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Macron en Algérie en 2017 : la colonisation «est un crime contre l'humanité»

Macron en Algérie en 2017 : la colonisation «est un crime contre l'humanité»

Le chef de l'État a été en Algérie du 25 au 27 août. Ce fut son second voyage comme président de la République, mais le candidat à la présidentielle s'y était aussi rendu en février 2017. Ses propos sur la colonisation française qualifiée de «crime contre l'humanité» avaient alors déclenché une controverse nationale et marqué sa campagne électorale.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 23.08.2022 - Mis à jour le 29.08.2022
Polémique Macron sur la colonisation - 2017 - 02:12 - vidéo
 

Le président français Emmanuel Macron a été du 25 au 27 août en Algérie à l'invitation de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune. C'est le second déplacement d'Emmanuel Macron en tant que président. Mais le chef de l'État s'était déjà déplacé sur les terres algériennes en février 2017 alors qu'il n’était encore que candidat à la présidentielle. Une visite très médiatisée qui avait provoqué une polémique au cœur de la campagne.

C'est cette polémique nationale que résume l'archive présentée en tête d'article, datée du 16 février 2017. Tout avait démarré lors d’un entretien du candidat à la télé algérienne. Répondant à une question sur la décolonisation, le candidat avait qualifié la colonisation française de crime contre l'humanité, déclarant : « C'est un crime. C'est un crime contre l'humanité, c'est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes. »

Une repentance qui ne passe pas

En France, les réactions avaient été nombreuses. Le reportage montre notamment les réactions de pieds-noirs marseillais, fustigeant l'excès de repentance. Ces propos avaient également fait des remous dans la classe politique. A droite, François Fillon, candidat  LR à l'élection présidentielle, évoquait l’indignité de cette « détestation de notre Histoire, cette repentance permanente ». A l'extrême droite, Florian Philippot, vice-président du Front National, évoquait des propos « irresponsables », ajoutant qu’il n’y avait pas « pire insulte contre la France que le crime contre l'Humanité ».

L'archive en tête d'article décrivait aussi la contre-attaque du candidat, qui, le jour-même sur son site de campagne assumait ses propos. Il qualifiait sa position de « discours de vérité » et dénonçait l’instrumentalisation de sa phrase : « Je ne céderai rien, à tous les responsables politiques, qui aujourd'hui cherchent à instrumentaliser notre Histoire. A instrumentaliser mes propos à des fins clientélistes ou électoralistes."

Du côté des historiens, Guy Pervillé, spécialisé dans l’histoire de l’Algérie coloniale et interrogé en fin de sujet, estimait que la démarche d'Emmanuel Macron était avant tout politique et qu’il avait voulu, selon lui « se concilier l’opinion publique algérienne et l’appui des autorités algériennes en donnant satisfaction à une revendication de repentance ».

Des pieds-noirs blessés

Le lendemain, de retour en France, lors d’une visite à Carpentras sur la sécurité, le candidat avait été rattrapé par ses propos. Face à des pieds-noirs choqués par sa déclaration, il restait sur ses positions. Dans l’archive ci-dessous en date du 17 février, un homme lui reprochait « de ne pas connaître l'Histoire de France », une femme dénonçait son injustice - « ça fait mal, vous nous tuez une deuxième fois, vous nous accusez de choses que nous n'avons pas faites » - ou encore cet homme qui l’accusait de diviser les Français, « vous avez perdu la majorité des pieds-noirs ».

Emmanuel Macron : Face aux polémiques
2017 - 02:04 - vidéo

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