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1962 : «Le Commonwealth existe, et ça marche»

1962 : «Le Commonwealth existe, et ça marche»

En accédant au trône du Royaume-Uni, Charles III devient également le chef du Commonwealth, une organisation regroupant 56 états, pour leur grande majorité d'anciennes colonies britanniques. En 1962, le journaliste Pierre Crenesse proposait une définition d'un système que la France avait du mal à comprendre.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 11.09.2022
Le Commonwealth - 1962 - 01:55 - vidéo
 

Le 1er octobre 1962, alors que le Royaume-Uni a posé en 1961 sa première candidature au Marché commun, le journaliste Pierre Crenesse propose une définition du Commonwealth pour le journal télévisé de l’ORTF. Assurant que « le Commonwealth ne peut pas, pratiquement, juridiquement, organiquement, s’opposer à l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun », il ajoute qu’il « serait inconcevable que son avis ne fut pas sollicité par le gouvernement de Londres. » Pour l journaliste, « ce n’est ni une alliance, ni un bloc, ni une fédération. C’est une famille, un club, sportif même, une association de pays souverains et indépendants mais qui n’a ni constitution ni traité ni accord ni organisation ni règle. Certains états membres, monarchiques, reconnaissent la reine Elizabeth comme leur souveraine, d’autres républicains comme l’Inde l’acceptent comme chef du Commonwealth. »

Le Commonwealth, c’est en fait l’héritage de l’empire britannique. L’organisation naît en 1926 lors d’une conférence impériale présidée par Lord Balfour, qui reconnaît l’entière souveraineté des dominions de l’Empire britannique vis-à-vis de Londres. Ces dominions sont le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud, l'Irlande et Terre-Neuve (rattachée au Canada en 1948). Avant la Première Guerre mondiale, les dominions de l’Empire étaient certes déjà indépendants, mais leur souveraineté était limitée. Après la Seconde Guerre mondiale, dans le contexte de la décolonisation qui concerne l’ensemble du vaste empire britannique – et notamment l’Inde, en 1947 – le Commonwealth va alors permettre de conserver des liens entre les anciennes colonies et la métropole britannique.

La première réunion du Commonwealth sous sa forme actuelle a lieu en 1949. Suite à la déclaration de Londres du 26 avril 1949, le Commonwealth se transforme en une organisation qui accepte en son sein des états n’étant pas forcément une monarchie – en l’occurrence l’Inde, devenue une République lors de son indépendance mais ayant marqué son désir de conserver le lien avec le Commonwealth. Dès lors, le monarque britannique – Georges VI, Elizabeth II et maintenant Charles III – sont chef du Commonwealth, une organisation qui regroupe des monarchies et des républiques. Chef du Commonwealth, Charles III conserve un lien plus fort avec certains des états du Commonwealth, comme le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, dont il est également nominalement le chef d’Etat.

Le Commonwealth, qui demande aux états membres le respect d’une charte de valeurs (langue anglaise, respect de l’état de droit…), se réunit au plus haut niveau gouvernemental tous les deux ans, et organise des Jeux sportifs tous les quatre ans – les premiers sont organisés en 1930 –. Aujourd’hui, le Commonwealth regroupe 56 pays, avec une population représentant le tiers de l’Humanité. C’est une organisation très ouverte – il est facile d’en sortir, et d’y entrer –. Ainsi en juin 2022, le Togo et le Gabon, pays francophones, ont rejoint le Commonwealth pour resserrer leurs liens avec le monde anglophone.

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