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2012 : les mines de charbon du Nord à l'Unesco

2012 : les mines de charbon du Nord à l'Unesco

Il y a dix ans, le 30 juin 2012, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais était classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce territoire long de 120 kilomètres était à l’origine un haut lieu de l’extraction charbonnière en France, qui s'était converti au tourisme, notamment patrimonial, à partir des années 1990.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 05.07.2022
 

«Le charbon sort. Il sort pour l’industrie, il sort aussi pour les foyers domestiques qui vont en recevoir.» Voici le quotidien éprouvant d’un mineur du nord de la France en 1945, présenté dans un reportage des Actualités françaises. A l’époque, les "gueules noires" creusent, piochent et extraient des tonnes de charbon. La France est affaiblie par la guerre. Pour pallier la pénurie d’électricité et redresser le pays, une solution : extraire un maximum de charbon le plus rapidement possible.

Plus les années passent et moins l’activité devient rentable. En cause notamment, moins de charbon à extraire mais aussi la concurrence du pétrole et du gaz. Les usines ferment. Une situation dénoncée par ce mineur en 1968 : «Nous demandons qu’est ce qui va remplacer les mines. Parce qu’une mine occupe 800 ou 900 bonhommes tandis que vous avez des usines qui emploient 60 ou 70 bonhommes. Et on se demande.. qu’est ce qu’on va faire de nos enfants?»

L’exploitation charbonnière du bassin minier se termine en 1990. Cette année là, la dernière «gaillette» de charbon est remontée à Oignies dans le Pas-de-Calais. Un événement suivi en direct à la télévision : «On est en train de vivre la dernière remontée en direct. Dans des conditions particulières mais il fallait absolument que nous soyons là. Voilà donc les derniers mineurs qui remontent.. de 780 mètres de fond pour la dernière fois», informe France 3 Nord le 20 décembre 1990.

Un patrimoine mis en valeur

Avec cette fermeture, terminé les usines et les puits de charbon. Dès lors, une question se pose. Que faire de ces sites laissés à l’abandon ? En 1997, la commune de Noeux-les-Mines avait trouvé une solution. Construire une piste de ski artificielle sur les pentes d’un ancien terril, ces collines composées de charbon.

En 2002, l’association du bassin minier uni veut aller plus loin. A sa tête, Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, dans le Pas-de-Calais. L’objectif, classer l’ensemble du territoire au patrimoine mondial de l’Unesco. Un devoir de mémoire selon Gilbert Rolos, l’un des porteurs du projet : «Je pense que ça nous amènerait beaucoup de facilités. On ne veut pas être oublié. On veut aller de l’avant, reconstruire notre pays mais on veut garder notre identité.»

Le bassin minier classé à l’Unesco, c’est chose faite en 2012. 87 communes, 51 terrils, 28 écoles ou encore 4000 hectares de paysage sont notamment distingués. Grâce à cette reconnaissance mondiale, c’est toute une région qui est mise en valeur. Résultat, les touristes affluent. Comme ici au centre historique minier de Léwarde en 2013 : «Pourquoi aujourd’hui venir voir une mine justement?», demande France 3 à une touriste : «C’est notre patrimoine. On se doit de venir voir dans quelles conditions travaillaient nos anciens.»

Le centre historique minier de Léwarde est le plus important musée de la mine en France. Cette ancienne fosse fermée en 1971 accueille chaque année près de 150 000 visiteurs.

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