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Sommet de Rio en 1992 : les pays pauvres réclament une aide financière face aux changements climatiques

Sommet de Rio en 1992 : les pays pauvres réclament une aide financière face aux changements climatiques

La COP 27 a accouché dimanche 20 novembre 2022 d'un accord pour compenser les pays pauvres, premières victimes des dégâts climatiques. Une aide que ces pays réclament depuis 30 ans.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 21.11.2022
Conférence de Rio - 1992 - 01:43 - vidéo
 

L'ACTU.

La COP 27 s'est achevée le 20 novembre 2022 avec deux jours de retard. En cause, d'âpres négociations sur la compensation des pays pauvres les plus exposés aux conséquences et dégâts climatiques. La grande conférence sur le climat de l'ONU a permis d'obtenir une avancée significative pour les pays les plus vulnérables avec la création d'un fonds pour les pertes et dommages, une solidarité réclamée depuis plusieurs décennies et qui devrait être mise en place dès 2023. L'aide aux pays pauvres était pourtant au centre des négociations dès les premières COP, notamment lors de la Conférence de la terre qui s'était tenue à Rio en 1992.

L'ARCHIVE.

L'archive en tête d'article dresse le bilan de ce premier rendez-vous raté, qui s'était soldé par un refus des pays riches de financer ce fond d'entraide. Le 14 juin 1992, dans son reportage diffusé dans le 20h00 d'Antenne 2, la journaliste Sophie Jouve résumait la situation.  Au Sommet de Rio, les dirigeants du monde réunis au « chevet de la terre » n’avaient alors pas donné suite à la demande faite par les pays pauvres. La réunion internationale s’achevait sur la signature d’une convention sur le climat, sur la biodiversité et sur la forêt, ainsi que sur l’adoption de « l’agenda 21 » qui énumérait les décisions les plus urgentes à prendre pour le XXIe siècle. Mais jusqu’à la dernière minute, la question-clé du financement était restée en suspens, en partie à cause de la situation économique mondiale : « une question épineuse en période de récession économique », précisait la journaliste.

Le tiers-monde, par la voix du Pakistan, souhaitait que les pays riches s’engagent formellement à consacrer 0,7% de leur PNB (produit national brut), d’ici à l’An 2000, à l’aide au développement. Une demande restée lettre morte. À l’issue des débats, l'ambassadeur du Pakistan aux États-Unis, Jamsheed Marker s’avouait déçu, affirmant qu’ils maintiendraient la pression sur les pays riches : « nous ne sommes pas au bout du chemin, nous n’en sommes qu’au début. Nous allons faire notre maximum », affirmait-il avec conviction. Il aura fallu attendre 30 ans pour que cette requête aboutisse enfin.

Un combat commun

La veille du début de la conférence de Rio, lors d'une conférence de presse à Paris, le président sénégalais Abdou Diouf avait, lui aussi, affirmé la nécessité d'une aide financière, évoquant les problèmes de relations Nord-Sud en matière d'aide à la protection de l'environnement : « Je pense que l'un des points essentiels est d'insister pour que la désertification soit bien inclue dans les problèmes d'environnement... Qu'il y ait une convention sur la désertification. C'est un problème intercontinental. Nous sommes également soucieux que les problèmes financiers soient résolus. [Cette lutte] nécessitera des moyens importants, des moyens que le Tiers-Monde ne possède pas ».

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab92034117/conference-de-presse-abdou-diouf

 

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