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Des témoins racontent la signature de l'armistice de 1918

Des témoins racontent la signature de l'armistice de 1918

Le 11 novembre 1918 à 5h15, l'armistice était signé dans le wagon de Rethondes. Il marquait la fin des combats de la Première guerre mondiale, la victoire des Alliés et la défaite totale de l'Allemagne. Revivons cet événement à travers les souvenirs des témoins de ce jour historique.

 

Par Florence Dartois - Publié le 08.11.2018 - Mis à jour le 09.11.2021
 

Le 11 novembre 1918 à 5h15, l'armistice était signé dans le wagon de Rethondes, près de Compiègne. Il marquait la fin des combats de la Première guerre mondiale, la victoire des Alliés et la défaite totale de l'Allemagne. 

A 11h00, le cessez-le-feu est officiel et les cloches de la liberté résonnent partout en France. Depuis trois jours, les généraux allemands et alliés étaient réunis dans un wagon-restaurant aménagé provenant du train d'état-major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne. De ces heures cruciales, la radio et la télévision ont conservé des témoignages exceptionnels.

 

Les premiers avertis

"Tout à coup, il est 5h40, je reçoit un message de la tour Eiffel enjoignant tous les généraux à cesser le feu..."

Celui qui parle dans ce document en tête d'article c'est René Millot. Le jour de l'armistice, il est télégraphiste au PC du maréchal Foch installé à Senlis. Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1918, il était de service au poste de transmission. Avec le journaliste Roger Parment, il revient sur les lieux.  Il retrouve avec émotion la cour où il était posté. Il se remémore comment, à 5h40, il a capté le message relayé par la tour Eiffel du maréchal Foch, annonçant l'armistice. Ensuite, il a envoyé l'ordre de transmission aux armées.

Dans le document audio daté du 11 novembre 1948, ci-dessous, un autre témoin exceptionnel, le général Émile Riedinger, le chef du bureau de l'état-major du maréchal Foch, raconte ce qu'il a vécu ce jour-là. Il revient sur les détails des négociations, retraçant ici le déroulement de la signature de l'armistice à laquelle il assista personnellement. Il décrit aussi les conditions dans lesquelles fut réalisée la première et unique photo de cette négociation. 

La signature de l'armistice à Rethondes
1968 - 02:44 - audio

La signature

Plus émouvant encore, le témoignage - uniquement audio - de Monsieur Famechon, du 11 novembre 1953. A la radio, il relate de manière très vivante comment il vécut la signature de l'armistice à laquelle il assista en qualité d'adjudant-téléphoniste du maréchal Foch. C'est lui qui annonça au monde que la paix avait été signée. L'ancien combattant reconstitue la scène de l'appel historique qu'il envoya au centre télégraphique à Paris, et à ses camarades postés à Senlis. Avec le même téléphone (il tourne la manivelle) et prononce à nouveau ses phrases historiques : "C'est signé ! Nous sommes en liberté. La guerre est terminée. Vive la France !", et il ajoute des sanglots dans la voix : "Ça a été un immense soulagement pour les Français. Malheureusement, il y a eu trop de morts !"

Monsieur Famechon raconte l'Armistice
1953 - 05:18 - audio

Parmi les généraux présents aux négociations, il y avait le général Weygand qui était alors le chef d'état-major du maréchal Foch. Le 11 novembre 1958, dans l'émission "La caméra explore le temps", il témoignait de cet instant marquant sa vie et sa carrière militaire.

Dans cet extrait, le général Weygand raconte comment se déroulèrent les trois jours de négociations qui allaient aboutir à la signature de la fin de la guerre. Il raconte les faits par le menu. Voici la toute première rencontre des Allemands et des Français.

Le jour de l'Armistice
1958 - 15:31 - vidéo

Poursuivant son récit, le général Weygand ajoutait : "En apprenant l'arrivée des plénipotentiaires, je me suis rendu dans la chambre du maréchal Foch, je l'ai réveillé. Je lui ai annoncé qu'ils étaient là, avec la fortune de l'Allemagne, et il m'a dit de les convoquer pour neuf heures… "

Dans le wagon reconstitué, devant la table des négociations, le général Weygand décrit la scène : "J'ai précédé les plénipotentiaires allemands dans le wagon afin de leur faire prendre les places qui leur sont indiquées. A mesure qu'ils arrivent, je place presque au centre le président, monsieur Mathias Erzberger, secrétaire d'état, à sa droite le comte Oberndorff, ministre plénipotentiaire, à sa gauche le major prussien Von Winterfeldt, et le capitaine de la flotte impériale allemande."

 

Le général Weygand prévient ensuite le maréchal pendant que les représentants allemands attendent debout. En compagnie de ses chefs d'état-major, le maréchal Foch demande à Erzberger ce qu'il vient chercher ? Ce dernier répond qu'il attend des propositions des alliés. Le général Weygand décrit ensuite en détails la suite de la négociation.

Comment l'accord de paix faillit échouer

Dans la grande histoire, il y a aussi la petite histoire... Celle que nous raconte Henri Deledicq, qui était le secrétaire d'état-major du maréchal Foch et qui faillit bien faire échouer l'armistice comme il le raconte ici ! 

Interrogé le 9 novembre 1968, Henri Deledicq expliquait comment, après avoir entendu un entretien privé entre le général Weygand et le major prussien Von Winterfeldt, il faillit se battre avec le représentant allemand et annihiler ainsi toute chance de paix ! Heureusement, la sagesse l'emporta. A la fin de l'interview, il nous révèle également pourquoi le texte officiel de l'armistice a été, par erreur, imprimé recto-verso.

L’armistice, signé le 11 novembre 1918 marquait la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Plus tard, le 28 juin 1919, à Versailles, allait être signé le traité de paix, qui mettait réellement fin à l'état de guerre.

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