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«Dieu merci la France» : François Hollande superstar au Mali en 2013

«Dieu merci la France» : François Hollande superstar au Mali en 2013

Le 31 janvier, les autorités maliennes dominées par les militaires ont décidé d'expulser l'ambassadeur de France. Une décision qui contraste avec la gratitude exprimée lors des interventions armées françaises contre les rebelles islamistes.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 01.02.2022 - Mis à jour le 17.02.2022
 

La France et ses partenaires européens ont officialisé jeudi 17 février leur retrait militaire du Mali au terme de neuf ans de lutte antijihadiste menée par Paris. «En raison des multiples obstructions des autorités de transition maliennes, le Canada et les états européens opérant aux côtés de l'opération (française) Barkhane et au sein de la Task Force Takuba estiment que les conditions ne sont plus réunies pour poursuivre efficacement leur engagement militaire actuel (...) au Mali et ont donc décidé d'entamer le retrait coordonné du territoire malien de leurs moyens militaires respectifs», soulignent-ils dans une déclaration conjointe.

Les autorités maliennes dominées par les militaires avaient décidé lundi 31 janvier d'expulser l'ambassadeur de France, dans une nouvelle escalade de la brouille entre Bamako et Paris. Cette décision était justifiée par les récentes déclarations «hostiles» de responsables français.

Cette expulsion marquait un nouveau durcissement des tensions entre le Mali et la France, l'ancienne puissance coloniale engagée militairement au Mali et au Sahel depuis 2013. Les relations n'ont cessé de se détériorer depuis que des colonels ont pris par la force en août 2020 la tête de ce pays plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire et politique.

Le sauveur

Surtout, cette décision malienne tranchait avec l'accueil qui fut réservé à François Hollande en 2013 après l'intervention des forces françaises contre les islamistes. «Le terrorisme a été repoussé, il a été chassé, mais il n'a pas encore été vaincu», avait déclaré le président français au côté du président malien par intérim, Dioncounda Traoré. «Les groupes terroristes sont affaiblis, mais ils n'ont pas disparu», avait-il dit ensuite, réaffirmant que la France resterait au Mali «le temps qu'il faudra».

À l'occasion de ce déplacement, la population malienne, à Bamako ou Tombouctou, exprimait sa reconnaissance à la France avec ferveur et joie. «Bienvenue le sauveur François Hollande», «Dieu merci la France, c'est la France qui a sauvé le monde entier et pas le Mali seulement», «Il est venu nous sauver» exprimaient les habitants. Comme on le voit dans l'archive en tête de cet article, à Tombouctou, des centaines de personnes étaient rassemblées pour «dire merci» à la France, dansant au son des tam-tams, qui étaient interdits par les groupes islamistes, comme toute autre forme de musique. Le président français était accompagné de trois ministres dont Laurent Fabius (Affaires étrangères) très ému.

Au cours de ce déplacement, François Hollande avait également visité une mosquée historique de Tombouctou, le centre de conservation de précieux manuscrits anciens, dont certains avaient été incendiés par les islamistes. Jusqu'à l'intervention française débuté en janvier 2013, Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) avaient occupé la ville durant plusieurs mois en commettant très nombreuses exactions, au nom d'une interprétation rigoriste de la charia, la loi islamique. Ils avaient par exemple imposé le port du voile intégral aux femmes.

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