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Collages d'affiches électorales : des échauffourées parfois violentes

Collages d'affiches électorales : des échauffourées parfois violentes

Alors que la campagne pour les élections législatives touche à sa fin, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé que plus de 50 agressions de candidats et militants avaient été recensées. Ce genre de fait-divers n'est malheureusement pas si rare dans nos archives : lors des campagnes électorales, les colleurs d'affiches, notamment, sont parfois violemment pris à partie.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 04.07.2024 - Mis à jour le 05.07.2024
Colleur d'affiches - 1986 - 02:19 - vidéo
 

« Un homme est mort cette nuit à Croissy-sur-Seine dans les Yvelines, à cause de la campagne électorale. Philippe Brocard avait 35 ans, il était militant du parti socialiste. »1986 : en marge de la campagne pour les élections législatives, un groupe de colleurs d'affiches de la région parisienne était pris à partie par un « commando d'une dizaine de personnes ».

L'un des militants, qui tentait d'arracher une affiche du Front national placée sur celle du candidat PS Michel Rocard, était alors poignardé à plusieurs reprises. Il mourrait quelques heures plus tard à l'hôpital.

Dans l'archive en tête d'article, Jean-Jacques Gaucher, l'un des militants, décrivait avec difficulté la scène, visiblement extrêmement secoué. Et de rapporter les propos qu'il avait entendu lors de l'altercation : « Elles ne vous plaisent pas nos affiches ? ».

L'événement, brutal, eut un large écho médiatique. Michel Rocard condamna un « acte ignoble, et il y a vraiment, dans ce pays, des sauvages ». Trois ans plus tard, Régis Devaux, un ex-militant du FN était condamné à cinq ans de réclusion criminelle pour « coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner ».

Affichage sauvage et violences

Si chacune des intimidations en période électorale ne sont pas mortelles, plusieurs d'entre elles ont été graves, jusqu'à emmener des militants à l'hôpital. Nous avons retrouvé divers exemples dans nos archives.

En 1988, au cours de la campagne pour l'élection présidentielle une bagarre à Hautmont (Nord) envoyait un militant communiste à l'hôpital, la jambe cassée. À l'origine de l'altercation, selon l'archive ci-dessous, deux militants « se disputaient le même mur ».

En octobre 1996, la campagne électorale pour les législatives de l'année suivante prenait « un tour très violent » à Gardanne (Bouches-du-Rhône). Un communiste et un militant Front national s'étaient battus et les représentants des partis locaux se renvoyaient la responsabilité. En conséquence, l'affichage avait été limité aux panneaux officiels.

Gardanne bagarre colleurs affiches
1996 - 00:00 - vidéo

Dernier cas de figure, en 2001, à Amiens (Somme). Sur les murs de la ville, les différentes forces politiques locales collaient, décollaient et recollaient. Jusque-là de « bonne guerre », cette opposition avait dérapé. Un militant fut blessé et mis en arrêt pendant huit jours.

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