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Du rhovyl au thermolactyl, la fibre qui génère de la chaleur

Du rhovyl au thermolactyl, la fibre qui génère de la chaleur

L'arrivée des premiers frimas s’inscrivent dans un contexte de crise énergétique. Pour éviter le black-out, le gouvernement l’a annoncé, il faudra faire des économies d’énergie. Panne d’électricité, baisse du chauffage, les Français craignent de greloter. Une solution simple consiste à se vêtir chaudement et pour cela, depuis les années 1950, l’industrie textile développe des fibres intelligentes.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 26.09.2022
Le rhovyl : textile du bien-être - 1957 - 02:34 - vidéo
 

Cette année, les premières baisses des températures inquiètent. En cause, la crise énergétique et sa menace de coupures d’électricité. Pannes de courant, baisse du chauffage, cet hiver il va falloir faire des économies d’énergie, moins se chauffer et certainement, avoir parfois un peu froid. Heureusement, depuis les années 1950, des fibres synthétiques sont là pour réchauffer. Une marque bien connue en a fait son succès, Damart.

Autrefois, quand le chauffage central n'existait pas, la sensation de froid faisait partie du quotidien des anciens. Se regrouper autour du poêle ou de la cheminée était la solution la plus courante. Mais multiplier les couches de vêtements était un autre rempart possible. Dans les années 1950, une révolution a bouleversé l'industrie textile. C'est à cette époque que sont apparues de nouvelles fibres issues de l'industrie pétrochimique capables d'isoler les corps du froid, mieux, de générer de la chaleur. C'est l'âge d'or des fameux « maillots de corps ou tricots de peau » Damart.

Électricité statique

La marque de textile thermique est née à Roubaix en 1953, un territoire intimement lié à la confection et au textile. Cette année-là, les frères Despature développent une idée géniale : fabriquer des sous-vêtements « réchauffants » à partir du rhovyl, une fibre synthétique très efficace contre le froid. Ils inventent alors le concept de « Thermolactyl » basé sur un procédé « triboélectrique ». En résumé : la fibre textile fournit de la chaleur par frottement sur la peau, créant de l’électricité statique, le corps provoque ainsi sa propre chaleur, même avec des températures au-dessous de zéro.

L'archive que nous vous proposons en tête d'article évoque le rhovyl, cette fibre qui fit le succès de Damart, aujourd'hui oubliée, à l'inverse du Thermolactyl développé par la marque roubaisienne. Nous sommes en 1957 et le célèbre «Magazine féminin », toujours à la pointe des innovations capables d'améliorer la vie des ménagères, énumérait les nombreux avantages de cette « fibre révolutionnaire », présentée comme un « textile irrétrécissable et infeutrable », « vite séché » et « chaud ». Cette chronique de Maïté Célérié de Sanois mettait en scène un bébé entièrement langé et habillé en rhovyl, « le textile du bien-être, le textile de santé », aux propriétés anti-démangeaisons. La chroniqueuse évoquait longuement sa qualité « thermoplastique » qui en faisait le textile le plus chaud, mais « totalement incombustible ».

Le commentaire de la journaliste tout en se plaçant du point de vue du charmant bébé, passait un message efficace mêlant innovation et modernité : « on n’est jamais trop jeune pour vivre avec son temps et adopter un textile nouveau. Ce bébé a choisi ! Ce sera tout en rhovyl.» Suivait l'interminable liste des atouts de ce textile innovant : « Alors vous comprenez la bonne humeur de cet enfant », concluait-elle.

Un textile révolutionnaire

Cinq ans plus tard, en 1962, un reportage « Lorraine Soir » allait à son tour vanter les mérites de la fibre synthétique. Cette fois, il s'agissait d'un reportage réalisé dans l’une des deux seules usines mondiales fabriquant cette fibre, une usine française se situant à l’usine Rhovyl à Tronville-en-Barrois dans la Meuse. Comme dans le reportage féminin, la fibre était présentée comme une sorte de panacée des textiles. Le reportage expliquait les différentes phases de sa fabrication à partir de « chlorure de polyvinyle » issu de la distillation du pétrole, en passant par « l’éthylène ». Il permettait au téléspectateur de suivre les différentes étapes de sa fabrication, de la poudre jusqu’au filage et à l’obtention de la précieuse fibre. Le reportage dévoilait également la partie consacrée à la recherche et à l’innovation, ainsi qu'aux contrôles des produits dans les différents laboratoires de physique-chimie, et dans les ateliers de fabrication de prototypes.

Usine Rhovyl à Tronville en Barrois
1962 - 06:24 - vidéo

Le rhovyl « climatisant, résistant à l’usure, imputrescible aux produits chimiques et aux insectes, ininflammable, infeutrable, indéformable, anti-rhumatismal »....

Le succès Damart

En 1953, avec Damart, les frères Despature surfaient sur le succès des nouveaux textiles en développant le concept du « Thermolactyl ». Son célèbre slogan, pourtant abandonné en 1992, après 18 ans d'existence, est toujours dans les mémoires, « Froid moi ? Jamais ! ». L'enseigne nordiste a depuis développé une très large gamme de vêtements à chaleur active en faisant évoluer son procédé. Elle n’utilise plus la triboélectricité mais un procédé qui emprisonne des bulles d’air pour conférer des protections thermiques de niveau différents de 1 à 5 en fonction de votre niveau de frilosité et de la météo extérieure. Une protection thermique régulièrement améliorée et des produits relookés bien loin de l’image ringarde d’autrefois.

Quoi qu'il en soit, dès que les températures baissent, les ventes de Damart progressent. C'est un peu un « marronnier » des JT locaux nordistes qui se rendent immanquablement dans les boutiques du groupe quand le thermomètre passe sous la barre du zéro. En 2021, l’entreprise nordiste cherchait néanmoins à adopter sa technologie aux vêtements d’été.

DAMART Thermolactyl : Les duellistes
1981 - 00:23 - publicité

« Froid moi ? Jamais ! »

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