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Des témoins racontent la signature de l'armistice de 1918

Des témoins racontent la signature de l'armistice de 1918

Le 11 novembre 1918, à 5h15, l'armistice était signé dans le wagon de Rethondes, près de Compiègne. Il marquait la fin des combats de la Première Guerre mondiale, la victoire des Alliés et la défaite totale de l'Allemagne. Revivons cet événement à travers les souvenirs de témoins de ce jour historique.

 

Par Florence Dartois - Publié le 08.11.2018 - Mis à jour le 09.11.2022
 

Le 11 novembre 1918, 11h00. Le cessez-le-feu est officiel et les cloches de la liberté résonnent partout en France. Depuis trois jours, les généraux allemands et les Alliés étaient réunis dans un wagon-restaurant aménagé provenant du train d'état-major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne. De ces heures cruciales, la radio et la télévision ont conservé quelques témoignages exceptionnels.

L'armistice a été officiellement signée un peu plu tôt, à 5h15. L'information s'envole rapidement par télégraphe. L'un des premiers à la capter témoigne : « tout à coup, il est 5h40, je reçois un message de la tour Eiffel enjoignant tous les généraux à cesser le feu ! » Celui qui parle dans l'archive en tête d'article se nomme René Millot, il témoignait dans Normandie Actualités en 1968. Le jour de l'armistice, il était télégraphiste au PC du maréchal Foch installé à Senlis. Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1918, il était de service au poste de transmission. Avec le journaliste Roger Parment, il revenait sur les lieux et retrouvait avec émotion la cour où il était posté, se remémorant comment il avait capté ce message historique du maréchal Foch, relayé par la tour Eiffel et annonçant l'armistice.

Dans le document audio ci-dessous, daté du 11 novembre 1948, un autre témoin exceptionnel, le général Émile Riedinger, le chef du bureau de l'état-major du maréchal Foch, racontait ce qu'il a vécu ce jour-là. Il revenait sur les détails des négociations, retraçant ici le déroulement de la signature de l'armistice à laquelle il assista personnellement. Il décrit aussi les conditions dans lesquelles fut réalisée la première et unique photo de cette négociation. 

La signature de l'armistice à Rethondes
1968 - 02:44 - audio

Reconstitution de la signature

Plus émouvant encore, le témoignage - uniquement audio - de Monsieur Famechon, datée du 11 novembre 1953. À la radio, il relatait de manière très vivante comment il avait vécu la signature de l'armistice à laquelle il avait assisté en qualité d'adjudant-téléphoniste du maréchal Foch. C'est lui qui annonça au monde que la paix était signée. L'ancien combattant reconstituait la scène de l'appel historique qu'il envoya ce jour-là au centre télégraphique à Paris, et à ses camarades postés à Senlis. Avec le même téléphone (il tourne la manivelle) et il prononçait à nouveau les mots historiques : « C'est signé ! Nous sommes en liberté. La guerre est terminée. Vive la France ! » Il concluait, des sanglots dans la voix, « Ça a été un immense soulagement pour les Français. Malheureusement, il y a eu trop de morts ! ».

Monsieur Famechon raconte l'Armistice
1953 - 05:18 - audio

Parmi les généraux présents aux négociations, il y avait le général Weygand qui était alors le chef d'état-major du maréchal Foch. Le 11 novembre 1958, dans l'émission « La caméra explore le temps », il témoignait de cet instant marquant de sa vie et de sa carrière militaire. Dans cet extrait, le général Weygand raconte par le menu comment se déroulèrent les trois jours de négociations qui allaient aboutir à la signature de la fin de la guerre. Voici la toute première rencontre des Allemands et des Français. 

Dans le wagon reconstitué, devant la table des négociations, le général Weygand décrivait ensuite la scène à laquelle il avait participé et le contenu de la négociation.

Le jour de l'Armistice
1958 - 15:31 - vidéo

« J'ai précédé les plénipotentiaires allemands dans le wagon afin de leur faire prendre les places qui leur sont indiquées. À mesure qu'ils arrivent, je place presque au centre le président, monsieur Mathias Erzberger, secrétaire d'État, à sa droite le comte Oberndorff, ministre plénipotentiaire, à sa gauche le major prussien Von Winterfeldt, et le capitaine de la flotte impériale allemande ».

Comment l'accord de paix faillit échouer

Dans la grande histoire, il y a aussi la petite histoire. Celle que nous raconte Henri Deledicq, l'ancien secrétaire d'état-major du maréchal Foch, ci-dessous, a bien failli faire échouer l'armistice ! Interrogé le 9 novembre 1968, Henri Deledicq expliquait comment il s'était presque battu avec un représentant allemand, ce qui aurait annihilé toute chance de paix ! À la fin de l'interview, il révélait également pourquoi le texte officiel de l'armistice avait été, par erreur, imprimé recto verso.

L’armistice, signé le 11 novembre 1918, marquait la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Plus tard, le 28 juin 1919, à Versailles, allait être signé le traité de paix, qui mettrait réellement fin à l'état de guerre.

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