d'une alerte cardiaque, rendant hommage aux soignants, "sentinelles" bienveillantes.

Bernard Lavilliers n'est pas qu'un chanteur engagé, il possède aussi une âme de poète. La chanson en tête de cet article est extraite de l'émission "Chantez-le moi : ces chansons que nous offrent les poètes" diffusée le 16 janvier 1983 sur Antenne 2.  Ce jour-là, le chanteur interprétait une reprise d'un grand succès de Léo Ferré, Est-ce ainsi que les hommes vivent ?. Une chanson composée sur les paroles du poète Louis Aragon, tirées du poème Bierstube-Magie allemande, figurant dans le recueil Le Roman inachevé  de 1956.

Bernard Lavilliers livre ici une interprétation personnelle de ce classique de la chanson française. Une version qui séduira Luc Bérimont, co-animateur de l'émission aux côtés de Jean-François Kahn : "Ça finit comme un film d'Antonioni, sur un soleil rouge et je crois qu'Aragon aurait aimé cette version que donne Bernard Lavilliers. Parce qu'au fond, il faut secouer les statues, les marbres antiques. Et les chansons ont besoin, comme les chefs-d'œuvre, d'être écrasées de temps en temps".

Rendre la poésie accessible

En fin d'émission, Jean-François Kahn interrogeait le chanteur sur la relation entre poésie et chanson. Il lui demandait si chanter n'était pas une façon détournée, pour lui, d'écrire des poèmes ? Ce lien était une évidence pour Bernard Lavilliers. Il regrettait cependant que la poésie soit "quelque chose d'extrêmement fermée pour le public", ajoutant : "Je crois que si Rimbaud était là, il chanterait du hard rock !".

Selon lui, la poésie devait être "quelque chose d'extrêmement populaire. Si elle n'atteint pas son but et que ça reste dans des cercles fermés rose-bonbon, c'est l'enfer"déplorait-il. Il donnait ensuite sa propre vision de cet art : "La poésie est faite pour aller dans le cœur des gens. On fait partie des gens qui font de la poésie, qui vont la porter de là d'où elle est sortie. Là où les gens en ont besoin. Parce que la poésie, ce n'est pas quelque chose d'esthétique obligatoirement. Ça ne fait pas vibrer l'âme de façon esthétique. Ça peut-être quelque chose de très urgent".

Bernard Lavilliers sur la poésie
1983 - 01:11 - vidéo

Pour conclure l'émission, Jean-François Kahn l'invitait à choisir un dernier titre qu'il considérait comme poétique. L'artiste choisissait une chanson "de voyou (...) une chanson de prison", ajoutant cabotin, "car il y a beaucoup de poètes en prison…". Cette chanson poétique c'est Betty,  interprétée ici avec délicatesse, dans une version acoustique, uniquement voix-guitare.

Bernard Lavilliers chante "Betty"
1983 - 05:03 - vidéo

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